‹ Les armes et le duelChapitre 205 sur 219 · I.ES MAÎTRES d’armes · texte numérisé non relu

I.ES MAÎTRES d’armes

je (lirai encoiv qu’il ne doit pas Aire le moyen unique ; car il est reconnu, en escrime bienenlondue, que la vitesse ne peut passer qu’en troisième ligne : d'abord la science, ensuite la rectitude des coups, et enliii la vitesse.

Saint-Georges, on le sait, avait une incomparable activité ; son organisation privih'giée réunissait les trois vitesses dont j’ai parlé plus haut, et cependant Saint-Georges prenait constamnienl des leçons de M. de La Boëssière, C’est ipio ce prodigieux Saint-Georges était un homme snpérieur ; s’d reconnaissait sa snpériorité sur son maître pour l’exé'culion, il ne pouvait contester l’idéale jHîifection des raisonnements, et certainement ce n’est point lui (pii aurait proclamé que le premier maître était celui qui lirait le plus vile. Aussi Saint- Georges, notre maître à tous, a-t-il reçu les honneurs de rimmorlalilé ; son nom trône dans les biographies, et sa haute réputation n’a jamais eu d’égale ; car ce n’est pas sérieusement sans doute qu’une personne (dont je veux bien oublier le nom) disait devant moi : « Ma foi, je regrette que Saint- Georges soit mort : nous aurions vu !... » Cette personne ne sera jamais le premier maître, quoiijue Saint-Georges n’existe plus.

Quelles sont donc les qualités nécessaires pour aspirer au titre de premier maître... je n’ose dire pour le mériter?

Si la nature vous a doué d’une heureuse conformation ; si elle vous a accordé de la vitesse naturelle, et la plus grande ; .si la force de votre constitution vous permet de supporter un exercice journalier et les fatigues des leçons ii donner ou à prendre, commencez jeune avec un excellent professeur, et suivez assidilinenl scs leçons.

LES NAITIIES ü ARMES.

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(’o n’est pas tout encore ; ces qualités physiques ne sulliront pas si vous n’y joignez beaucoup (l’intelligence, une disposition naturelle pour l’art des armes, une grande pénétration, un coup d’aàl sûr, de la malice, de la ruse, une connaissance spontanée des moyens iihysiipies ou moraux d’autrui, de l’ardeur, une certaine facilité d’élocution, de l’esprit d’à-propos, et par-dessus tout un grand talent d’observation. Alors, seulement alors, vous pourrez prétendre à ce titre si ambitionné de nos jours ; car ce ne serait pas troj) d’avoir le génie do la démonstration, la science do M. de I.a Boëssière, et l’exécution, la finesse, la vitesse surprenante de Saint-Georges, pour jiouvoir se dire le maître de tons, le

PREMIER M.vhHE.

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