COUP DROIT
Le coup droit doit être lire un peu au-dessus du poignet et relativement au degré d’élévation auquel s’esl placé l’adversaire; l’on évite ainsi de tomber tout à fait sur le foit de son épée, et l’on a, dans la ligne de quarte, le pouvoir de tromper la hauteur du demi -cercle.
En prenant pour guide cet axiome géométrique : « La ligne » droite est le plus court chemin d’un point à un autre, » j’en
Rt'FLEXIONS SDR LES ARMES.
suis arrivé à dire que le coup droit est la meilleure attaque de l'art des armes.
Elle est la meilleure, parce qu’en armes comme en mathématiques il faut simplifier pour arriver silremenl au but.
Le coup droit est la fin de tous les coups et de toutes les phrases d’armes possibles ; c’est la base principale de toutes les attaques, c’est l’àme de la riposte.
Quelques tireurs, à partir de l’engagement de quarte dans les armes, tirent droit en tournant la main en tierce. Cette façon d’agir est fausse pour plusieurs raisons.
Elle expose à un désarmement ;
Le coup est irrégulier.
Dans la ligne de quarte principalement, il est bon de ne tourner la main, les ongles en l’air, qu’à la fin du coup ; la tenue d’épée se conserve mieux.
Les coups droits se font facilement sur des feintes trop multipliées, eu saisissant l’épée dans un de ses passages de feintes.
Le coup droit n’est pas seulement une action mécanique.
Je n’ai jamais compris que les maîtres disent si peu sur le coup droit. Le silence qu’ils gardent viendrait-il de ce qu’ils sont persuadés que ce coup ne peut tromper aucune parade?
Si l’adversaire a sa garde à une hauteur ordinaire, mais l’épée placée borizonlalement, et qu’il parc quarte dans cette môme ligne, il est facile de lui tromper cette parade en tirant droit avec la môme élévation. Sa garde est-elle mieux placée, c’est-à-dire la pointe plus haute, mais a-t-il le poignet beaucoup plus bas, il est bien simple de tirer droit sur son faible, et sa parade de quarte sera encore en défaut.
Si la garde est parfaite comme position du bras et de la
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lame, mais si la tenue est faible ou molle (ce qui arrive à tant de tireurs), on peut tirer droit.
Placé en garde de quarte ainsi que votre adversaire, si vous remarquez en lui l’habitude de parer le demi-cercle sur vos attaques, vous le toucherez certainement au moyen du coup droit tiré au-dessus de la ligne de sa parade.
Si, lorsque l’on tire droit, l’adversaire a l’habitude de changer l’épée en tierce, il est certain qu’à vitesse égale il sera touché. 11 y aura une raison de plus de toucher dans ce cas, s’il change l’épée en baissant sa main, car alors, nonseulement il n’aura pas eu le temps d’effectuer son contre, mais encore il n’aura pas eu assez de force dans la pointe de son épée pour arrêter celle de l’assaillant.
L’objection que l’on peut faire à ces deux théorèmes est celle-ci ; Vous tirez du fort au faible, vous trompez la hauteur. J’admets ces deux données -, mais si je touche malgré la parade, j’ai trompé votre intention, et si vous me contestez l’habileté avec laquelle j’ai su annuler votre parade, vous conviendrez au moins que j’ai trompé le tireur, résultat peut-être plus grand à mes yeux.
Certains tireurs laissent ouverte la ligne de quarte et s’empressent de la fermer quand on cherche à y pénétrer. S’ils reconnaissent que la tentative faite contre eux n’est qu’une feinte, ils reprennent leur première position. Vis-à-vis de pareils adversaires, je conseille l’emploi de la feinte du coup droit, et celle d’une retraite, en rassemblant les plus grands moyens d’impulsion pour porter ce même coup droit au moment où, plein de confiance, il se replace avec la garde découverte qu’il affecte.
RÉFLEXIONS SUR LES ARMES
COUP DROIT AVEC ABSENCE d’éPÉE.
En faisant précéder le coup droit de la plus imperceptible absence d’épée, on peut tromper beaucoup de parades. Trop modeste pour vouloir donner une leçon à mes confrères, mais assez sûr de moi-mèrae pour émettre mon avis, je citerai un seul exemple pour justifier mon assertion. — Étant engagé de quarte, vous jugez que sur votre attaque l’adversaire parera tierce, le demi-cercle, ou changera l’épée en tierce ; précédez votre coup droit d’une absence d’épée, vous toucherez très-bien. Enfin on lire droit même sur un coup droit.
Si dans l’enseignement les coups simples seulement doivent passer avant les faux-temps, dans un assaut sérieux, et surtout dans un duel, il est de la plus indispensable rigueur de commencer par employer ces derniers.