‹ Les armes et le duelChapitre 5 sur 219 · OL' CAUSERIE EM FURME ÜE PRÉFACE · texte numérisé non relu

OL' CAUSERIE EM FURME ÜE PRÉFACE

— C’esl celle de cet empereur romain qui trouvait qu’il y avait bien assez de manières de sortir de la vie sans avoir besoin de se faire tuer.

— Bravo ! après ?

— Après, je passe aux dilTérentes métliodes en usage, puis j’expose la mienne, qui est simple, logique, el raisonnée. Les méthodes les plus en usage veulent qu’on touche beaucoup, nos grands maîtres sont appelés des toucheurs; je crois qu’ils devraient plutôt être appelé-s des pareurs : sur le terrain il ne s’agit plus de toucher heaucoup et souvent, il s’agit de toucher une fois et bien. C’est le premier coup qui a raison ; il faut donc que ce premier coup soit calculé avec toutes les forces du raisonnement, porté selon le caractère de ce.lui avec qui l’on se but, si l’on connaît déjà ce caractère; si au contraire on ne le connaît pas, il faut l’étudier ; c’esl vile fait, il faut qu'un homme soit bien fort ou bien dissimulé pour que je ne connaisse pas si son tempérament est sanguin ou bilieux, emporté ou réfléchi, après trois secondes que je suis en garde en face de lui.

— Lt naturellement vous trouvez votre méthode la meilleure •?

— Je n’ai qu’un mot à dire, et je détic aucun de mes confrères de répéter ce mot après moi ; je n’ai jamais eu un écolier dix minutes au lit à la suite d’une rencontre.

— Et quand deux de vos écoliers se sont battus ensemble ?

— Ils SC sont (égratignés, voilà tout; d'ailleurs vous en savez

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quclciue chose, vous qui deux ou trois fois avez été témoin dans des aUaires de ce genre.

— C'est vrai.

Ensuite je parle du sabre ; j'essaye de réhabiliter une arme trop dédaignée, et qui cependant avait l'estime de Louis XIV et la sympathie de Napoléon; seulement Napoléon, guerrier pratique, avait rationalisé celte sympathie et doublé les ressources du sabre eu lui donnant celle de l'épée. Chez lui l’exercice du sabre fut changé, la pointe fut substituée à la taille; notre supériorité presque constante dans les charges de cavalerie vint de cette substitution; le prince Louis de Prusse fut tué d’un coup de pointe en frappant de taille.

— Si vous êtes si grand parlisan du sabre, que direz-vous de la baïonnette ?

— Je dirai que c’est un acte de patriotisme que de faire con- Dailre au gouvernement les ressources que l'armée peut en tirer ; je dis qu’on devrait la faire enseigner dans tous les régiments par les hommes les plus experts en escrime : l’épée décide les querelles entre individus, la baïonnette décide les querelles cntic royaumes; avec l’épée on tue son adversaire, avec la baïonnette son ennemi. Le maréchal de Saxe disait, il y ajuste cent ans, que le fusil n’était que le manche de la Iwïonnettc.

Maintenant ce n’est pas le tout qu’avec moi les armes empêchent d’être tué, il faut encore qu’elles aident à vivre. Or, je prouve que, comtne exercice hygiénique, l’cscrlme est le premier des

ou CAUSEHIË KN FOHUK UE IMIÉFACE. 47

exercices, en ce (ju’il lient dans nne égale activité l’esprit et le corps. Cet article est écrit le tleuret à la main, sous la dictée de mon docteur; de là Je passe à des considérations générales sur la profession de maître d’armes a laquelle Louis XIV, qui n’était pas prodigue de pareils dons, attacha des lettres de noblesse, et Je combats la déconsidération où elle est. Je ne dirai pas descendue, mais où l’on a essayé de la faire tomber.

Enfin Je termine par dus anecdotes.

— Fardes anecdotes?

— Oui.

— Sont-elles amusantes?

— Elles sont caractéristiques au moins.

— Prouvent-elles quelque chose?

