LA BAÏONNETTE
Cette arme que jadis, pour dépeupler la terre, Dini Baronne Inventa le démon de la guerre!
(VoLTAiaE.)
UN MOT SUR \.\ RaÏONNUTTE
Lüi’s (If la rfvolutioii de juillet, comme tout le mondt' je (TUS il une guei re gemirale. KflVayé sur le sort de ces iiomlireuses recrues (jue, dans de semtdaliles circoiislaiices, il eût l'allu envoyer aux freulières avant môme d’avoir |»u leur enseifçuer I(îs premieis {iriiicijies de l’exercice, je voulais proposer au ministre de la (guerre de mettre eu peu do temps nos jeunes soldats eu idat de se servir de la liaïoiiuette; le patriotisme seul m’animait, aucun calcul n’eutrait dans ma pensiHî, et mou seul désir était, alors comme aujourd’hui, d’élro utile ii mon pays, eu aidant à lui douucr des défenseurs qui pussent joindre au courage et à l’héroïsme l’iiitelligence des armes.
Mais le canon des trois jours avait retenti sur tous les points du conliueut, et soit calcul, soit elfroi, soit confiance dans la haute sagesse du nouveau roi des rrauçais, rétrangor respecta le drapeau que l’Kurope coalisée avait pu seule renverser, et que la volonté du peuple français relevait jiour toujours. Ia>s craintes d’une guerre disparurent, et je ne persistai pas, pour le moment, dans l’exéTUtiou de mou projet, sans cependant y renoncer, et je |)ensc toujours ipio l’étude de la haïouuelle est pour l’armée une instruction indispensable.
■ loi. L\ IIAÏON.NKTTE.
A cette époque, j’uvuis à ma salle un homme qui fut un instant mon pi'évOt et auquel je donnais des leçons ; il s’empara de ce projet, et ne se laiisaiit point abattre par des refus qui ne brillaient pas toujours par la politesse la plus exipiise, mettant une persistance rare à frapper à toutes les portes, on a fini par essayer de lui et de ma théorie sur l’étude de la baïonnette.
Cet homme, que je cite avec plaisir parce qu’il a mis dans ses sollicitations une ténacité que j’appellerai héroïque, est, je dois le dire aussi, animé des meilleures inlentions; mais tout le monde sait ([ue ce n’est pas seulement le désir de bien faim qu’il faut au ])rofesseur; qu'il lui faut aussi le savoir, les études spéciales, rintellijicnce de son art, et l’on devra Ionjours penser que l’on ne sera véritablement capable d’enseil'iier la science d<; l’arnie accessoire que lors(pi’on aura fait ses preuves dans la démonstration de l’arine principale ; en un mot, on ne peut véritablement être capable d’enseigner le maniement de la baïonnette, «lui, je le répète, dérive de l’épée, que lorsqu’on sera capable d’enseigner le maniement de l’épée elle-même.
Aujourd’hui donc que le gouvernement paraît disposé à faire donner des leçons do baïonnelte à tous les régiments, arme dont jusqu’à ce moment on ne s’était servi qu’en masse, sans adresse, sans art, no devrait-on pas, lorsque l’on a compris les services immenses c[ue la baïonnette peut rendre, si l’on ne veut consulter les plus anciens professeurs, les plus expérimentés, les plus en nom dans l’art de rescrimo, au moins en choisir un seul qui pût diriger habilement et avec art les leçons de celle arme (pii, sans être, il s’en faut, com-