‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 163 sur 197 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Les leçons de duel que ces gens-là dôiinetit, c*çst le comique, le bouffon inôlés à la tragédie.

Mais, me dira4-onj vous faites la critique d'un syslèîae qu'ils ont inventé, mis en pratique avec un certain succtîSj ce sont les premiers dans leur genre. Oui, j'en conviens ; mais faites bien attention que leur genre n'est pas le premier.

Oui, c'est une rude tâche que c^Ue que j'ai entreprise de vouloir seulement esquisser à grands traits le ridicule et les faux principes de ce que Ton vent appeler mie méthode, système parlant d'un point de dépail entièrement opposé au jugement le plus ordinaire, et cpie certains amateurs de la nouveauté et du paradoxe se sont conqjlu à soutenir. J'ose concevoir Fespéraiire quf^ devinât IN^xi^nsîfioïi dn ros denx méthodes, les personnes qui ont fatalement suivi la mauvaise y renonceront. Heureux si je puis voir les yeux se dessiller, et ramener aux véritables errements des maîtres habiles dont

réputation, car je vous trouve très-difficile; mais je vous jure sur l'honneur que si le hasard nous met un jour Tépée ^ la main vis-à-vis l'un de Tautrc^ je vous rirai au nez tout le temps, non par hravadQ ridicule, m^i parce que je suis on ne peut plus convaincu que vous ne feriez rien Tépée à la main de tout ce que vous et d'autres voulez hien nommer votre talent. »

On me croira facilement, puisqu'ils répondent à chaque reproche qu'on leur adresse au sujet de leur fausse méthode : « Mais^ monsieur, je ne ferais pas ce coup-là dans un duel. » Croyons cette naïveté, car j'ai connaissance de leurs duels : j'y ai vu celui qui a le jeu d'assaut dans les lignes basses passer dans les cheveux de l'adversaire, et celui qui a le jeu dans lei lignes hautes égratigner la cheville.

DEUX BfÉTHODES COMPARÉES. 471

j'ai suivi les théories, ceux qu'une erreur déplorable a pu en écarter môme depuis longtemps (1).

Nous ne voulons pas, devant les lecteurs auxquels s'adresse notre livre, relever les attaques de nos adversaires, attaques où le grotesque et le ridicule le disputent à la basse jalousie, nous savons combien les gens de goût repousseraient ces tristes calomnies, ces dénégations absurdes portant sur le talent contesté, les places obtenues, les récompenses méritées, alors que le public s'est prononcé, que les brevets font foi, et que les titres honorifiques sont concédés ouvertement. Basile, dont tant de gens suivent les maximes, a dit : Calomniez, il en restera toujours quelque chose ; cela est vrai, mais quelle position n'a pas été attaquée par la calomnie? Toutes les professions ont eu des détracteurs, et la jalousie semble être le partage de ces hommes qui peut-être n'ont pris le Dom d'artistes que pour avoir le droit de chercher à compromettre ce titre.

Laissons donc ces diatribes ignobles contre la vie privée, ces recherches honteuses sur le tarif de telle ou telle salle, sur les intérêts particuliers des individus ; nous devons épargner les dégoûts dont on nous abreuve à ceux qui veulent bien nous lire, à ceux qui, par leur bienveillance, nous dédommagent des maux que Ton veut nous faire.

(1) Quelques-uns de ces messieurs, dont je signale l'excellente méthode, sont convenus avec deux amateurs que jo dédaigne de nommer, do faire la critique de mon ouvrage; et ce que jo ne qualiiierai pas, cVstque cette critique est commencée deux mois avant la publication de mon livre.

Une partie de ces propos qui m*ont été rapportés, ont été tenus chez MM les princes Wolk, mes anciens élèves, dont Tamitiô et la bienveillance m*ont toujours été et me seront toujours si précieuses.

