‹ Les armes et le duelChapitre 20 sur 219 · I.K niF.L · texte numérisé non relu

I.K niF.L

— Eh ! beau-frère, quelle iioiile ! ilit M. tie Beaufort quand ou fut eu présence ; oublions le passé, et soyons bons amis!

— Ah ! coquin ; il faut que je le tue ou que lu me tues, répliqua le duc de Nemours ; et il fit feu le premier, probablement parce qu'il était l'oITensé. Puis il voidut fondre l’épée à la main sur M. de Beaufort qu’il avait manqué, lorsque celuici tira sou pistolet et le tua raide de trois balles dans la poitrine. D'Hérieourl succomba sous les coups de MM. de Villars et d'I'zerches, les autres se blessèrent légèrement.

Le corps du duc de Nemours avait été porte ii Saint-André des Arts, sa paroisse ; l’arcbevètpie de Paris lui refusa les prières. Ce refus n’étonnera point si l’on considère quelles étaient à ce sujet les prescriptions de l’Eglise; mais l’on sera peut-être surpris de ces susceptibilités religieuses chez l’arclievèque de Paris, quand ou saura le nom du prélat. Ce défenseur des ordounanees cléricales était Paul de Gondi, cardinal de Betz, dont le bréviaire avait été longtemps un poignard, et qui avait cherché trois fois à déchirer avec une épée la .soutane dont ses parents l’avait revêtu bien malgré sa volonté (1).

Malgré la rigueur des ordonnances, les duellistes furent très-nombreux sous Ix)uis XIII ; on peut s’en faire une idée en lisant dans les registres de la chancellerie l’inscription de plus de mille lettres de grâce signées par l.ouis XIV, pendant les vingt premières années de son règne.

La déclaration de 1679 n’arrêta pas lafurenr du duel ; elle déplaça le champ de bataille : on alla se tuer à la frontière.

(1) Voir les Mémoires du cardinal de llets.

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Sous Louis XV, les duels étaient à la mode ; mais, quoique fréiiueiits, ils étaient peu tragi(jues. Pour les aiïaircs d’honueur, ou accepta un code, une espèce de règlement. Les injures étaient partagées eu deux classes. En vertu de ce classement d’un goût tout nouveau, l’oii continua de se battre à peu près pour rien. Alors fut inventé le duel au premier sang, « dans lequel, dit Rousseau, la gentillesse se mêle à la cruauté, et où l’on ne tue les gens que par hasard. » Ce qui fit dire au philosophe dans une éloquente iudiguation : « Au premier sang ! grand Dieu ! Et qu’en veu.\-tu faire de ce sang, hète féroce?.... le boire? »

A cette époque on dégainait pour un mot, pour un regard ; mais souvent les fers seulement croisés rendaient rhouueur satisfait. Le théâtre exploita avec bonheur cette manie ridicule, qui fournit à Eagan l’idée de sou amusant personnage de Bretcenville, et lui inspira une des meilleures scènes des Originaux. Dans cette portion du dix-huitième siècle, quelques hommes s’étaieul acquis dans les armes une sorte de réputation. L’un d’eux, le marquis de Villetle, était, selon Voltaire, son ami, un des hommes les plus spirituels de France, et selon Saint-Georges, une des plus fortes lames du temps. Afin de ne pas compromettre cette double réputation, M. de Villette écrivait peu ou point, et ne se battait jamais.

Quelques hommes de lettres partageaient le goût du temps relativement au duel. Ou sait que Pirou et Crébillon fils se donnaient rendez-vous tous les samedis an café Procope, où ils n’épargnaient personne dans leurs plaisanteries et leurs épigrammes, et Saint-Foix, l'auteur des Essais historiques sur Paris, était volontiers de la partie, quand il n’avait pas reçu.

LE DL'EL

dans le courant de la semaine, quel([ue bon coup d'épée.

On peut lire, dans les mémoires de M. de Ségur, le récit à la fois intéressant et spirituel de deux duels (pi’eut l’auteur de ce livre, le premier à Lille, avec M. de la Villeneuve, jeune officier au régiment dauphin-inranterie ; l’autre avec le prince de Nassau, en présence du vicomte de Noailles , (jui servait de témoin aux deux parties , rencontres accompagnées des circonstances les plus originales, auxquelles avaient donné lieu des causes presque puériles, et qui, heureusement, n’eurent pas de résultats sérieux.