— Scribitur ad narrandttm , non ad probandum.

— üb ! vous devenez horriblement maniéré depuis que vous vous êtes fait auteur.

— .\ propos d’anecdotes. Je vais vous en conter deux.

— Elles ont trait à quelque chose ?

— Sans doute, sinon elles ne seraient pas des anecdotes.

— A quoi ont-elles trait?

— Au duel.

— Mais à (|uel point du duel ?

— A sa défense. Il ne faut pas vous ligurer, mon cher, que c’est M. Üu])in qui a inventé 1a loi contre le duel, il y a eu beaucoup de lois avant la sicnnci

EN EUII.ME l'E CALSEItlE

— A quoi ont-elles servi?

— Tiens, à ne pas être exécutées donc ! si ou exécutait les lois, on n’aurait pas besoin d’en faire tant. Or, il y a eu quckpics édits depuis l’arrêt de la cour du parlement du 26 juin 1569 jusqu'à l’édit du roi de septembre 1651, qui établissait un trilninal du point d’honneur dont les juges étaient choisis parmi les maréchaux de France. Or, écoutez bien cette clause, qui était la clause IV dudit édit.

— J’écoute.

— « Lorsque nosdits cousins, les maréchaux de France, les gouverneurs, les lieutenants-généraux en nos provinces, ou les gentilshommes commis, auront eu avis de quelque différend entre les gentilshommes, et entre tous ceux qui ront.profession des armes en noire royaume et pays de notre obéissance, lequel procédant de parole outragcusc ou autre cause touchant riionncur semblera devoir les porter à quelque ressentiment extraordinaire, nosdits cousins, les maréchaux de France, enverront aussitôt des défenses très-expresses aux parties de se rien demander par les voies de fait, directement ou indirectement, et les feront assigner à comparoir incessamment |)ar-devant eux jx)ur y être réglées; que s'ils appréhendent que lesdites parties soient tellement animées qu’elles n’apportent pas tout le res|)cct et la déférence qu'elles doivent à leurs ordres, ils leur enverront incontinent des archers, des gardes de la connétablic et maréchaussée de France, pour se tenir près de leurs personnes, aux frais et dépens desdites parties, jus<[u’à ce qu’elles

Ot CAI'SERIE KN KUR.HE DE PRÉFACE, 40

se soient rendues par-devant eux, ce qui sera aussi pratii[ué par les gouverneurs ou lieutenants-généraux en nos provinces, dans l’étendue de leurs gouvernements et chargés, en faisant assigner par-devant eux ceux qui auront querelles, ou en leur envoyant de leurs gardes ou quelques autres personnes qui su tiendront près d’eux pour les empêcher d’en venir aux voies de fait, r

■\vez-vous entendu?

— Oui.

— Eh bien, maintenant, écoutez l’anecdote, et vous verrez comment cet article était suivi par ceux-là mêmes qui étaient chargés de le mettre à exécution.

M. de Richelieu...

— .\h ! il s’agit de M. de Richelieu?

— Oui.

— Celui qui fut président du tribunal du point d’honneur, comme doyen des maréchaux de France?

— Justement. .Mais à l’époque où commence notre anecdote, il avait trente-huit à quarante ans, ce qui veut dire ipi’il était encore le type de l’élégance et de l’esprit du dix-huitième siècle. IS'üus le retrouverons doyen dans la seconde partie.

— Votre anecdote est en deux parties?

— Comme un drame moderne, ni plus ni moins. Si vous n’aimez pas ces sortes de division, tant pis; c’est à prendre on à laisser.

— J’aime tout ce qui me conduira à ma préface.

Sü IMIÉKAUE EN FOHMK DE CAl'SEItlE

— Lnissez-moi donc aller. Alors, M. de Dichclieii , comme vous le savez, avait épousé en premières noces mademoiselle de Noailles.

— Esl-ce que vous allez nous raconter la pièce des Variétés?