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Nous l'avons déjà dit, nous croyons à l'avenir glorieux des armes; répée, cette compagne fidèle de rhonime, qui garde son honneur ou qui le venge, ne deviendra jamais , malgré ceux qui en abusent, un morceau de fer ininleUigenL une barre dont le poids eu vous iouckant ludement vous démon^ trera la raison. Depuis plus de trois siècles on s'occupe acliveraent de rescrime, chaque jour le goût s'épure et le perfectionnement arrive. Nous avons fait bien des progrès depuis l'instant où Besnard écrivait qu'il ne fallait pas chercher du nouveau ; nous en ferons encore, malgré Tespéce de protestation contre toute nouvelle théorie par un écrivain plus moderne; la science marche, les obstacles ne peuvent rien contre elle. La France, depuis Tannée 1655, a tenu le premier rang dans Tari de rescrime, comme elle occupe la première place par la pureté de sa langue. Vainement les invasions étrangères ont tenté de dénaturer cetta clarté de langage qui fait notre richesse : Tunion de nos princes avec les filles des Médicis nous avait importé les tournures italiennes , nous avons fait bonne justice de ces prétendues richesses ; il en sera de même pour les bonnes démonstrations de l'art des armes ; la raison l'emportera sur les théories absurdes, et renseignement sortira plus fort et plus rationnel de la petite guerre qu'on a voulu lui faire. Non, jamais le bon sens du public ne pourra consentir à placer sur le rang de Saint-Georges, ce .modèle inimitable, des tireurs que la vigueur, la vitesse, les emportements et les nombreuses imprudences font préconiser par des hommes qui jugent avec indifférence ou avec l'esprit prévenu.

Cependant, et dt)t-on nous traiter de vieillard et nous re-

procher d'être laudator temporis actiy nous tious permettrons un conseil aux amateurs qui veulent bien fréquenter nos salles et nos assauts publics.

Ces amateurs sont de trois classes :

Les inhabiles, qui viennent juger des coups et applaudissent celui qui touche en dehors de toutes les règles et contre toutes les probabilités ;

Les connaisseurs, qui se passionnent pour tel ou tel moyen et repoussent tous les autres ;

Enfin, les véritables amateurs devenus coupables d'indifférence, peut-être à cause des mauvaises méthodes auxquelles ils répugnent, mais qui manquent d'énergie pour protester, comme on le faisait autrefois, contre un système défectueux et des exercices sans régularité.

C'est surtout à cette dernière catégorie que s'adressent nos reproches, ce sont eux que nous adjurons de nous venir en aide et de soutenir les efforts de cette ancienne école dont ils se glorifient à juste titre d'avoir été les disciples, et dont nous autres, ses défenseurs et ses représentants, nous maintiendrons les droits et les préceptes avec courage et persévérance. Eux seuls pourront exclure les assauts d'ambition au profit des assauts d'étude ; eux seuls pourront, en nous lisant, prononcer que ces réflexions sur un art qui a fait la principale étude de notre vie, n'ont été écrites que dans un but légitime de conservation d'une méthode justifiée par ses succès. Ils nous défendront contre le blâme ou Tanimadversion qu'elles exciteront peut-être , et lorsqu'on leur présence on voudra prononcer contre nous, ils pourront nous encourager à dire

PEUX MftrnODE^ COMPàltlS.

comme Galilée dans sa prison : E pur $i muùve ! Et cepeiidani elle tourne l

On comprend bien qu'il n'entre pas dans notre esprit de faire uîi rapprochement entre Fillustre tlisciple de Coperoie et rhumlile auteur du livre que je termine ; mais la rériiée$t une, elle a ses ennemi.^; le memùnge est multiple^ et fer* r eut a $es partisans.

J*ai toujours craint d'Iodîgner la nûMB,

Avec la malheureuse imperfection inhérente à la race humaine, nous concevons jusqu'à un certain point que la gratitude soit quelquefois un fardeau un peu lourd ; mais lorsque muni seulement de quelques recommandations bienveillantes on trouve dans une nation étrangère un accueil rempli d'hospitalité généreuse, alors on aime à répondre hautement à ces honorables témoignages de sympathies ; on est heureux de reconnaître et de publier que, mettant de côté tout petit sentiment de nationalité jalouse, une contrée lointaine vous a gracieusement adopté et permis d'entrer dans ses rangs en vous faisant une place large et en vous ouvrant une voie facile vers le but auquel vous tendiez.

Animé des plus vifs et des plus respectueux sentiments de reconnaissance envers l'auguste monarque auquel le ciel a confié le bonheur et les destinées de la Russie, et qui n'a pas dédaigné d'agréer la dédicace du livre que je publie aujour-* d'hui (1), je revoyais les dernières épreuves, lorsque je trou-

(1) s. M. Tempereur de Russie a daigné recevoir, en 1837, le manuscrit que j*ai eu Thonneur de Boumettre à son auguste approbation.

