‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 100 sur 197 · RETENUE DU CORPS · texte numérisé non relu

RETENUE DU CORPS

Il n'existe pas de principe, quelque bon qu'il soit, que l'on puisse nommer infaillible pour réussir. Le génie peut seul donner la puissance qui procure le triomphe. 11 enseigne à disposer les éléments du combat; avec lui la marche est prudente , la retraite est préparée , les feintes sont savantes et les ripostes terribles. Or, on conçoit, si on accepte la définition de Ruffon : le génie ^ c'est le travail, combien la réflexion, en escrime, est préférable à des qualités purement physiques.

Ainsi le doigté est une qualité précieuse, mais elle n'est pas exclusive ; car je connais des tireurs qui, ne la possédant pas, sont cependant fort redoutables.

Les choses les plus simples, les plus compréhensibles, sont souvent celles qu'il faut le plus expliquer; les élàves sont des années à comprendre les avantages immenses que procure la retenue du corps. 11 faut, chez le professeur, une persévérance incessante pour leur faire saisir une vérité incontestable au premier examen. En effet, si l'on se fend toujours au premier mouvement,il est impossible d'en faire trois qui peuvent vous être nécessaires ; il y a même des tireurs dont le corps part avant le premier mouvement, et, chose incroyable, que je ne m'imaginerais jamais si je ne l'avais vue souvent, ce sont ceux-là qui, après avoir paré, marchent deux ou trois fois avant de riposter, lors même que leur adversaire est fendu ou se relève lentement.

Toutes les premières leçons doivent être données de manière que le bras ait entièrement terminé tout ce qu'il doit exécuter avant que le corps commence son développement. Lorsque l'on est certain d'effectuer les mouvements étant bien maître de son corps, alors on laisse un intervalle moins long entre le développement du bras et celui du corps, et enfin l'on arrive, lorsque l'on est fort, à exécuter ces deux mouvements avec une telle simultanéité , que l'œil le plus exercé a quelquefois de la peine à reconnaître si le principe a été bien observé (1).

(i) Pour bien faire comprendre la succession de ces deux mouvements, on se fend sur une porte, et l'on entend le coup touché avont le bruit d^ I01 sandale.

32S RÉFLEXIONS Sin LES ARM£S.

— Une des erreurs assez fréquentes que j'ai observées est celle dans laquelle tombeut certains tireurs, — Après une ou deux parades, manquant de retenue de corps. Us se fendent sans avoir trouvé Fépée. Us ignorent ou ils oublient que le tact du fer est le signal unique de la riposte* — Ces fautes graves, que le manque d'étude ou de réflexion fait naître, ont les conséquences les plus funestes*

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