On n’a point oublié quelques personnages célèbres par leurs duels nond)ieux , duels dont l’origine était presque toujours futile. On cite encore le nom du fumeux Dorsant, qui, en 1783, avait eu trois rencontres dans la même semaine : la première avec un homme qui l’avait regardé de travers, la seconde avec un officier qui l’avait fixé , et la troisième avec nu Anglais (pii avait passé près de lui sans le regarder. Certainement ce trait ra[)pelle bien celui consigné dans l’bistoire de France où Bussy d’Amboiso raconte son triple duel avec Saint-Bhal, qui prétendait voir sur les boutons d’un habit la lettre X , tandis que Bussy .soutenait que c’était la lettre Y. Nousallendons, dit Bussy, une ipiatrième rencontre pour décider la question (t).

(I) Voir Anquelil (f/ij/oiid itn France], ot Aloi. Dumas (Henri lU et sa Cour).

L’idée de cette pièce, premier succès de l'auteur dont nous ne pouvons pu répéter l'éloge, car nous serions l'écho de tout le monde, lui a été, comme on le sait, inspirée par la lecture d'une note de l’ouvrage d'Anquetil ; note qui contient le récit rapporté par nous.

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Lorsque le port de réjjée était encore en usage , ileiix liomnies se lieurtenl dans une rue assez ol)sciire ; l'un des deux met anssitéit flaml)erge au vent , et se prépare à fondre sur son antagoniste, qui, plaçant la main à son épi-e, la tire à moitié du fourreau.

— Allons, Monsieur, dit le premier , le vin, est tiré , il faut le boire.

— Je n’ai pas soif, monsieur, répond le second en repoussant sa lame dans le fourreau ; et il se retire.

Le fait suivant est plus grave. Ici l'olfenseur est justement puni ; le glaive des lois était impuissant, celui de l’offensé fit justice d’un provocateur.

Dans les premières années de la Restauration, vers 1816 ou 1817, M. de C*** , garde du corps , se trouvait dans un café du Palais-Royal que fréquentait un certain B***, capitaine d’infanterie, renommé comme cherchant volontiers les querelles. Quelques paroles furent échangées entre les deux officiers ; grossières de la part du capitaine B***, elles étaient mesurées, spirituelles et pleines de convenance, de la part de son interlocuteur.

L’insolence du spadassin augmenta, la modération de M. de ('.*** ne lit que croître ; le dédain que le garde du corps employait redoubla la colère du capitaine, qui, saisissant un bol de punch, le plaça violemment sur la tète de celui cpi’il insultait. Le combat fut instantané. M. de C***, sans armes, emprunta l'épée d’un militaire de mes amis, M. Durozel, qui avait été témoin de l’insulte. Le capitaine B*** reçut un coup d’épée en pleine poitrine, et tomba mort. C’était le jugement de Dieu. Ses témoins allèrent déposer presque furtivement le corps do

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la victime à son domicile, rue Notre-Dame des Victoires.

Les circonstances à la fois singulières et tragiques de ce duel avaient fait du bruit ; le ministre de la police en fut averti ; la mauvaise réputation et la coupable conduite du capitaine B*** lui furent expliquées, et quand on lui demanda quelle marche il fallait suivre : — Ne faisons rien, répondit le magistrat ; nous sommes débarrassés d’un homme dangereux, d’un vieux garnement ; où est le mal ?

Le duel du célèbre poète l’ouclikine et de son beau-frère est un des événements de ce genre les plus désastreux qu’ait enregistré l’histoire. La femme et les enfants de Pouchkine restaient abandonnés et privés de tous moyens.

La générosité et la bienveillance de l’empereur arrachèrent il une misère certaine cette famille désolée.