— Non pas... Je vois quelquefois les pièces de M. Bayard, surtout quand Diÿazet joue dedans, mais je ne les raconte jamais. Je disais donc qu’il avait épousé en premières noces mademoiselle de No;ulles; laquelle, comme vous le savez ou ne le savez pas, ne fut jamais la femme que de son écuyer.

— Mon cher ami, je ne vois pas on tout cela nous mène.

— .\tteudcz donc; que diable, vous êtes impatient comme un lecteur de feuilletons. Mademoiselle de Noailles mourut, M. de Richelieu congédia son écuyer, dont il n’avait jdus besoin, et tout au contraire de ce qui lui était arrivé avec mademoiselle de Noailles, qu’il n’avait jamais pu sentir ni avant ni après son mariage, il devint amoureux de mademoiselle de Guise, qu’il épousa.

C’était une bien grande dame, que mademoiselle do Guise, descendante des princes de I.orraine, alliée de la maison impériale, surtout pour M. de Richelieu, petit-lils de M. Vignerot. Aussi nt-on de grandes difficultés du côlé de la princesse ; mais M. de Richelieu était un grand vainqueur, tout céda devant lui, et malgré l’opposition du prince de Lixen et du prince de Pont, il épousa mademoiselle de Guise.

Quelque temps après, M. de Richelieu était au siège de Phi-

üf CAtüKKIK Ë.\ KOIIMK ÜE 1‘KÉFAtE.

li|>sbour?, que conduisait le maréchal de Berviek. C’était son jour de tranchée; et, relevé après une chaude nuit, couvert de bouc, de sueur et mémo de sang, un éclat do boml)c l’avait légèrement blessé au côté; il revenait à cheval en coin|>agnic d’un jeune capitaine de ses amis , nommé le marquis do la Pailleleric.

Tous deux suivaient la roule ; sur le revers se promenaient le prince de Lixen et le prince de Pont; c’étaient, on se lo rapj)clle, les deux opposants au mariage du duc.

Le duc du plus loin qu’il les aperçut, les salua.

Le prince de Lixen fut quelipie temps à répondre au salut, puis faisant comme s’il reconnaissait à grand’ peine M. de Richelieu :

— .Ml! bonjour, bonjour, cousin, lui dit-il; vous êtes bien crotté... un peu moins cependant depuis vous avez épousé ma cousine.

Il n’y avait pas moyen de donner deux sens à l’interpellation; d’ailleurs, .M. de Richelieu était parfaitement connu pour no pas prendre de ces pcines-là. Il descendit de cheval, et saluant poliment .M. de Lixen :

— Prince, lui dit-il, j’ai mon témoin, vous avez le vôtre; vous avez votre épée, j’ai la mienne; le te;rain me semble fait exprès pour une rencontre. J’espère donc que vous serez assez galant pour me rendre raison, à l’instant même, des paroles que vous venez de proiiuneer.

l'IlKFACË KN FORME UK CAFSKRIK

— (Comment donci répondit le prince, avec le plus grand plaisir.

Et il mit l’épée à la main.

A lu troisième l)otte, M. de Riclielieu passa son épée au beau travers du corps du prince de Lixen, lequel tomba mort dans les bras de son frère.

M. de Richelieu fit un second salut plus poli encore que le premier, remonta à cheval, remercia son ami du service qu'il venait de lui rendre, et continua son chemin comme si rien n’était arrivé.

La chose s’était passée si lestement, (juc le marquis n’élait pas même descendu de cheval.

Le lendemain, le duc, pour faire oublier ce petit événement, montait le premier à la brèche, recevait une seconde blessure, et em|K>rtait d’assaut le grade de maréchal -dc-carnp.

Quarante-cin(| ans après la mort du prince de Lixen, .M. le duc de Richelieu, alors âgé de quatre-vingts ou quatre-vingt-deux ans, se trouvait, comme doyen d’âge, président du tribunal du point d’honneur, lorsque arriva à la Comédie-Française une petite aventure qui troubla momentanément la représentation.

