‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiques (volume 2)Chapitre 128 sur 157 · ACADÉMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS ET RELLES-LETTRES · texte numérisé non relu

ACADÉMIE ROYALE DES INSCRIPTIONS ET RELLES-LETTRES

SÉAiNCK DU VENDREDI (i SEPTEAIBUE 1816.

Présents: MM. Daunou. Clavier. Letronne, Gail, Waickenaè'r, Enieric David, Abel K('musat, Gossellin, Vanderbourg, Pastoret, Visconti, Langlès, Bernardi, (^aussin, Barbie du Bocage. Briai, Ainaury-Duval, Mollevault, Chezy, Quatremère (Etienne], Silveslre de Sacy. Boissonade, Dacier, Quatremère de Quincy. Baoul-Bochette. Petil-Badel, Millin.

Extrait du procès-verbal.

M. le secrétaire perpétuel communique une lettre qui lui a été écrite par M. le Préfet de la Seine, par laquelle il le prie de mettre sous les yeux de l'Académie le projet des armoiries de la Ville de Paris, dessiné par M. Molinos, et de lui faire connaître l'opinion de l'Académie sur ce projet. Cette demande avait été faite par M. Walckenaër dans la séance précédente, et renvoyée à la connnission des inscriptions et mc'dailles, qui en fera son rapport dans la prochaine séance.

SÉANCE DU VENDREDI l3 SEPTEMBRE iHlfi.

Présents: MM. Brial, Gossellin, Amaury-Duval, Letronne, Pastoret, Pelit-Badel, Walkenaër. Clavier, Daunou, Millin, Bernardi, Abel Bémusat, Vanderbourg, Caussin, Boissonade, Visconti, Emeric David, Barbié- Dubocage, Baoul-Bochelte, Langlès, Chezy, Quatremère de Quincy, de Gerando, Et. Quatremère, Dacier.

Exlrail du procès-verbal.

M. Petit-Badel, au nom de la commission des inscriptions et médailbis, fait un rapport sur le dessin des armoiries de la Ville de Paris, sur lequel le Préfet de la Seine a consulté l'Académie.

L'Académie ayant renvoyé à sa commission i'examen du projet d armoiries que la Ville de Paris se propose de demander au Roi, elle a chargé un de ses membres de rédiger ainsi (|u'il suit les observations faites sur le dessin présenté à l'Académie :

\jh commission est entièrement de l'avis de ceux de ses membres qui désapprouvent jdiisieurs des accessoires ajoutés à ces armoiries comme circonstances ou comme support, tels que la main qui termine le caducée, le chapiteau, la [)alette, la tête de Minerve et l'écrevisse, qui surchargent cette composition. Elle n'approuve pas non plus la pose perpendiculaire de la figure destinée à caractériser la Seine, qui d'ailleurs, comme fleuve, doit être représentée par la figure d'un homme.

Si M. le Préfet désire que les armoiries soient accompagnées de quelques accessoires , ils doivent être en petit nombre, et ajustés de manière que la couronne tourrelée repose immédiatement sur l'écu et n'en soit pas séparée par un fleuron, ce qui n'est point con- Inrme aux usages héraldiques.

En général, la commission pense que tout ce que l'on pourra vouloir ajuster aux armoiries doit être composé avec beaucoup de simplicité , pour faciliter l'exécution des sceaux e( pour que tous ces objets soient aisés à reconnaître, surtout dans les sceaux de la moindre dimension.

La commission partage également l'avis manifesté par (juelques-uns de nos confrères sur In forme du vaisseau, qui est reconnu pour être la pièce la plus ancienne des armoiries de la Ville. Un vaisseau de ligne n'ayant jamais pu faire partie des armoiries originaires, il paraîtrait naturel d'examiner s'il est convenable de reproduire de nouveau un navire à trois ponis, et cela par la seule raison que dans les derniers temps il était ainsi blasonné.

La commission croit devoir observer que les exemples immédiatement antérieurs ne pourraient servir de règle qu'autant qu'ils n'auraient jamais été contestés et qu'il n'existerail aucun type ancien ([ui pût fournir une meilleure autorité. Or, dans la planche des antiquités trouvées à Noire-Dame, qui est au commencement du i" volume de YHistoire de la Ville de Paris, par Félibien, on voit comment étaient composées les armes de cette ville dans les plus anciens sceaux connus.

