LIEMENT D'ÉPÉE
Le liement s'exécute sur une épée dont on maîtrise le faible. L'exemple suivant donnera la manière de l'exécuter ; supposons-nous engagés en tierce, sans quitter le fer, je l'entraîne avec le fort de ma lame en décrivant un cercle et eu le ramenant au point où il était. Cette explication suffit pour faire comprendre comment on doit l'exécuter dans les autres lignes.
On peut employer le liement comme piège pour donner l'idée à l'adversaire de le tromper en doublant le dégagement; par ce moyen, on se ménage une parade et une riposte également brillantes. — On peut aussi lier l'épée pour terminer par un coup d'attaque quelconque ; mais alors , si l'on veut terminer par un coup droit, on doit étendre son bras vers l'adversaire dans l'action de lier l'épée.
ABSENCE D'ÉPÉE. APPAT.
Les attaques à l'épée demandent la rencontre ou le contact
252 LES ARIOES.
du fer ennemi ; l'appât et l'absenee d'épée ne deyraient donc pas rigoureusement être classés parmi ces mou?ements, mais comme ces pièges tendus à Tadfersaire sont plos efiicaces après une tenue rigide de l'arme qui vous est opposée, je n'hésite pas à les placer ici tous deux.
Lorsque l'adversaire a une tenue d'épée qui fatigué, et que Ton a déjà remarqué qu'il se livre principalement aux parades simples, c'est alors que l'absence d'épée est du meilleur effet. Elle s'exécute en quittant Hû peu l'épée ennemie de la pointe seulement, puis en portant immédiatement le coup droit : ce coup donne le change et trompe parfaitement Ita^parades simples. Il est préférable à Une-Deux i il est moins long à exécuter.
L'appât est pour les tireurs inexpérimentés une grande place que l'on offre pour les engagera y tirer ; mais, pour les adversaires habiles, c'est un petit jour qu'on laisse comme par négligence et dans lequel ils croient pouvoir pénétrer sans danger. Si le piège est bien tendu, ou peut faire une parade et une riposte d'autant plus brillantes qu'elles auront été prévues; ou l'on peut prendre un coup de temps en saisissant une meilleure position.
On peut employer cette ruse avec des préparations simples ou dans les feintes compliquées ; ainsi je marque lentement Une-Deux-Trois, et j'attends sur chacun de ces mouvements, ou je laisse du jour, afin que l'ennemi veuille en profiter.
L'appât et l'absence d'épée présentent une différence notable. L'absence d'épée offre constamment un jour, l'appât ne nécessite pas toujours cette circonstance.
Ainsi, entre autres exemples, je menace d'un coup droit en élevant la main et baissant la pointe vers le fort de Tadversaire> il est amené à tirer le coup de flanconnade. Je profite de ce mouvement que j'ai préparé ; voici un piège ou un
PARADES COMPUQUÉES.
L'homme trouve instinctivement une parade plus ou moins bonne, plus ou moins à propos cc/htre les coups qu'on lui porte ; de m dérivent les parades compliquées. Je vais en citer quelques exemples.
On m'attaque d'un coup dessous porté en dehors des armes, je pare seconde ; on me fait une feinte dessous pour tirer dessus, je pare seconde et tierce, ou seconde et prime.
Si l'on m'attaque par un doublé, je pare contre et simple ou double contre, selon la position ou la vitesse que je suppose à Tépée ennemie. Ainsi, comme on le voit, ce sont les feintes de l'adversaire qui m'obligent à toutes les parades successives, attendu qu'il est de la plus haute importance de ne pas se fendre si l'on n'a pas rencontré et bien saisi Tépée.
Je conviens qu'il est bon de multiplier ses parades, mais il faut aussi leur donner une variété telle que l'adversaire ne puisse lire dans votre jeu ou vos combinaisons. Ainsi, j'établis une variation sur des feintes faites pour m'inquiéter. Je commence, étant en garde de quarte, par parer le double contre, puis le contre et le demi-cercle, et le contre stuivi
SBi LU
d'une parade aimple , puis le demh-eerole et le eerole, A varié encore par le demi-eerole et quarte, le demÎH^ercte et seconde, etc., etc.
On ne finirait pas si Ton voulait dooner iei Pénmnéntioii de toutes ces variétés de parades prises de toutes les positions et sur des chiffres plus ou moins élevés, car ici H n'y a variation que sur deux parades ; f ai doncdA me bornera Texemple qui précède.
Ce principe de variation de parades est sorlout profitable à rbomme de petite taille, qui ne peut jamais combattre on adversaire plus grand que lui sans gs^er la Hiesare (ce qui doit toujours être fait à petits pas). Le tireur de haute taille de son c6té ne sera jamais assez imprudent pour laisser appro* cber un homme inférieur à lui en grandeur.