Un jeune homme était avec une femme dans une loge des premières; la femme était sur le devant, et le jeune homme fort enfoncé dans un angle, de sorte que la femme avait tout l’air d’être seule. Cette retraite du jeune homme venait probablement de sa mise extrêmement simple, |>eu en harmonie avec la toilette de la

ou UAlSF.niK EN FOR.MK l)E PRÉFACE.

femme; il clait vêlii d’une retliogole brune, sans autre ornement qu’un lis<:ré de soie nu collet et à la boutonnière, et portait des bottes par-dessus une culotte de peau.

La porte de la loge s’ouvre, un étranger entre, et sans paraître accorder la moindre attention au jeune homme à la redingote brune, il essaye de lier conversation avec la femme.

Le nouveau venu était vêtu avec la plus suprême élégance.

Mais soit que la dame appréciât peu ce genre de mérite, au lieu d’être sensible à cette avance :

— Monsieur, lui dit-elle, vous vous trompez sans doute, je ne vous connais pas, et quand même je vous connaîtrais, je vous ferais encore observer que je suis avec monsieur.

— Ah! pardon, dit l’étranger en se retournant à moitié vers le jeune homme à la redingote brune, qui n’avait pas fait un mouvement depuis le commencement de la scène. Pardon, je prenais monsieur pour votre laquais.

L’étranger n’avait pas achevé l’insulte, que lancé par une main vigoureuse, il passait par l’ouverture de la loge, et s’en allait tomber au milieu du parterre.

Puis, sans prononcer une parole même pour dire gare, le jeune homme reprit sa place dans son angle et attendit.

La femme voulait absolument quitter le spccLacle ; mais il lui Ht observer que celui qui venait de descendre si rapidement avait probablement quelque chose à lui dire, et qu’il fallait lui donner le temps de remonter.

54 l-nfiFACK EN FonMR DE CAtSERIE

En effet, cinq minutes après la porta se rouvrit, mais ce fut pour donner passage à un garde de la comiélablie, qui, touchant l’épaule du jeune homme de sa baguette d’ébène à pomme d’ivoire, lui annonça qu’au nom de messcigneurs les maréchaux de France composant le tribunal du point d'honneur, il était invité de donner sa parole de ne point se battre avec le marquis de Jou"\

Le jeune homme répondit c]u’il ne pouvait prendre un pareil engagement ipie dans l’hypothèse où M. le marquis de Jou*** en ferait autant de son côté,

— En ce cas, dit le garde de la connétablie, trouvez l>on, monsieur, que je m’attache à votre personne.

— Comment cela, que vous vous attachiez à ma personne?

— C’est-à-dire que je vous suive.

— Où cela?

— Où vous irez.

— Comment, où j’irai?

— Sans doute.

— Et si je vais chez moi?

— .le vous suivrai chez vous.

— .Mais si je vais ailleurs?

— Je vous suivrai ailleurs.

— Si je vais chez madame, je suppose?

— Je vous suivrai chez madame.

— Ab ! par exemple, c’est trop fort !

ou CAl'SERIK KN h'OHMK l>K l■RKFA(;E.

— C’est comme cela.

— Kl combien de temps cela durera-t-il?

— Cela durera jusiiu'à ce que le tribunal du point d’honneur ail décidé de votre afTairc.

U n’y avait pas à résister; aussi le jeune homme en prit-il son parti : il reconduisit jusqu’à son logis la personne ([u’il accompagnait, et rentra dans le sien, muni de son compagnon.

— Trois jours apres, il fut appelé chez M. de Richelieu.

M. de Richelieu demeurait, à cette c|)oque, dans l’hôtel qu’il avait fait bâtir une quinzaine d’années auparavant, auquel les Parisiens scrutateurs avait donné le nom de pavillon de Hanovre, nom qu’il a conservé depuis.

Le vieux maréchal était dans un boudoir d’une cutjuelteric charmante, tenant entre ses mains les pièces du procès qu'il était appelé à juger, lorsque son valet do chambre annonça le comte de la Pailleterie.

