DES PARADES EN GÉNÉRAL
LEtRS RÈGLES.
La parade, ainsi que nous l’avons dit, est l’action de détourner de son corps le fer ennemi. Cette définition est admise en thèse générale, mais les moyens d'exécution varient suivant les professeurs. Les uns soutiennent la|»arade d’opposition, les autres recommandent la force et les grands mouvements.
Gage de sécurité pour celui qui sait régler ses coups en raison de l’attaque de sou adversaire, la parade demande aplomb, justesse et confiance. — Bien parer, c’est employer avec discernement l’opposition nécessaire pour paralyser une attaque, c’est donc bien déterminer où la main, le fort et le faible doivent être placés en raison du coup dont on est menacé.
La parade d’opposition m’a toujours semblé la plus rationnelle au commencement d’un assaut ; elle n’entraîne pas la main en dehors des lignes menacées.
Parer d’opposition par un simple ou un contre, c’est se porter à 1a jonction du fer de l’adversaire en fermant la ligne qui conduit à votre corps, maintenant toujours l’action de votre fort sur le faible, et jamais, comme on a osé l’avancer, le faible sur le fort. En un mot, la parade d’opposition s’explique par son nom, s’opposer, donc ne pas frapper.
i'H LKS ARMKS.
La parade d'opposition, qu’elle procède par un simple ou par un contre, présente un obstacle qui lie frappe point. Sa dénomination expliipie son emploi. La parade chanj'e-t-elle de marche, c’est-à-dire agit-elle en frappant ou chassant avec force l’arme de l’adversaire, alors elle change aussi de nom (1).
Il faut, dans les parades, une tenue exacte depuis l extrèmc pointe jus(|u’au fort de la lame, car il y a des tireurs assez habiles pour pénétrer dans le défaut de tenue.
Les principes de l’escrime expliquent la position respective des deux fers dans les parades. Parer quarte en supination serait une faute grave, car on se défendrait moins bien que si l’on avait la main légèrement inclinée en pronalion. Qîtte dernière position ne saurait être conservée en parant le demicercle. Le désarmement en serait la conséquence funeste.
Nous ne saurions trop recommander l’nsage des doigts dans la parade, l’action du fer sur le fer peut seule être efficace. Lu faisant agir le bras, le mouvement imprimé par la force (|ui se trouve augmentée, dérange la ligne et entraîne quelquefois le corps.
On ne doit pas parer avec le bras tendu, parce qu’il faut, dans l’intérêt de la vitesse et pour riposter avec succès, conserver à la saignée toute l’élasticité de son ressort et au jiuigiiet sa puissance de rotation.
L’avantage que présente le rapprochement du poignet près
(1) Pour nous faire bien comprendre, nous prendrons une comparaison paiftabie : la parade d’opposition représente une barrière empècliant de poursuivre une roule commenct^e, mais ne repou^^sant pas liuémienient relui dont elle interrompt la course.
TIlÉOlUE.
(lu corps est contrebalancé par l’inconvénient de placer le faible de son épée sur le fort de celle de son adversaire. On doit donc être sobre des retraites de bras.
Parer en trancbant le fer, c’est frapper outre mesure et en s’écartant de la ligne où l’on doit se maintenir , c’est parer avec saccade.
Les parades se divisent ainsi :
Les simples, les demi-contres, les contres.
On appelle les premières parades simples parce qu’elles ne ressemblent en rien aux demi-contres et aux contres, et qu’elles joignent l’épée ennemie par le moyen le plus vif.
I>a parade simple est celle qui prend le moins d’espace pour joindre l’épée de l’assaillant; comme toutes les autres parades, elle frappe le fer ennemi à des degrés différents, soit d’opposition, d'un tact sec ou do grande force.
PRIME
LtS ARUtlS.
La désignation Prime indique clairement que c’est la première des parades ; elle se présente naturellement en tirant l'épée du fourreau. Elle est favorable aux hommes de petite tiiille ; elle les couvre en dehors, ce (jue n’aurait fait que très-imparfaitement le demi-cercle, (pii les exposerait surtout si le coup était dirigé en haut du dessus au dedans.
La parade de prime doit être ainsi prise : le poignet à la hauteur du front et de manière à voir l’adversaire dans la ligne au-dessous de celle qu’occupe votre épée. La position de celle-ci doit être à peu près horizontale. La riposte se fait de gauche à droite pour éviter la remise en seconde. La tradition veut que l’on évite celle en quarte en opposant, lors do la riposte, la main gauche à l’épée, mais sans avoir la volonté de la toucher.
SECONDE