LB DIEL
maines alité ; d’Entragues reçut une blessure légère, et Quélus, frappé de dix-neuf coups, mourut, le 29 mai, dans les bras du roi, après Irenle-lrois jours de douleurs. La chambre dans laquelle il expira sert aujourd'hui de chœur aux filles de la Visitation de Sainte-Marie.
tt Quélus, dit Brantènie, se plaignait fort do ce que d'En- » tragues avait la dague plus que lui, qui n’avait que la » seule épée; aussi, en Ulchant do parer et de détourner les » coups que d’Eiilragues lui portait, il avait la main toute » découpée de plaies ; et lorsqu’ils commencèrent à se battre, » Quélus lui dit : Tu as une dague, et moi, je n’en ai point. » A quoi d’Entragues répliqua : Tu as donc fait une grande » sottise de l’avoir oubliée au logis ; ici, ne sommes-nous » pas pour nous battre, et non pour pointiller des armes î » Il y en a aucuns qui disent que c’était quelque espèce de » supercherie d’avoir eu l’avantage de la dague si l’on était » convenu de n’en point porter, mais la seule épée. 11 y a à » discuter là-dessus ; d’Entragues disait qu’il n’en avait point » été parlé ; d’autres disent que, par gentillesse cbevale- » resque, il devait quitter la dague. C’est à savoir s’il le » devait. »
Cela ne serait point douteux aujourd’hui et n’aurait jamais dû l’ètrc.
Henri lll, dans son amitié exagérée pour ses favoris, leur fit rendre les honneui's funèbres les plus extraordinaires. Il leur éleva des tombeaux en marbre noir avec des épitaphes peu en rapport avec la sainteté du lieu, l’église Saint-Paul. Dans ses prières quotidiennes, il réunissait les noms de ses trois mignons.
LE DUEL
On a conservé le distique :
Que Dieu reçoive en son Rtron Quélus, Schomberg et Maugiron.
Les fastueux tombeaux élevés aux favoris avaient fait [lasser dans le langage les mots ; je le ferai tailler en marbre, pour signifier : je le tuerai en duel.
On s’inquiétait peu, dans ce temps , do chercher un endroit écarté pour terminer ses querelles. Toutes les places étaient également bonnes pour les raffinés ; on se battait en pleine rue, pendant le jour; et si le duel avait lieu la nuit, l’on se joignait près d’un do ces rares falots qui avaient alore la prétention d’éclairer Paris.
Le chevalier de Guise força dans la rue Saint-Honoré le baron de Loz à mettre l’épée à la main et le tua. Oi duel provoqua la déclaration do 1613 , qui n’empèctia pas ce même seigneur do combattre quelque temps après avec le fils du baron, qui succomba à son tour. Aucune poursuite ne fut dirigée contre l’auteur de ce double meurtre.
En exécution d’un arrêt du 21 juin 1627, on décapita, en place de Grève, François de Boutteville-.Montmorency et son cousin Rosmadec, comte des Chapelles, qui s’étaient rendus I edoiitables à toute la noblesse parleur habileté dans les combats singuliers. «Mais, dit M. Brillat-Savarin dans son Essai historique et critique sur le duel, il ne faut pas regarder cette exécution comme la peine d’un duel simple; ce fut bien plutôt un grand exemple, reconnu nécessaire pour soutenir l’autorité du roi contre un sujet rebelle. » L’épée du comte de
LE DUEL
Houtteville avait acquis une célébrité funeste ; son duel avec Benvron (1) était au moins le quatrième dont te public s’entretenait. Condamné à mort , en vertu d’un arrêt prononcé par défaut contre lui pour un autre duel, il avait fait abattre par ses valets, soutenus de (pielques cavaliers, le poteau sur lequel sa condamnation était allichée. Forcé de quitter la France, il avait fait accompagner son carrosse par deux cents hommes armés ; réfugié à Bruxelles, il avait résisté à la prière du roi, transmise par l’infante archiduchesse des Pays-Bas, qui lui demandait de ne pas se battre avec Benvron. On lui avait refusé des lettres de grâce, il vint à Paris et se battit en plein jour sur la place Uoyale.
L’exécution dont nous venons de parler fut entourée d’un grand appareil, et produisit sur les esprits une impressioti plus vive que toutes les ordonnances rendues jusqu’alors contre les duels.
Les ducs de Beaufort et de Nemours se battirent en duel, le 30 juillet 1652. Ils avaient chacun quatre gentilshommes qui soutenaient leur cause l’épée à la main. 11 était sept heures du soir; le lieu choisi par eux était l’endroit où commence aujourd’hui la rue d’.\ntin, du côté de la rue Neuve des Petits- Champs, derrière les murs du jardin de l’InMel de Vendôme. Les seconds de M. de Beaufort étaient MM. Buri, de Bis, Brillet etd’Héricourt ; le marquis de Yillars, père du maréchal, le chevalier de La Chaise, Conq)ans et d'Uzerches, assistaient le duc de Nemours. Celui-ci avait lui-mème chargé les pistolets, qu’il avait apportés ainsi que les épées.
(I) Ce ne Tut point ce duel qui inotiv.'t sa cnndamnalion, car depuis il av.iit plusieurs fois recommencé.