A ce nom, le duc releva la tète ; il se faisait un mouvement parmi ses souvenirs.

Le jeune homme entra.

— Le comte de la Pailleterie I le comte de la Pailleterie I murmura le duc ; est-ce que vous seriez, par hasard, le fils du marquis de la Pailleterie qui m’a servi de témoin à Philipsbourg lorsque j’ai tué le prince de Lixen ?

— Justement, monseigneur, et j’ai souvent entendu raconter l’aventure à mon père.

nO

PRÉFACE E>' FORME DE CAISERIE

— Ah ! morbleu ! s’il en est ainsi, asseyez-vous lioiic, jeune homme, et racontez-moi votre adaire.

Le comte raconta la chose de point en point ; comment le marquis de Jou*" avait ouvert la porte de la loge; comment il y était entré ; comment il avait adressé la parole à la femme qu’il accompagnait ; comment elle lui avait répondu ; comment cette réponse avait amené l’insulte que nous avons dite ; et comment, lui, avait jeté le marquis de Jou**” des premières au parterre.

Le duc écouta le récit avec toute la gravité ipi’il méritait, et hochant la tète :

— Allons, allons, mon jeune ami, dit-il, il y a matière à duel.

— N’est-ce pas, monseigneur? fit le jeune homme.

— Et il faut que le marquis de .Ion*** se batte.

— C’est mon avis.

— Seulement, comme le duel est défendu, et <pie vous ne trouveriez pas de témoins...

Le duc parut rétléchir.

— Eh bien? demanda le jeune homme.

— Eh bien ! je vous servirai de témoin, et vous vous battrez dans mon jardin.

La chose eut lieu le lendemain, comme il avait été dit, et le marquis de Jou*** reçut deux coups d’épée qui ne le guérirent pas, à ce qu’il paraît, d’ouvrir les loges qui n’étaient pas à lui; car il fut

St-''

Oi: CAl'SRRIE EN FOHMR l)K I-nÉFACE. .)7

liié en 1786, à la suite d’iine querelle à peu prés semblable, ramassée, celte fois, à l’Opéra.

Voilà mon anecdote ; peut-être n’est-elle pas déplacée dans la préface de votre ouvrage.

— Et vous m’en garantissez l’autbenticité?

— l-e jeune homme, c’était mon jrère ; le marquis de la Pailleterii', c’était mon grand-père.

— Et vous me la donnez...

— Dans toute sa virginité, vu que je l’ai racontée rarement, et que je ne l’ai jamais écrite.

— Merci.

— De quoi ?

— De votre anecdote, d’abord, et de votre préface, ensuite

— Comment de ma préface !... Attendez donc qu’elle soit faite.

— Elle l’est.

— Comment, elle l’est?

— Sans doute ; je ne suis pas venu seul.

— Avec qui êtes-vous venu ?

— .Avec notre ami d’IL, qui est sténographe.

— Don ! Et il est là?

— Dans votre cabinet.

— Et il a tout entendu ?

— Et tout écrit.

— De sorte ()ue ?

l'RKKACE EN FORME RE CAl'SERIE

— De sorte que, mon cher élève, il n’a plus qu’à sortir de sa cachette; et vous, vous n’avez plus qu’à signer.

nu effet, d'il, sortit du cabinet, tenant cinq ou six feuillets de papier couverts d’hiéroglyphes.

Je tendis la main gauche à d’il., et pris nue plume do la main droite.

— Attendez au moins, dit d’il., que je vous relise ce que vous venez de me dicter.

— Je ne relis Jamais, cher ami.

— Et vous signez ?

— De confiance.

— Signez donc.

Je signai.

Et maintenant, voici, non pas la préface telle qu’elle est sortie de ma plume, mais la causerie telle quelle est tombée de ma bouche. A ceux qui la trouveront mauvaise, il me restera la ressource de dire qu’elle eût été bien meilleure si Grisier m'eût fait mettre en prison, comme je le lui avais conseillé.

.àt.EXASDRE DUMAS.

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