‹ Les armes et le duelChapitre 67 sur 219 · QUELQUES TERMES D ESCRIME · texte numérisé non relu

QUELQUES TERMES D ESCRIME

Aller d F épie. C'est suivre l’épée adverse dans tous ses mouvements bons ou mauvais.

Assaillant. Celui des deux tireurs qui attaque.

Assiette, Mot ridicule qui a pour but d’exprimer l’aplomb.

Avoir de la main. C'est avoir de la justesse, saisir babilement la manière do tromper l’épée, agir avec vitesse ; c’est une main légère.

Avoir de l’épaule. C’est faire les mouvements avec cette partie du corps. Grand défaut qui nuit ii la force, à la grâce, à la vitesse, au jeu du bras et des doigts.

Avoir.de la tête. Rien concevoir un plan d’attaque ou de défense, profiler do tous les avantages, lire dans l’intention de l’adversaire. C’est étudier sans cesse le jeu de son ennemi, établir des combinaisons rationnelles, et prouver par le succès qu’on a vu juste. C’est ne pas s’étonner des attaques, c’est prévoir beaucoup, c’est varier ses parades, c’est masquer le coup que l’on veut porter, c’est tromper les parades, c’est tendre des pièges, c’est tout.

Avoir des jambes. C’est, indépendamment de la force du jarret, de l’emploi bien mesuré de cette force, savoir conserver l’aplomb, l’équilibre dans les attaques, soit que l’on se fende, soit que l’on se relève, soit enfin que l’on poursuive ou fasse retraite. Avoir des jambes exprime qu’elles doivent bien soutenir le corps dans sa garde, et permettre la plus grande vitesse dans les développements ou les retraites sans

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avoir avoir besoin de recourir au tâtonnement pour reprendre une position régulière.

Botte. On donne ridiculcnieut ce nom au coup touché, quel qu'il soit.

Gaver. C’est porter la main totalement hors de ligne et dans le sens le plus opposé à l'opposition ; c’est une faute grave en escrime; l’homnie cave.en tirant dans une diagonale pour frapper son adversaire. Ce coup découvre trop celui qui l’exécute.

Changer l’épée. Encore nn mot il proscrire, car il ne veut pas dire autre chose que changer l' engagement.

Coup pour coup. Se toucher ensemhie ; effet do l’ignorance, d’un amour-propre irrité ou de trop de fougue, coup fourré; c’est le plus fort des deux qui a le plus grand tort, car il devait prévoir.

Coup jugé. Lorsqu’on a deviné le coup de son adversaire.

Corps d corps. Se dit de deux tireurs cjui font des armes à une distance par trop rapprochée, alors on dit, par amplification, qu’il sont corps ii corps, position défectueuse que le maître doit prévenir ou empêcher.

Donner l'épée. C’est placer franchement son épée dans de bonnes lignes où l’adversaire puisse la joindre sans s’écarter.

Découvert. C’est ne pas bien fermer les lignes que l’on occupe; c’est laisser un petit ou uu grand espace à l’épée ennemie, c’est une faute ou une ruse, selon la négligence ou l'adresse que l’oii y a apportée.

LKS ARMES.

Escrime. S’instruire dans tous les coups possibles, marches, retraites, feintes, parades, positions du corps dans le cas de défensive ou d’offensive.

Epée, Fleuret, Carrelet. 11 y a environ deux cents ans que pour la leçon on a remplacé l’épée par un fleuret. 11 est peutêtre mieux de se servir de fortes lames plates pour la leçon, elles gardent moins la courbe. A l’assaut, il faut toujours so servir des lames demi-carrées et éviter les lames dites car~ relets, si dangereuses lorsqu’elles se brisent.

Etrenner. Pour dire toucher en assaut : mot ridicule.

Ebranler. C’est forcer l’adversaire à rompre en désordre et sans mesure, ou lui faire prendre des parades incertaines.

S’ébranler. C’est ne pas garder les positions du corps ou de la main; c’est manquer de prévoyance; c’est perdre la tète ; c’est chercher en désordre le fer de l’adversaire.

Eperonner. C’est faire un mouvement de pied comme pour donner un conp d’éperon avant de se fendre, faute grave d’où il résulte perte do temps et peut-être mauvaise direction.

Être en ligne. C’est avoir les jambes bien placées, le pied droit sur la ligne de celui de l’advei’sairc, l’épée menaçante pour lui, et le mettre ainsi dans l'impossibilité de toucher par un coup droit sans caver.

Ferrailler. Parades de contraction, redoublement de parades inutiles, agir sans discernement, no s’occuper qu’à toucher sans s’inquiéter de la qualité des coups et des suites qu’ils peuvent avoir, vouloir tromper des parades que ne fait pas l'adversaire.

