DEMI-CERCLE EN LIANT
Le demi-cercle en liant est une parade qui a pour but de trouver l’épéo de l’adversaire dans l’une des trois lignes qui conduisent au corps; cette parade est une continuation circulaire du demi-cercle, et d’une importance telle que nous n’en comprendrions pas l’oubli.
Elle s’exécute en faisant décrire à la pointe (à partir du la garde de quarte), un demi-cercle tel qu’on le pratique ordinairement, puis ou continue la parade de façon à former encore une portion do cercle assez considérable avec laquelle, restant parfaitement couvert , on a la faculté de frapper l’adversaire. Ce dernier temps s’exécute en allongeant le bras pour loucher; il est considéré comme riposte du premier mouvement, dont on ne le sépare par aucun temps d'arrét.
Le demi-cercle en liant est fort utile au gaucher, qui l'emploie ordinairement d’une façon exceptionnelle, c’est-à-dire en le terminant toujours la main placée eu tierce, ce qui lui réussit; mais cette position est bien compromettante, elle expose au désarmement ; aussi les droitiers doivent-ils s’absle-
RÉFLEXIONS SLR LES ARMES
iiir de l’employer dans le cas do tierce sur tierce avec les gauchers.
Dans un moment de désordre en retraite, lorsqu’on ne sait plus où rencontrer le fer de l’ennemi, cette parade est alors celle qui offre le pins de sécurité, car elle a l’avantage de ramener la pointe au visage ou au corps de celui qui vous poursuit.
DE L’ENCHAINEMENT DES PARiVDES.
L’enchaînement trop prolongé des parades, dont on peut varier le nombre à l’infini en théorie, n’e.st bon qu’à rebuter les élèves, car on les effraye par la multiplicité des combinaisons, tandis que la pratique en démontre l’inutilité comme emploi.
Si l’on devait exécuter dix parades de suite, 'ce qui n’est jamais nécessaire, on ne devrait pas même employer les mots de combinaison cl d’enchaînement ; nous regardons comme une superfétation de parler d’un grand nombre de parades suivies que l’on n'effcctuo jamais.
Il serait mieux de commencer par dire : Il n'est jamais arrivé qu’on ait osé, dans une affaire grave, tromper six parades. Quant à moi, je puis affirmer qu’il ne m’est arrivé qu’une seule fois qu’on m’en ait trompé quatre faites sans interruption dans un assaut sérieux. J’ai dû conclure de ce fait, qu’on devait enseigner jusqu’à cinq ou six parades de suite sans s’interrompre, mais jamais trente. 11 y a des professeurs qui
RÉFLEXIONS SUR LES ARMES
ne croient pas cela et qui regardent comme un grand mérite d’en exécuter davantage.
La différence d’un tireur fort à un tireur faible consiste eu ce que le tireur fort calcule ses enchaînements d’épée et les motive, tandis que l’autre les fait au hasard ou pare les contres de quarte ou les contres de tierce à l’inCni, rencontrant alors bien ou mal l'épée, ce qui ne peut pas être autrement toutes les fois qu’il y a absence de calcul.
Une des causes qui empêchent cette multiplicité d’enchaînements de parades que nous. venons de blâmer, c’est que, par exemple, à partir de la garde de quarte, on pourrait employer comme variations ; 1“ deux fois le contre de quarte ; 2' deux fois le demi-cercle ; 3” contre de quarte et tierce ; 4* tierce et contre de tierce ; B® tierce et seconde; 6” demicercle et quarte; 'ï* tierce et quarte; 8° demi-cercle et seconde; 9° tierce et prime; 10° prime et seconde ; 11° prime et quarte ; 12' contre et prime ; 13° contre et demi-cercle ; 14* prime et contre de prime ; 15° demi-cercle et tierce, etc. Celte grande variation, sur deux parades seulement, prouve avec assez d’évidence, combien il serait difficile de tromper un tireur qui varierait ainsi. Que serait-ce donc sur une plus grande échelle ?