‹ Les armes et le duelChapitre 174 sur 219 · I.K SARDE · texte numérisé non relu

I.K SARDE

Vous torminoz en disant ; « Depuis trente ans, je fais des armes, et depuis vingt-deux ans. Je suis niaitre. J'ai beaucoup voyagé ; je connais depuis la garde basse napolitaine jusqu'à la garde haute du Hongrois, depuis la superbe garde ancienne du Slavon, etc., etc. »

Il m’est dilficile de réfuter ce passage. Je n’ai jamais été à même d'apprécier vos connaissances pratiques ; car lorsque j’étais à Saint-Pétersbourg, et que j’y donnais un de ces assauts auxquels toute la noblesse me faisait l'honneur d’assister, vous lie vous y ôtes jamais présenté, malgré les exhortations de vos élèves et mes prières ; vous aviez toujours soin de partir la veille pour la campagne, quelle que fût d'ailleurs la saison ! (1)

Mais je me bornerai à vous poser les questions suivantes :

1° Qui donc vous a dit que vous étiez maître, qui vous a reçu î vous oubliez de nous le dire.

2* Vous avez beaucoup voyagé, mais tout nous prouve que ce n’était pas dans l’intérêt do l’art des armes.

3" Vous connaissez toutes les r/arrles, mais je vous ai déjà fait le reproche de ne pouvoir nous dire si ces gardes sont bonnes ou mauvaises, et quels sont les moyens à employer pour les combattre.

Je n’ai examiné que par hasard cet ouvrage, qui m’est tombé entre les mains au moment où le mien s’imprimait ;

(1) Beaum.'irchais a-t-il donc eu raison de dire : Calomniez, il en res/era toujours quelque chose ^é,, en vertu de cette maxirao que vous van-

tiez à mon détriment votre supériorité, alors que jamais je n’ai pu avoir Toccasion de la constater, soit en rompant une lance courtoise, soit en frappant votre large de guerre?

LE SABRE

j’ai donné dans mon avant-propos les motifs de ma critique. Je devais au pjiys qui m’a accueilli avec de.s manpies de bienveillance à jamais gravées dans mon cœur, à mes confrères, à moi-môme, de discuter la valeur des arguments de l'homme qui a constaté sa supériorité sur moi par son absence dans les assauts que j’ai donnés à Saint-Pétersbourg, et qui, venu en France, n’a pas, par bonté d’àme, voulu me joindre, tant la crainte qu’il m’inspirait était forte. Oh ! s’il m’était permis de parodier le fameux vers déjà cité par moi :

Les gens que vous tuez se portent assez bien.

comme je dirais au maître des maîtres de la cavalerie de la garde impériale :

Les gens que vous cherchez ne se cachentjamais.

Page 1