RETRAITES
Les retraites sont de trois espèces :
l"" Les retraites de corps, mouvement instinctif;
2* La retraite après le développement ;
3* La retraite par les jambes pour se mettre hors de portée.
Les retraites sont bonnes, savoir :
Lorsque Ton se jette sur vous avec ambition ;
Lorsque Ton a mal jugé l'attaque, et qu'on se trouve surpris ;
Lorsque vous avez souffert un battement, un croisé qui a dérangé Tépée ou fatigué la main ; enfin quand les idées se troublent.
Multiplier les retraites est une faute, si elles n'ont point pour objet d'attirer l'ennemi dans un piège, en lui faisant croire que vous êtes en désordre ou que vous le craignez.
Il ne faut jamais se relever en jetant les épaules en arrière, attendu qu'il y a inconvénient à présenter le ventre à l'instant même où l'adversaire riposte ; il faut donc faire retraite par la force des jarrets et des reins. La flexion du jarret gauche doit précéder tous les autres mouvements.
On ne doit jamais se relever en changeant l'épée, à moins que l'on n'y soit obligé par une forte pression de l'adversaire ou que l'on ne soit convaincu que l'on est hors d'atteinte.
C'est une faute de faire trop souvent des retraites de corps ; en s'y confiant on pare avec négligence ou tout au moins on n'emploie pas toute l'activité dont on est susceptible, et la riposte manque de vigueur et d'à-propos.
Lorsqu'on s'est mis un peu trop près de l'adversaire ou qu'il a fait cette faute, il faut à l'instant même faire une retraite qui consiste à faire un pas en arrière ; cela se nomme aussi se mettre hors de mesure.
333 11ËPLEX10NS S13R LES ARUES.
A l^armée il n'est pas nécessaire d' avoir attaqué rcnïsetm pour faire une retraite ; c'est de môme en escrime, celte miniature de Fart de la guerre,
La reirai te doit être instantanée, et si quelque chose pou- Tait la précéder, ce serait la parade ; car celte dernière évite le coup de la riposte, tandis que la retraite n'a pas loujours cet avantage. Méditez ce conseil ; car, de près, les ripostes sont toujours terribles-
Lorsqu^on s'est défendu et qu'il faut se remettre en gard on se sert de deux locutions différentes : Faites votre retraite ou relevez-vous. Celte dernière est plus en usage.
Vouloir parer en restant fendu est une mauvaise méthode j car si Ton est louché, ne se relevant pas, le coup est presque toujours mortel. La parade doit protéger la retraite et celleci faciliter la parade. Loi^s môme qu'on a louché sur latlaquei il faut faire sa retraite, car ou ne doit pas se iîer à ce que Ton peut avoir produit» et je regarde cette mesure comme tellement importante que j'ai toujours conseillé, comme principe en duelj après une attaque touchée, non-seulement de se relever, mais encore de rompre un pas.
Nous regardons comme préférable la parade précédant la mise en retraite, car elle permet de tenir le faible de l'adversaire si celui-ci, selon les règles de l'escrime, se fendait pendant votre mouvement rétrograde. Cependant la parade, étant fendu, présente aussi des chances de succès, car l'ennemi ne peut se développer sur vous ; un pareil mouvement de sa part serait inutile ; il serait même une faute contre un homme qui se trouve rapproché de lui.
Bien qu'il soit mieux déparer et de se mettre en retraite, la
parade faite pendant le mouvement rétrograde n'a pas plus de chances de réussir que la parade étant fendu, car si l'on pare dans cette dernière position, l'adversaire ne se développe pas, parce que ce n'est pas admis et qu'il serait inutile de se fendre sur un homme qui est sur vous.
Si l'on se fend lorsque vous vous relevez, on a raison, et votre parade, faite en retraite, court vers le faible de l'adversaire.
La parade est la première nécessité de la retraite.
La parade simple doit être prise la première, après avoir attaqué. Comment, en effet, imaginer un contre exécuté étant fendu? ils ne peuvent se prendre qu'après ; j'en suis désolé pour ceux qui disent le contraire.
Je ne comprends pas qu'on recommande avec tant d'instance le changement d'épée en se relevant; je sais^bien qu'il pare la majeure partie des coups, mais il a le grand inconvénient de ne pas parer le coup droit, le plus dangereux de tous. Le changement d'épée est donc, dans ce cas, un très-mauvais moyen ; c'est peut-être pour cela qu'on y tient depuis si longtemps. Il n'est cependant pas absolument inutile de s'y exercer à la leçon, surtout lorsque l'on comprend bien le côté dangereux que j'ai expliqué. Mais ce que je recommande avec le plus d'instance et de conviction, c'est de bien comprendre qu'il ne faut jamais, dans cette action, que la pointe soit sur le fort de l'adversaire.
Il y a encore certaines gens qui trompent le changement d'épée, que l'assaillant fait à sa retraite, par un menacé droit dégagé; ils ne réfléchissent donc pas que le coup droit touche celui qui change l'épée à sa retraite (ainsi que je l'ai dit plus haut).
334 UÉFLIï*3tlOSS suit LES ABXES.
La retraile faite avec dessein et cléiHJitlre est uu excelWttl moyeu qui fuit tomber clans dm yiéges terribles rbomiiîts Np cuuQant :
Seyvont un beau désordrQ est uneîTetde l*art-
Après un coup porte ou donne le conseil suivant ; Pare? mu riposte après voua être remis en garde. 11 est plus avantageux de parer et riposler pendant le trajet do la retraite- U premier mode était suivi avautritiveuliondes masijues.
Quant au bond en arrière^ que j*euteuds préconiser comme moyen de sortir prompte me ut de rèlreinte de ladversairej il est peu pralicable,car ilexige certaines préparations de corpsj telles que le ploiement des jarrets^ clCj etc. Je vole dariû pour sou rejet.
Le jarret gaucbe et les hanches doivent être mis en œuvi pour se remettre en garde. 11 faut éviter do se relever des épaules; ce mouvement est à la fois long et dangereux, car il fait avancer le bas-ventre.