‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 191 sur 197 · APRÈS LA LECTURE DE SON MANUSCRIT · texte numérisé non relu

APRÈS LA LECTURE DE SON MANUSCRIT

-<ôc3fe:*'-

Oui, tout homme d'honneur qui reçoit une oifense Ne voit dans le duel qu'une juste défense ; Si l'insolente main qui joue avec l'affront Imprime, sans motif, la rougeur à son front j Ou si la calomnie, à l'ombre du mystère, Fait planer sur sa couche un soupçon adultère; Ou si brutalement d'odieux agresseurs

Il n'invoquera point le timbre de l'huissier Pour blanchir son honneur sous Fencre d'un doss Juges, montrez encore aux combattants rebelles Le vieux ëdit royal qui frappa Deschapelles, Convoquez par la voix de nos gardes des sceaux La haute cour, avec sa hache et ses faisceaux. Rien n'intimidera cet homme; son ëpee, Jaillissant du fourreau devant Thëmis trompée, Lui dira : Laisse-moi ressaisir de ma main Mon honneur aujourd'hui, prends ma tête demain!

Mais le duel admis, il faut qu'un code sage En extirpe l'abus, en modère l'usage :

A de nouvelles mœurs demandons d'autres lois.

LETÏHE A M. (iHiSItIH. , 577

Ne vont plus établir des joutes éternelles

Sur un terrain funèbre, embelli de cyprès^

Entre la Tour de Nesle et Saint-Germain des Prés.

Après un bal, fécond en folles équipées.

Leurs chapeaux sous le bras, à la main leurs épées.

Nos marquis ne vont plus se battre au premier sang

Devant une lanterne empruntée au paissant.

Le spadassin n'est plus qu'un être fantastique :

Le soir, dans les récits du foyer domestique,

On dépeint aux enfants sa hideuse beauté j

L'aile de son chapeau planant sur le côté ;

Le sourire agresseur qui gonflait sa narine ;

L'effrayant relief de sa rauque poitrine,

Et, sur les boulevards, son gigantesque pas

Labourant les piétons qui ne reculaient pas.

On nous les montre encor, mais peints, en effigie.

Comme des suppléments à la mythologie.

Ou bien comme ces sphinx, ces lutins, ces griffons.

Accroupis aux chcnels, ou tordus aux plafonds.

Ti

Maître, votre parole annonce d'autres lois. Il faut de ses excès sauver l'honneur lui-même. Il faut, qu'à voire voix un tribunal suprême Décide noblement si l'injure ou Faifront Vaut le sang et les pleurs qui demain couleront. Il faut qu'en entendant sonner la dernière lieun Du malheureux enfant qu'une famille pleure, Aucun témoin n'ajoute un faisceau de remords Au cortège qui monte à la ville des morts. Et surtout que la voix et le code du maître, Sur le terrain fatal oii le deuil va paraître, Proscrivent, pour sauver un amer repentir, L'arme qui change un homme en mannequin di Elle a sans doute eu elle un charme qui nous te

Page 1