Nous avons formulé cet aphorisme : Dans un duel, ce ne sont pas les épées ni les pistolets qui tuent, ce sont les témoins; en voici un exemple :

Un vaudevilliste, connu par de nombreux succès, M. Carm..., eut, il y a quelques années, une discussion avec plusieurs jeunes gens qui scndilaient se faire un malin plaisir de siffler toutes les pièces qui se jouaient au théâtre des Variétés. L’auteur, qui ne défendait pas une de ses œuvres, mais celle d’un camarade, élevait la voix; la querelle était vive, lorsque survient .M. l.af.., son ami; celui-ci s’approche, se fait expliquer l’affaire; puis, écartant .M. (^arm..., « Laisse-moi, lui dit-il, je vais arranger cela. » Carm... revient au café où nous étions avec Brasier, G..., D... et autres camarades. 11 était ému.

— Qu’as-tu? s’cnqiresse-t-üii de lui demander.

1 LE DUKL.

Il raconte ce qui venait de se passer. Au même instant arrive Laf. . :

— Eh bien, dit-il à Garni... en lui serrant la main, l'afTaire est arrangée.

— Ah ! tant mieux, fil-on de toutes parts.

— Je n’ai eu qu'à leur parler, nous avons tout de suite été d'accord.

— Très-bien, très-bien, continue-t-on.

— Oui, dit Laf.. en tenant toujours la main de Garni..., l’alTaire est arrangée ; lu te bats demain à cinq heures du malin.

I.Æ duel eut lieu au pistolet. Sans son chapeau, qui amortit la balle. Garni... fàt tombé victime de celte affaire arrangée; la scène dramatique eût alors perdu un de scs plus spirituels auteurs, et ceux qui le connaissent un e.xccllent ami.

11 est aussi des gens ([u’un esprit tout de conciliation et de bienveillance rend quelquefois dupes et victimes de leur amour pour la paix. Je citerai à celte occasion M. dcNorth..., qui, malgré mes conseils, ayant voulu arranger une affaire qui le regardait très-peu, s’eu lit personnellement deux qui le regardèrent beaucoup. I.’un de ses adversaires lui avait envoyé un coup d’épée qui l’avait mis au lit pendant six mois ; il avait tué l’autre, et avait été obligé de s’expatrier.

11 existe certains caractères prédisposés à l’excentricité, qui, dans les rencontres qu’ils peuvent avoir, cherchent des moyens bien singuliers pour arriver à terminer leur querelle. Notre mémoire nous en fournit quelques exemples que nous allons citer.

LK Dl'KI.. \ ‘iTl

Un extravagant croit avoir à se plaindre de quelqu’un; il va trouver la personne dont il a souffert, à oc qu’il dit, les plus injurieux traitenieuts ; il s’anime, il fait du bruit; bientôt son exaltation est à son comble :

— Monsieur, s’éerie-t-il, ce n’est pas un duel ordinaire que je vous propose; il ne s’agit pas de se tuer à bout portant 1

— Et de quoi donc?

— Monsieur, nous allons nous jeter tous les deux par la fenêtre !

L’homme sage réfléchit un instant.

— Eh bien, monsieur, j’accepte.

— Enfin ! dit l’autre.

— Oui, mais c’est à une condition : c’est que vous sauterez le premier.

A ces mots, par un changement aussi rapide que burlesque, la fureur de notre homme .s’apaise, et à son état d’irritation succède la consternation la plus complète.

Ceci nous rappelle la proposition étrange faite un jour à un artiste de l’un de nos thi'àlres par un spirituel auteur, ancien garde du corps, dont les bizarreries de caractère et les habitudes excentriques sont assez connues. Ces doux messieurs, après une discussion assez vive, en étaient venus à des propos irritants. La scène se passait au foyer des comédiens, vers la fin de la soirée. L’auteur avait parlé d’un cartel ; il voulait se battre à l’instant même, séance tenante. L’artiste lui fit remarquer qu’ils étaient tous deux sans armes.

— Qu’à cela ne tienne, monsieur, s’écria l’auteur, en

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voici. Et il se saisit de deux tisons ardents qui étaient dans la cheminée du foyer, et en présente un à son adversaire.

L’offre ne fut point acceptée ; et en présence des rires iniinodérés qu’elle avait excités, la fureur de notre homme ne tarda pas à disparaître.

Nous empruntons à un auteur contemporain le récit suivant, qui ne manque pas d’originalité (1).

