‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 104 sur 197 · MARCHES · texte numérisé non relu

MARCHES

L'élève doit frapper avec le pied en marchant, pour témoigner de sa sécurité.

Celui qui rompt peut avoir le projet d'attaquer dans la marche ou de se retirer parce qu'il a peur.

Veut-il tendre un piège, il n'osera pas tirer avec confiance vis-à-vis d'une marche ferme et imposante. Redoute-t-il, au contraire, une attaque, sa crainte redouble en voyant marcher d'après les préceptes que je viens de signaler.

11 ne faut marcher qu'au moment où la plus absolue nécessité le commande.

Dans les marches, le corps doit être ferme et la garde bien assurée. La pensée précède et indique la parade qu'il faut prendre en cas d'attaque.

Les marches et les retraites irrégulières, les attaques hors de portée ont leur origine dans l'inobservation des distances, faute grave chez ceux qui prétendent à quelques connaissances en escrime.

336 RÉPLËÏJOI^S SUA LES fi^UM,

Malgré lospoir ù'mm réussite cooiplèta avec les granâ lïiardies, j'ai loujôiu's insisté auprès d'uo élève pour qu*il suivit la roule opposée •

Marcber c'est anirer dans le danger. On comprend donck réserve avec laquelle on doil procéder, et la nécessité dV voir toujours présente Tidéo de la retraite lorsque les cooibiuaisuîis viennent à vous faire défaut.

TROMPER LÉPÊE.

On appelle feinte un mouvement d'épée qui a pour objet de détourner Tcsprit de l'adversaire de l'idée du coup que Ton veut lui porter* Par exemple : deux cooibaltauts sont engagés eu quarte, et dans un état d'immobililé qui, nécessairement doit ùtic rompu j aûu d'atteindre le but que l'uu et Tau- ^ tre se proposent.

Après avoir tiré un coup droit, une quarte basse ou un dégagement, sans avoir touché, il est indispensable dans ce cas de tenter d'autres moyens, et Ton passe du simple au composé, tel qu'un menacé dedans ou dessus les armes pour tirer de l'autre côté {Une^ Deux). On essaye ensuite le double menacé ou démonstration de la pointe en quarte dessus, quarte dedans pour tirer dessus ; ce double menacé est vulgairement nommé Une-Deux-Trois. Mais ces deux expressions de Une-Deux et Une-Deux-Ti^ois, consacrées aujourd'hui, m'ont toujours semblé d'une justesse équivoque.

En effet, Une-DeuXj n'est autre chose qu'un menacé dans une ligne pour tirer dans celle opposée, et Une-^Deux-

Trois^ n'est autre chose que la* feinte Une-Deux y pour tirer dans une ligne opposée à celle où Une-Deux a été parée.

11 faut en feintant avancer la nmin et toujours soutenir la pointe de l'épée. Il y a bien des nuances dans la manière de feinter ; ordinairement on suit une marche progressive dans les feintes en raison des distances à parcourir et du nombre de feintes à exécuter, en gardant assez d'élasticité pour déterminer vite sur le dernier temps. Quelquefois on fait de suite la première feinte très-étendue, très-menaçante, pour inquiéter fortement l'adversaire.

Il faut plus de retenue de corps, pour tromper l'épée, en ripostant qu'en attaquant ; car en avançant démesurément le corps, l'épée est trop engagée.

Lorsque l'adversaire est fendu, on ne doit pas chercher à le tromper par des feintes; on tomberait dans une faute grossière. S'il ne se relève pas assez vite, on riposte du tac au tac, plus souvent droit que dessous, et plutôt dessous que par des dégagements ou coupés.

Si l'on engage l'épée, on cherche le moyen d'éviter l'engagement ; mais si l'on engage dans le dessein de se faire tromper, on fera précéder l'attaque d'un petit battement, lors môme de l'engagement.

Les feintes doivent ôtre faites très-près de l'épée; plus elles ont de rectitude, moins elles embrassent d'étendue et donnent ainsi peu de prise au coup de temps.

Les coups simples sont de plus facile exécution et moins aventureux que les coups composés. La raison en est que plus les feintes sont multipliées, plus elles exigent de temps pour les former, el dans ce cas, il est possible qu'un homme

338 RÉFLEXIONS SCH Lt» AfiHES.

habile altoigne sou adversaire pendant que celui-ci aiarque sesfeiules, et môme plus à'un feiTailleur a obtenu, le hasanl s'en mêlant, un succès peu honorable saus doute, mais onfui un succès.

Une suite de teintes tentée sur un tireur qui ne prend pas le temps, doit réussir; on l'rbranlc et Von prnlile du désordre. Mais la difBcnlté est de s'assurer que radvermive m pari point sur tes mouvements, et ceci est le sujet d'uisL^ étude grave dont nous avons donné Faimlyse aux fam iempê.

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