‹ Les armes et le duel, ouvrage agrééChapitre 192 sur 197 · LETTRE A M. GRISIER · texte numérisé non relu

LETTRE A M. GRISIER

Pour gagner des paris sans un crêpe de deuil. Oui, rarme del' honneur, en France, est toujours relie Qui jaillit du fourreau, dans la main étincelle, Tombe comme la foudre, et puis, au même instatit. Se change en bouclier aux doigts du combattant : L'arme qui fait bondir le cœur, et continué Un bras nerveux, visant une poitrine nue ; T/arme qui trahissait Achille, quand sa main L'étreignant, d'Ilion indiquait le chemin : Elle ne donne point, lorsque l'honneur l'invoque, A la peur résignée un courage équivoque ; Celui qui, sans pâlir, dans le moment fatal Darde, avec son épée, un bras horizontal, Des assauts de l'école élève encor novice, A souvent triomphé sur la sanglante lice; Et l'écolier, quittant le masque et le plastron. Intrépide, doit vaincre un Saint-Georges poltron.

Un jour, quand le bon sens chez nous sera de mode^

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On verra triompher partoiiti avec ce code^ L'ëquitë de rhonneur^ et le principe humain Qui d'un bonheur fatal peut absoudre une main. Maître^ rautorité de vos nobles paroles A déjà retenti dans toutes nos écoles j Et tout homme de cœur attend ces justes lois. Écrites dans le livre, ëclio de votre voix : Ija main qui le signa peut nous montrer eucore Avec un digne orgueil le coup qui la de'core; Un jour elle brisa le lleiirel innocent, (l/enncmi sous nos murs se levait menaçant, La grande capitale était enveloppée) A Tarsenal de guerre elle saisit l'e'pce, Et combattit pour nous, dans ce jour de terreur Qui vit tomber sur lui l'Empire et l'Empereur (1).

(1) M. Grisior peut montrer la plus honorable dos cicatrices à sa main droite; c'est à cette glorieuse blessure que mes vers font allusion. En 1815, lorsque les alliés nous livrèrent une dernière bataille, sous les muis de Paiis, M. Grisier élait aux premiers rangs de nos défenseurs.

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Avec le souvenir que tant de deuil nous laisse, Nous sommes fiers de voir ce titre de noblesse Sur la main qui présente un code où sont ecrit5[crils. Ces droits que l'honneur donne et que rien n*a pres-

Paris, Novembre i846.

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LETTRKS A M. «HISIKR. *i83

My Dearbst,

Je viens de lire avec un bien vif plaisir le manuscrit que vous m'avez confié, et vous le renvoie avec mes sincères remerciements.

Vous m'avez rendu un véritable service, car vous m'avez réconcilié avec les ouvragés didactiques. J'ai été, comme tous mes contemporains, la victime de ce que l'on nomme l'enseignement universitaire, et Dieu sait quelle indigeste pâture est ce que l'on nomme le Pabtilum animi. Tenez, je m'y laisse encore prendre, et j'écris des mots latins. Il est vrai que j'ai une excuse auprès de vous, j'ai rencontré d'heureuses et savantes citations dignes en un mot du livre dans lequel elles sont placées.

II y a bien longtemps, mon cher maître, que j'ai entendu prononcer votre nom pour la première fois, j'étais loin de me douter, en Tan de grâce 1820, que j'aurais le plaisir de me rencontrer vingt-six ans plus tard avec vous, et que ce même Grisier, dont je prononçais le nom dans un couplet retraçant la Journée d'un dandy de l'époque, était celui que j'aurais un jour à complimenter comme auteur d'un ouvrage aussi sagement pensé qu'élégamment écrit , aussi profond et instructif que plein d'intérêt et de charme.

Avant de rne trouver réuni k xom, avant d'avoir pu en pressant avec syrnpalhie votre main nohloinenl nnitiloe ilaiis k mienne, qui répandit avec tant irafTeclion ii votre chaleureuse étreinte, j*uvais eu encore un souvenir de celui que je ne cou* naissais que par \ Oracle de In Mode^ Un de ïms amis communs , riiomnie que nous aimons tous deux également, Alexandre Dumas, m'avait rappelé deux fois votre nom, aujourd'hui si glorieux et désormais impérissable, car votre enfant d'adoption j notre bon Eugène, en soutieudra dignement l'éclat, j*en ai la conviction, et tout IWis partage ma croyance. Il s est appliqué, grâce à vos enseignements précieux et de chaque jour, la devise : Noblesse oblige. Il gaidera son cri d'armes.

Alexandre avait publié Pmdhieei ces fameux Mémoires d'un maître d^armes. que Janin vous reproche toujours d'avoir donnés. J'étais alors au nombre de ces aventureux soldats que le coup d'éventail donné par Hussein-Dey à M. Deval, avait jetés sur la plage africaine. Dans la subdivision d'Oran, la fermeté du général Boyer nous avait procuré quelques loisirs, et loin de la France, nous nous reportions au souvenir du pays en lisant les œuvres de ceux qu'il salue avec orgueil du nom de grands poètes et de grands écrivains.

Vous savez, mon ami, combien j'admire Dumas, vous m'avez vu pour ainsi dire suspendu à ses lèvres, lorsque de sa bouche éloquente découlent ces phrases harmonieuses, ces mots partant du cœur et allant droit à rame ; vous devez donc penser que sous l'ornière du figuier de Barbarie, ou sous la tente, je

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