L’ASSAUT
C’est mettre à exécution tout ce que le maître a dù vous enseigner. C’est simuler le combat à l’épée, et non pas le combat au fleuret, ce que l’on confond toujours; il y a beau-
THÉORIE
coup trop de gens qui ne voudraient pas faire à l’épée ce qu’ils font au fleuret.
Il y a deux genres d’assaut bien distincts ; l’un, celui que les grands maîtres ont toujours préféré et que j’ai dû adopter, est un assaut sans ambition, fait exprès pour se rendre compte de tous les moyens intellectuels ou physiques do l’adversaire, afin de les combattre avec succès.
On ne fait jamais ces sortes d’assaut sans que la lorce et l'expérience en retirent un profit certain.
L’autre manière est ambitieuse et n’a qu’une seule pensée, toucher bien ou mal, mais toucher ; c’est de là que sortent les mauvais jeux, ce qui multiplie les ferrailleurs et porte le dégoût chez les amateurs, par lesquels la grande question des armes est toujours traitée au point de vue le plus sérieux.
Tels sont les principes théoriques rassemblés avec le plus d’ordre et le plus de simplicité que j’aie pu employer. J’ai cherché avant tout à donner des explications claires et précises ; je n’ai point voulu surcharger de détails inutiles la mémoire de l’élève ou comprimer son intelligence sous le poids d’une multiplicité fatigante de préceptes superflus. Une théorie doit être lucide et brève avant tout, j’ai gardé pour les Réflexions les annotations d’un ordre plus élevé ; à l’écolier la théorie, à l’amateur plus instruit la seconde partie didactique de l’ouvrage, entre les mains de tous deux ma récompense, si j’ai pu conquérir leur double suffrage par mes leçons et l’intérêt de mes observations.
LKS ARMES.
ilo