Le sceau de la «marchandise de l'eau de Paris» (telle est la diction de la légende) se composait d'une barque marchande dont une (Extrémité était contournée en volute, ce qui est remarquable , attendu que cette particularité n'est plus en usage depuis un temps immémorial dans la construction des bateaux plats dont on se sert aujourd'hui pour la navigation de la Seine.

L'auteur de la dissertation sur l'origine de l'Hôtel de Ville fait remonter l'usage de ces deux sceaux au temps de saint Louis, suivant les preuves qu'il en apporte, et même au delà, comme il paraît l'avoir conjecturé judicieusement. Voici comme il raisonne sur ces sceaux :

'^Y voit-on un vaisseau tel qu'on le dépeint aujourd'hui dans les armoiries de la Ville ftde Paris et conforme à l'idée que nos auteurs nous en donnent en l'appellant toujours et de ce nom. c'est-à-dire un vaisseau proprement dit, équippé de toutes ses voiles et de

Section \ . page xxxvi.

•f tous ses agrels? Rien moins que cela. Les peintres et les sculpteurs ne se sont (loiiin'' retlc «licence que dans les derniers temps. Sous saint Louis, les armes de la Ville n'étaient |tas encore figurées de la sorte. Je ne vois sur notre sceau, continue l'auteur de la disserla- " tion, qu'une sorte de nef ou bâtiment simple et léger jjropre au commerce sur les rivières. ;ï qu'une véritable barque de marchand »

A l'appui des exemples apportés dans la dissertation de M. Leroy, contrôleur des lentes à l'Hôtel de Ville, en 1729, on peut observer que le peintre Hallé s'est confornu' à ce type dans le dessin de la gravure placée en tète de l'Histoire de la Ville, par Félibii'u. Kii efl'et, dans une scène gauloise des anciens Parisis, il a eu soin de ligurer les barques tournées en volutes comme dans l'ancien sceau. On peut ajouter qu'on se sou\ient d'avou' vu. il y a plus de trente ans, sur la table d'un festin donné à l'Hôtel de Ville par les l'-clievins, plusieurs anciens vases de cuivre doré qui servaient de surtout et qui avaient la même forme que la nef représentée dans le sceau en question. 11 existe encore d'anciens échevins (pn' peuvent se rappeler cette particularité.

La commission, en faisant observer qu'il pouvait être convenable de retracer fidèlement dans les armoiries projetées l'ancien sceau gravé dans l'ouvrage de Félibien, surtout lorsqu'il y a déjà près d'un siècle qu'un des principaux otïïciers de la Ville réclamait contre l'usage contraire, n'entend pas consacrer, par son opinion, les conjectures publiées en divers temps sur les rapports isiaques du symbole de la nef; mais il lui parait qu'en conservant l'ancienne composition, par la seule raison qu'elle était telle au temps de saint Louis, on perpétuerait au moins un type originaire qui pourrait servir à des recherches ultérieures, s'il arrivait qu'on découvrît quelque monument analogue, et qu'on se conformerait à l'usage assez généralement observé de ne rien changer aux pièces des armoiries et de respecter leur ancienne forme.

Si l'on admet ce principe, que dans la composition projetée des armoiries de la Ville «>u doive demeurer fidèle au type originaire, il faudra observer que dans ce type les lleiirs de lis ne sont point en chef, mais semées sans nombre dans un champ beaucoup plus grand et probablement en champ d'azur. L'auteur de la dissertation en fait lui-même ia remarque Aussi, dans les armoiries de la Vaille qui sont gravées partout, les llours de lis sont-elles beaucoup plus nombreuses que dans le dessin proposé, qui les réduit presipic à trois, ce ([ui forme une non-convenance qui ne manquerait pas d'être relevée par les pi-rsonnes instruites dans les règles du blason, à cause de l'affectation ([u'on poun ait supposer d'avoir voulu se rapprocher des armes de France et de celles des familles (jui ont oblcnu des fleurs de li-; dans leurs armoiries.

Le rapport est adopté et sera adressé à M. le Préfet pai- M. le secnHaire.

Seclion \l, pnpo — P.'i^jes \i,iv cl \lv.

APPENDICE LXl.

(Voir foniR I, page i53, note 6.)

Projris (]' armoiries pour hi Ville de Paris.

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