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vai^ par hasard , un ouvrage iuUtulé ; Ttùilê de la contre pointe. J'appris que cette œuvre, éditée dans le pays où f ai reçu les lémoignages les plus doux et les plus flatleurs de bîei veillauce, ëlait soumise à la haute iipinubatioii du souvcraîi de la^raïide nation russe,

La connaissance profonde que je possédais du savoir Tauleur de la Contre-pointe nie Qt éprouver un singidier étonnemeut en voyant ce traite écrit par un homme apte peul être k exercer n'importe quelle profession^ excepté celle de Tosorimej qu'il exploita cependant avec avanlagi) pour hj mais auquel il manque selon Topinion de tous ceux qui connaissent, une qualité essentielle pour discuter un pareil sujet, celle de bierr cou naître rarnie dont il enseipe la pri tique etexpliijue la théorie.

Je me crus donc obligé d'analyser cet ouvrage, entouré tout le luxe que la typographie moderne peut inventer et dont la richesse extérieurtî, malgré son éclat, ne peut parvenir à déguiser la pauvreté du texte. Or^ je le déclare sans haine et sans passion, dans le très-minime nombre de pages aui^iiel les dessins, les vignettes et les grandes marges laissent si pea de place pour le double texte russe et français^ nous avons trouvé de grandes et fréquentes erreurs à àtgnaler. Nous àé* rons impartial ; la différence de position, l'éloîgneioËèQf ^ uous sépare, notre esprit^ de modération, nous^ enïjpèeliisÉllf d'être injustes.

La nation russe renferme de mflg:ùifiques éléments dPoi^^ nisation militaire ; le grand Frédéric disait des soldats russes de son temps : ce Après les avoir tués, il faut les pousser poor qu'ils tombent. » Supposez l'adresse chez de tels honiÉâ!^

LE SABRE. 47d

que ne fcront-il pas ! Mais donner sérieusement des leçons de sabre et d'épée, former des professeurs d'escrime pour l'armée, cela est plus difficile qu'on ne le croit à Saint-Pétersbourg.

Trouvant faciles à surmonter les difficultés que présente l'enseignement rationnel et logique de rescrime^ l'auteur de la Contre-pointe a bien voulu former des maîtres pour la garde impériale et daigné publier un livre, qui, dit-il avec une modestie égale à son talent, doit être le guide des officiers généraux.

Prendre corps à corps tous les errements de l'auteur, le suivre dans tous ses détails, relever une à une les erreurs qu'il renferme, serait un travail aussi long que fatigant ; il est une autre raison qui m'impose des bornes dans ma critique : le nom du glorieux souverain auquel cette œuvre incohérente a été présentée, m'inspire trop de respect pour que j'ose venir jeter à la face de l'écrivain les noms d'inhabile et de présomptueux.

Cependant le souvenir de toutes les bontés dont j'ai été l'objet, la gratitude envers mes nobles protecteurs, mes nombreux élèves, me font une loi de ne pas garder le silence, et de discuter la valeur des assertions d'un homme qui, pendant les dix années de mon séjour en Russie, a observé le silence le plus complet et tenu la conduite la plus scrupuleusement réservée lorsque notre profession devait nous réunir et mettre en présence celui qui s'intitulait le premier professeur de l'empire, et l'artiste français qui venait soumettre le fruit de ses études aux amateurs de la noble science de l'escrime.

Selon nous, la première condition à laquelle un auteur doit

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obéir est celle de dumiei une définition exacte 7u sujet qu'il traite. Nous aurions donc dû pouvoir lire : J'enseigne la manière de se défendre contre la pointe ; et rhomme qtii a éaidié ioîUes les gardes connues, mirait bi^u fait de remarquer l'insufGsance de celle qu'il conseille a ses élèves, car^ engagé de tierce avec la lame en ligne de l'œil, ainsi qu'il le veut, ou esl éminemment vulnérable^ le bras ni Farrae ne couvrent I0corps, La ligne droite seule peut garantir celui qui la con* serve, et quand la main tient le sabre engagé de tierce^ la pointe doit se trouver au défaut de Tœil gauche.

