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DE LA VITESSE

Vitesse : Faculté naturelle à l’homme, qu’on augmente ou qu’on développe en en réglant l’emploi.

11 y a vitesse de main et vitesse de corps, celle-ci dépeud principalement de la vigueur des jarrets.

Vitesse naturelle.

Vitesse provenant d’une parfaite régularité.

Vitesse que donne l’habitude de l’exercice.

Cette qualité, que sou nom définit, consiste à toucher l’ad-

versaire avant sa parade. Saint-Georges est le type do la vitesse. Il y a des hommes qui ont une vitesse de nature bien extraordinaire. Cependant l’art peut ajouter encore à ce don précieux en donnant la précision, la régularité, l’ii-propos, trois qualités qui jointes au travail concourent à donner la perfection idéale de la vitesse dont Saint-Georges sera toujours le plus parfait modèle.

Nous voyons tous les jours dans nos salles des hommes qui refusent do croire aux meilleurs principes par la seule raison qu’ils touchent, avec la seule vitesse de nature, des hommes lents qui en savent plus qu’eux. Mais les premiers ne réfléchissent pas que s’ils avaient un duel avec un adversaire qui eilt leur qualité ou leur défaut, ils se tueraient ensemble, ce qui, très-malheureusement n’est pas sans exemple.

J’ai connu un maître qui disait parfois que la vitesse l’emportait sur les combinaisons savantes; mais heureusement un autre jour il soutenait le contraire, en ajoutant que l’homme lent qui aurait de l’à-propos et de la justesse l’emporterait sur l’homme vile privé de ces deux qualités.

Chacun des tireurs aujourd’hui a sa balourdise favorite, qu’il caresse avec amour, qu’il prône à tout venant, et qu’il fait accepter, car il n’y a pas de chose si ridicule qu’ou ne puisse faire croire à quelqu’un. 11 y a des bredouilleurs qu’on ne comprend pas et qu’on croit cependant !

La science ne demande pas compte de leurs sottises à ces ignorants. Elle n’a rien de commun avec eux, puisqu’ils ne veulent ou ne peuvent rien avoir de commun avec elle. Mais elle doit les enregistrer, à l’usage des aveugles qui voudraient voir clair; c’est le pi'tit nombre : rara avis in terris.

THÉORIE

Voici une des plus belles.

On fait vite, et on touche un grand nombre de coups. Si c’était là le seul but, la question de méthode serait résolue. Mais par malheur pour les ignorants, il n’en est pas ainsi. Il s’agit aussi de n’en pas recevoir. Dès lors la question se déplace. Elle est tout entière dans ces mots : fait-on bien?

Un seul mot juge et condamne la théorie de la vitesse quand même. Le voici.

Un de mes vieux amis, grand amateur d’escrime, M. Ch..., qui a eu un peu trop de duels, toujours heureux pour lui, (chez qui, par conséquent, mes leçons ont été corroborées par la suprême sanction de l’expérience,) remarquait avec surprise, dans ma salle d’armes, que lorsqu’il prononçait le mot savoir, et qu’il exaltait les principes, ses classiques convictions éveillaient des sourires.

On en vint un jour à une petite explication amicale, et les plus forts gymnastesluisoutinrentqu’endéfinitivela vitesse était tout.

U fournit contre cette opinion, des preuves qui, aux yeux d'hommes intelligents, eussent été irrécusables.

Les contradicteurs ne se rendirent pas, et conclurent par ce raisonnement, en tout point digne de l’exorde : Mais enfin, si l’on arrive à la vitesse du boulet, à quoi sert la science? Nous vous défions de combattre celle assertion. Que mettrez-vous au-dessus d’uue pièce de siège tirant à toute volée?

11 répondit simplement : «Je mettrais l’artilleur (1). »

(1) Cette anecdote est extraite du second ouvrage qui sera le complément nécessaire du présent volume. Nous no donnerons ici que l’énumération de quelques chapitres que contiendra ce livre, encore inachevé ; Duel. — Assauts. — Les élèves. — Grasses balourdises. — Anecdotes, etc. Nous aurons occasion de foire mention plus détaillée de ce travail.

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