THÉORIE

Jeu. On dit avoir beau ou vilain jeu ; cet homme ne comprend pas bien les armes, car il se fait un jeu. En employant toujours les mômes coups, les mômes parades, les mômes marches ou retraites, en courant, en restant fendu, on su fuit un jeu. Le talent est de combattre ses habitudes, afin de ne pas avoir un jeu, car ce serait annoncer peu de ressources d’imagination.

La main a marché. La main ne marchant pas, il faudrait encore retirer cette expression.

Main dure. Qui emploie trop de force.

Partir du corps. C’est le corps qui fait un mouvement avant le bras, faute qui compromet beaucoup.

Phrase, Comme dans la conversation, il y en a de plus ou moins longues. La plus petite serait sur une attaque de parer, riposter ou toucher; il y en a de très-longues où l’on no touche pas.

Plastronner. Prendre leçon d’armes, parer les coups du maître, l’attaquer de coups simples et de coups compli([ués, tromper toutes les parades, etc.

Rompre. Se mettre hors mesure.

Sauter. Se dit d’un tireur qui fait un bond en s’enlevant sur ses deux pieds, soit pour se porter en avant ou en arrière. Se porter ainsi en avant expose, et en se servant de ce moyen en arrière, on se prive presque toujours de la riposte.

Souplesse. L’opposé de roideur ; celle-ci nuit à la promptitude et à la dextérité.

S'enferrer, Ceci résulte de trop de luécipitation, de inaii-

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LKS ARMES.

vais principes reçus ; c’est se jeter sur l’épée sans l’avoir détournée de la üj^no.

Se couvrir. C’est tenir l’épée de l’adversaire hors ligne, soit à droite, soit à gauche, soit dessus, soit dessous. C'est se garantir toujours du coup droit, soit que l’on engage l’épée, que l’on pare, que l’on attaque, que l’on riposte, que l’on feinte d’une manière simple ou compliquée.

Se croiser. Défaut général consistant à porter son pied droit devant le gauche lorsqu’il doit être sur la ligne du talon gauche, en dehors, de manière à pouvoir se porter également en avant ou en arrière sans heurter le pied gauche.

Se loger. On se loge de beaucoup do manières, soit en approchant le pied gauche seul ou le pied droit seul, soit en avançant le haut du corps, en marchant ou en glissant son épée le plus près possible de son adversaire ; mais la manière la plus certaine est d’avancer le pied gauche seul.

Prendre le temps. Arrêter son adversaire sur des feintes trop larges, sur des absences d’épée, des dégagements, des menacés, etc., sur des mouvements d’épée faits en marchant ; le temps se prend lorsqu’il y a commencement d'exécution.

Tenue. C’est juger par le contact des deux lames et en maîtrisant, en quelque sorte l’épée de son adversaire, de son point de départ ; c’est le forcer, en le gênant, à chercher une autre position, et le saisir sur le mouvement qu’il opère. On ne pèse point sur l'épée, on la maintient.

Tromper, me parait devoir ètie employé lorsque l’on tend uu piège à son adversaire ; quand, par exemple, on feiut un

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désordre pour le faire marcher imprudemment. Mais s'il s’agit de mouvements d’épée, je crois plus rationnel de se servir du mot éviter.

Tirer dans le fer. C’est tirer dans une ligne où l’adversaire est couvert.

Tendre. Cela dérive, en général, du pressentiment que l’on a do l’impuissance de parer : Tendre son fer au hasard.

Tirer de pied ferme. C’est ne pas marcher ou rompre sur les attaques que l’on vous fait ; on peut cependant tirer de pied ferme apres une marche nécessaire, mais il faut qu’il se soit écoulé au moins le temps dont on aurait eu besoin pour parer si l’on avait été attaqué. Ainsi c’est ue pas rompre.

Tac-au-tac. C’est riposter à l'instant précis de la jonction des épées, sans appuyer sur le fer, lorsqu’on le rencontre en parant.

Voiles. Se jeter le corps à droite et à gauche ; elles ne s’emploient que contre des furieux.

RÉFLEXIONS SDR LES ARMES

E»l «luadam prodire teiiuüj si non datar ultra. (Uorat. Ep. lib. I.)

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RÉFLEXIONS SUR LES ARMES

Nous croyons opportun de placer ici les réflexions que nous avons faites sur l’art et la théorie des armes. Les premières conditions à observer dans l’exposé des règles d’une science sont la précision et la clarté. La réunion des préceptes et des réflexions ne pourrait servir qu’à jeter la confusion dans l’esprit des élèves. La théorie qne j’ai tracée convient aux personnes qui commencent l’escrime ; les réflexions s’adressent aux amateurs déjà habiles ou aux maîtres qui voudront bien les étudier.

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