L'n jeune homme avait reçu une injure; des

amis charitable^ lui firent bientôt entendre qu’il était perdu d’honneur s’il ne demandait raison d’un pareil outrage. Le bon jeune homme ne peut concevoir comment, les torts n’étant pas de son côté, la honte y était.

— Mais les lois de l’honneur, lui criait-on de toutes parts; malheureux! vous ôtes perdu si vous n’y satifaites.

— J’y satisferai donc, dit-il, car mon père m’a surtout recommandé de leur rester fidèle.

Il alla trouver Van Break, et lui demanda comment on se vengeait d’un injure, et comment se terminait une afi'aire d’honneur. Notre philosophe marin prit un air d’importance, et répondit : Philippe, mon filleul, l’honneur est un fantôme (pii change de forme en changeant de pays. J’eus, en Pensylvanie, le tort d’appliquer un fort rude soufilet à un bravo quaker, qui se contenta de me tendre son autre joue, et fut loué par tout le monde de celle action. Un Corse, avec lequel j’étais en rivalité dans ma jeunesse, crut qu’il était de son honneur de m’assassiner, et mourut do honte de n’avoir pu réussir. Un Anglais m’offrit un jour de boxer pour terminer

iU Jonathan le Visionnaire, Contes philosophiques, par B. üilntine.

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une discussion un peu vive, et me méprise encore aujourd’hui sans doute, parce que j’éludai la proposition. Me trouvant au Japon, je coudoyai par mégarde un hobereau du pays, qui, sans me dire un mot, tira aussitôt son poignard de sa gaine ; je crus qu’il allait s’en servir contre moi ; point du tout, il s’en ouvrit incontinent le ventre, et tomba à mes pieds en rendant tous ses viscères. Ému de pitié, d’horreur, d’élonnenient, je m’apprêtais à lui porter secours : Eh bien! monsieur, me dit-il tranquillement, à votre tour! Je ne le comprenais pas, je ne voulus jamais le comprendre, et je fus honni par tous les Japonais, pour n’avoir pas imité un si bel exemple. Je passai chez les Tarlares de Teiigut, où m’attendait une autre affaire d’honneur. Un honnête mari du pays m’appela en duel, pour avoir fait les yeux doux à sa femme; on m’arma d’une forte massue, et il me fut enjoint de lui en administrer trois coups sur le dos ; il devait opérer après moi; mais je m’y pris si bien qu’il ne s’en releva pas, et je fus reconduit avec beaucoup de civilités par ses compatriotes, enchantés de ma force et de ma courtoisie. Philippe, mon filleul, voilà comme partout le code pénal de l’honneur est interprété diversement. En France, on emploie l’épée ou lo pistolet ; mais, crois-moi, si tu fus insulté, celui tpii t’a fait l’insulte se sent les moyens de survivre à la réparation ; abandonnons la France à ses éternelles contradictions et passons en Pensylvanie.

Les Siamois ont aussi à ce sujet, s’il faut en croire certains voyageurs, des idées assez singulières ; parmi les moyens qu’ils emploient pour savoir de quel côté est la justice dans les affaires civiles, ils se senrent surtout de ceriaines pilules

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purgatives que les deux parties doivent avaler-, celui qui les garde le plus longtemps gagne le procès.

11 y a queliiues années, M. le marquis de B... et M. le comte de M..., à la suite d'une discussion peu grave, convinrent d’un rendez-vous. Ou va sur le terrain, le combat durait depuis assez longtemps, on aurait pu croire que ce duel n’é“tait qu’un assaut hors distance ; un témoin regardait sa montre, un autre bâillait, et, rassurés sur le sort des principaux personnages, on allait peut-être se séparer, lorsque les athlètes, voulant terminer par un coup d’éclat, se fendent tous deux en mémo temps; le jeu était tellement largo que les deux épées encadrent tes deux corps vierges de toute blessure. Mais, ù triompbe de l’amour-propre! chacun croit avoir perforé son adversaire; on chante victoire, c’est un To Deum en partie double, et le lendemain matin, en advei-saire généreux, M. le marquis de B... envoyait demander des nouvelles de la blessure de M. le comte de M..., etM. le comte de M..., de son côté, envoyait demander des nouvelles do celle de M. le marquis de B...