Si j'avais Thonneur d'être choisi pour former des maîtres d'escrime pour la Garde d'un des plus puissants souverains du monde, je chercherais, avant tout, à rendre mon enseignement rationnel et raisonnable ; parez et frappez, telle serait 01a devise* Je ne débuterais pas en disant que la double détente est bonne pour le sabre et ne s'emploie pas avec 1 epée. L'usage de cette attaque, que je qualiQe à juste titre de pratique détestable, peut être admise, avec, une grande restriction dans une salle ; mais dans un duel, où, pour combattre un adversaire qui conserve une longue distance, on doit avancer, prêt à parer, se servir de la double détente est le propre d'un insensé ou d'un homme complètement étranger à Part de l'escrime. Vous comprenez alors que Terreur du maître qui expose cette théorie sur la double détente, est une erreur bien grave.

. Cinq gravures sur les gardes illustrent ce traité de la contre-pointe; nous y trouvons la garde haute et basse de l'espadon, celle du hongrois, du déterminé, môme celle du montagnard écossais; mais de TeiBcacité de ces défenses ou de ces

positions, on ne rencontre pas un mot. Chez l'auteur de ce livre soumis à une haute approbation, le professeur s'efface devant le chroniqueur. Raconter n'est pas enseigner, et en vous lisant, s'acquiert cette conviction, que l'on arrive quelquefois à être plaisant avec les choses les plus graves. En effet, quand vous nous décrivez toutes ces gardes de l'espadon, du déterminé et de l'écossais ; n'avez-vous donc pas à dire : La garde basse de l'espadon n'est pas bonne, car pour couvrir sa jambe, on découvre sa tête et son corps. — La garde haute est ridicule, car on est singulièrement ramassé la tête couverte par l'épaule, position anormale et contraire à toutes les règles pour exécuter un mouvement. Que deviendrait, en effet, celui qui conserve cette garde devant une feinte de coup de pointe en seconde pour tirer dessus un coup de figure ou un coup de pointe ? — On touchera toujours plus vite en menaçant et en tirant dans les lignes horizontales, que le pareur obligé de parcourir des lignes circulaires de bas en haut avec le sabre, arme qui toujours doit fatiguer et entraîner la main.

La garde du déterminé peut conduire à recevoir un coup de pointe dans le bras ; l'élan du coup est alors arrêté. La fausse attaque déterminerait aussi un mouvement de main qui dérangerait la position et laisserait à découvert l'homme qui se croit ainsi garanti. — Un professeur devrait dire ces choses que nous signalons, son ouvrage ne serait pas alors dépourvu d'intérêt.

|gj ^^^ LE SJtMKJ^.

LE coin» DK MANCIlEnE.

C'est un désaimemeut, il force radversaire à laisser échap* |ier son arme. Vous dites : Enga{i!i^ de quarte, on reflféclutî en dehors, par la moyeu d'uiî eereie décrit au-dessus de la pointe de remiemi. Or, votre lecou manque de logique, car pendant ce mouvement circulaire, on peut vous porter a vousmême ce coup de manchette et même un coup dmil, La contrc-pointe, el vous on avez bien mal à propos négligé la dé- Onilionj étant, rappeIez-vous-lt% l'aride se défendre conire ta pointe, il faut pour opérer le désarmement ou éviler la moil par le coup droit, passer le sabre par la ligne la ptu$ directe ; pcrmetloz-nous ce conseil et proûtez-en.

LE COUP DE RUNCHETTE DTM^RS, ^

^ Ce mouvement se fait, dites-vous, en formant un cerclp eptier avec son sabre ; ce moyen expose certainement plus que de baisser (à partir de la garde de tierce) la poiq^ de votre sabre sous la garde de l'adversaire, puis dans cette position dç donner le coup de manchettç d'envers. En suivant ce principe, que je suis beyreux dfi pouvpj^ vous présenter, on a même la facilité de pouvoir donner le coup ç^e manchette en dehors et en dedans et d'inquiétçr du coi|p c|fi pointe.

Vous ajoutez que ces coups ont l'avantage de se tirer sans se fendre, mais on ne peut pas dire cela, car il est facile de

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faire lous les coups de près et de loin. La seule cause déterminante est de savoir si l'adversaire est fendu ou relevé ; c'est une question de distance, et si l'on voulait faire les coups sans se fendre, alors on serait trop près de son adversaire, ce qui est une faute. Faut-il donc tout vous dire?

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