COUI>S DOUBLES DE LA POINTE
Vous nommez ces coups doubles, bien plus, vous les enseignez.
D’après vons, on dégage au sabre sur un adversaire qui fuit, puis étant fendu, vousordonnezde rapprocher le talon gauche du droit et d’opérer une nouvelle fente. Ces grands mouvements exposent beaucoup trop et sont de mauvais conseil. En effet, à qui persuaderez-vous, à moins que ce ne soit à un homme iotalementétranger àrescrinic, qu’on puisse exécuter cette double fente sans être arrêté, sans que l’adversaire puisse parer et riposter î Une pareille attaque ne peut avoir lieu que contre un ignorant. Or, les leçons que l’on prend sont pour lutter avec ceux qui sont instruits. Je dirai plus : avec un adversaire qui vous laisserait faire toutes ces fautes dans un assaut, il serait à propos de quitter, car les conséquences d’une telle facilité pourraient plus tard vous être
LE SARHE. 48i)
fatales en vous donnant une confiance déplorable dans des moyens dangereux.
De jeunes étourdis dans une salle d’armes mal tenue ou un homme parfaitement décidé à se faire tuer peuvent seuls se permettre ces coups doubles. J’appelle de la vérité do mon assertion à l’auteur lui-même s’il veut bien réfléchir. Je copie textuellement le cinquième coup double de son traité. Il dit :
— Vous vous fendez on portant quarte sur les armes, vous faites feinte seconde sans baisser la main, la tournant seulement en dessous, mettant le pied gauche contre le droit, vous la retournez vivement en quarte, vous doublez la détente, en portant votre coup de pointe à la poitrine de votre adversaire.
Sept mouvements sans (dre arrêté ! Mais il faut avoir’affaire à un automate; jamais un homme ayant la moindre eonnaissance des armes ne souffrira sept mouvements sans inquiéter son adversaire par des ripostes, des parades ou des attaques.
lîvilezdonc de semblables données , des héritiers pourraient seuls formuler do tels conseils à un parent dont ils convoiteraient la succession.
COUPS D’ARRlsT.
Chacune des lignes de cet ouvrage fournit matière à une réfutation victorieuse. Nous voyons dans le texte i
1" Par la position de votre main dans le coup d’arrêt, vous parez à votre adversaire n’importe quel coup ; 2" si l’on veut sabrer votre côté droit, comme ce mouvement est large, vous
LE SABRE
le voyez ; 3’ vous tournez la main de tierce et vous pointez seconde.
Si nous analysons ces instructions, il vient ceci : 1“ il est impossible de parer tous les coups avec le coupd’arrôt ; 2° jamais dans les annes, les coups, soit à l’cpée soit au sabre, ne doivent être que très-serres ; 3" avec la main tournée de tierce il faut tirer Tierce, car si vous dites Seconde, vous ferez croire que vous voulez parler du coup de dessous, ce qui certainement ne peut pas être votre intention.
Nous concevons difficilement que l’auteur ait publié un volume après avoir trouvé ce fameux axiùme : le cou* d’arrêt PARE TOUS LES COUPS. Mais avec une telle formule, l’introuvable botte secrète est démontrée, votre élève est invulnérable ; enseignez ce sei l coup d’arrêt, puis fermez votre livre et votre salle.
DES FEINTFÜ.
Ce chapitre devait être la pierre de touche de votre savoir en escrime ; il nous en a révélé toute la profondeur.
Les feintes sont la clef des armes ; par elles, tous les coups peuvent réussir, depuis les plus compliqués jusqu’à celui qu’on nomme droit, et qui, en raison de sa simplicité, semble devoir se passer de la feinte, et cependant on peut faire feinte d’un coup droit, retirer ensuite son bras comme renonçant à sou projet, puis se fendre et réussir à frapper du coup direct.
Mais avant déconseiller les feintes dans une alTaire sérieuse,