Un jour, M. R..., qui jouissait à Paris d’une grande réputation d’homme d’esprit, et que de hautes fonctions administratives ont enlevé aux douces excentricités de la vie parisienne, reçut d’un jeune échappé des écoles un manuscrit, sous le pli duquel il ajoutait :

« Monsieur,

» Je vous adresse un vaudeville que je vous prie de lire avec » la plus grande attention ; si vous croyez pouvoir y ajouter

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» quelques mots, et qu’ils me convieuueut, je consens à vous » accepter pour collaborateur.

» J’ai l’honneur, etc. »

M. R... retourna le manuscrit à l’auteur avec cette réponse :

c< Monsieur,

» J’ai lu votre vaudeville avec la plus grande attention ; je

» vous UVISSE LE CHOIX DES ARMES. »

Quelques duels, il faut en convenir, ont fini gaiement. « M. de Langerie et M. de Montandre, oificiers dans le corps des galères (1), se prirent un jour de querelle et se rendirent sur le pré ; ils étaient l’un et l’autre excessivement laids. Arrivés au lieu du combat, les épées tirées, M. de Langerie regarde en face son adversaire et lui dit ;

— Je fais une réflexion, je ne puis pas me battre avec vous.

— Comment, monsieur ! qu’est-ce que cela veut dire ?

— Cela signifie que je ne me battrai pas,

— Quoi ! vous m’insultez, et vous refusez de m’en rendre raison?

— Si je vous ai insulté, je vous en fais toutes les excuses possibles; mais j’ai une raison insurmontable pour ne pus me battre avec vous.

— Mais, monsieur, peut-on la savoir ?

(1) Dictionnaire français, publié en 1819, par M. le comte de F. — Paris, chez Pélicier, galerie des Offices, au Paiais-iioyal.

LE DUEL

— Elle vous fâcherait.

— Non, monsieur.

— Vous me l’assurez î

— Oui, je vous l’assure.

— Eh bien, monsieur, la voici : Si nous nous ballons, je vous tuerai selon toutes les apparences, et je resterai l’homme le plus laid du monde.

Son adversaire no put s'empêcher do rire ; ils revinrent à la ville bons amis ; et comme leurs preuves de bravoure étaient faites à l’un et à l’autre, tout le monde en rit aussi. »

Le sexe charmant en l’honneur duquel l’antiquité avait imaginé la fable poétique des Amiizones, et qui, dans les temps modernes, a produit en France d’admirables héroïnes, Jeanne d’Arc, Jeanne de Monlfort, Jeanne Hachette, n’a pas craint quelquefois d’avoir recours au duel pour venger, aussi bien que le sexe masculin, son honneur offensé. Les femmes ont cédé quelquefois à des instincts parfaitement guerriers et querelleurs ; avouons toutefois que ces faits ont été assez rares pour qu’on ail cru devoir les noter comme autant de curiosités historiques. Ainsi, on iiffirnii' que madame de Nesle, par amour pour le duc de Richelieu, se battit au pistolet, au bois de Boulogne, avec madame de Polignac, qui lui disputait son amant ; elle fut blessée à l'épaule (I).

En 1833, une femme de Dublin se battit en duel, sans témoins, avec une autre femme qu’elle tua. Traduite devant la cour d’assises de Leinster, en Irlande, sous la prévention de meurtre, elle fut acquittée par le jury et portée en triomphe

(tl llicliunnnitG dps anecdotes historiques de l'amour.

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par le peuple. On oublia la gravité du procès pour ne songer qu’à sa singularité. Ainsi dans tous ces exemples cités par nous, depuis les duels regardés comme sérieux et les épreuves par suite desquelles l’innocent comme le coupable introduisaient leur main dans l’eau bouillante, ce qui forçait chaque partie à se brûler le plus longlcnqrs possible pour prouver la culpabilité de son adversaire ; depuis les duels et les épreuves, dis-je, jusqu’à ces affaires ridicules ou risibles dont nous avons parlé, tout, on le voit, n’est que cruauté, bouffonnerie ou sottise.

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