‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiques (volume 2)Chapitre 142 sur 157 · DE CE QU'EST SIGNIFIE PAR LES COCLEDRS BI-\NC ET RI.EU · texte numérisé non relu

DE CE QU'EST SIGNIFIE PAR LES COCLEDRS BI-\NC ET RI.EU

Le blanc doncques signifie joie, soulas et liesse : et non à tort le signifie, mais à droict et juste titre. Ce que vous pourrez vérifier, si, arrière mises vos affections, voulez entendre ce que présentement vous exposerai.

Aristoteles dictque, supposant deux choses contraires en leur espèce, comme le bien et le mal, vertus et vice, froid et chauld, blanc et noir, volupté et douleur, joie et deuil, et ainsi des aultres : si vous les copiez en telle façon, qu'un contraire d'une espèce convienne raisonnablement à l'un contraire d'une aultre, il est conséquent que l'aultre contraire compète avec l'aultre résidu. Exemple : vertus et vice sont contraires en une espèce, aussi sont bien et mal. Si l'un des contraires de la première espèce convient à l'un de la seconde, comme vertus et bien (car il est seur que vertus est bonne), ainsi feront les deux résidus, qui sont mal et vice; car vice est mauvais.

(leste règle logicale entendue, prenez ces deux contraires, joie et tristesse; puis ces deux, blanc et noir: car ils sont contraires jdiysicalement. Si ainsi donc est que noir signifie deuil, à bon droict blanc signifiera joie.

Et n'est cette signifiance par imposition humaine instituée, mais receue [)ar consentement de tout le monde, (\ae les philosophes nomment jus ^rentiim, droict universel, valable par toutes contrées, comme assez sçavez que touts peuples, toutes nations (j'excepte les antiques Syracusans et quelques Argives qui avoient l'ame de travers), toutes langues

Polyphili hijpiicrotoinachid , Aide, 1^99. in-4°, oiivrnj|e de François Colunina, traduit en français par Jelian Martin, ])ar Beroalde de Verville, et, en ■ 1 Soi , par Legraiid.

Laniiral dont il s'agit est probabloineiil Philippe Clialjot de Brion, mort en i543. Cette devise, comme on le voit au cliap. xxxiii, était Festiua

lente, avec une ancre et un dauphin; uiais le mot et l'enihlème paraissent avoir apparleuii à Titus.

Testa, en latin, cruche.

D'après Plutarque. les Syracusains, aux fuiK'railles de Tinioléon , prirent leurs plus beaux vêtements, et les liai)itanls d'Argos portaient le deuil en tuniques blanches.

vouIpiUs cxlf'riorcment déinonstrcr leur tristesse, [)ortent habit de noir; et tout deuil est faict par noir. Lequel consentement universel n'est faict, que nature n'en donne quelque argument et raison : laquelle un chascun peult soubdain par soi comprendre sans aullrement estre instruict de personne, laquelle nous appelions droict naturel. Par le blanc, à mesmes inductions de nature, tout le monde ha entendu joie, liesse, soulas. plaisir et délectation.

Au temps |)assé, les Thraces et Crêtes signoient les jours bien fortunés et joyeux de pierres blanches; les tristes et défortunés, de noires. La nuict n'est-elle funeste, triste et mélancholieuse? Elle est noire et obscure par privation. La clairté n'esjouit-elle toute nature? Elle est blanche plus que chose que soit. A quoi prouver, je vous pourrois renvoyer au livre de Laurens Valle contre Barthole; mais le tesmoignage évangéli(jue vous contentera. Matlli. xvii, est dict que à la tiansllguration de nostre Seigneur, vcstimeiita ejm facta sunt alba sicut lux; ses veslenients feurent faicts blancs comme la lumière. Par lafjuellc blancheur lumineuse donnoit entendre à ses trois apostres l'idée et figure des joies éternelles, (lar par la clairté sont touts humains esjouis. Comme vous avez le dict d'une vieille qui n'avoit dents en gueule, encores disoit-elle : Bon/i hi.v. Et Tobie, ch. v, quand il eut perdu la vue, lorsque Ha[)hael le salua, res[)ondit : Quelle joie pourrai-je avoir, qui poinct ne voi la lumière du ciel?» En telle couleur tesmoignarenf les anges la joie de tout l'univers à la résurrection du Saulveur (Jean 20) et à son ascension (Act. 1). De semblable parure vid sainct Jean évangélisle (Apoc. /i et 7) les fidèles vestus en la céleste et béatifiée Hiérusalem.

Lisez les histoires antiques, tant grecques que romaines, vous trouverez que la ville d'Albe (premier patron de Rome) fut et construicfe et appellée à l'invention d'une truie blanche. Vous trouverez que, si à aulcun, après avoir eu des ennenn's victoire, estoit décrété qu'il entrast à Rome en estât triumjdiant, il y entroit sus un char tiré par chevaulx blancs. Aultant cellui qui y entroit en ovation : car par signe ni couleur ne pouvoient plus certainement exprimer la joie de leur venue, que par la blancheur. Vous trouverez que Périclès, duc des Athéniens, voulut celle part de ses genfs d'armes, esquels par sort estoient advenues les febves blanches, passer toute la journée en joie, solas et repos : ce pendent que ceulx de l'aultre part batailleroient. Mille autres exemples et lieux à ce propos vous pourroi-je exposer, mais ce n'est ici le lieu.

Moyennant laquelle intelligence povez resouldre un problème, lequel Alexandre Aphrodisée ha réputé insoluble : «Pourquoi le léon , qui de son seul cri et rugissement esponvente touts animaulx, seulement craint et révère le coq blanc?» Car, ainsi que dict Proclus<", lihro de Sacrificio et magia, c'est parce que la présence de la vertus du soleil, qui est l'organe et promptuaire de toute lumière terrestre et sidérable, plus est symbolisante et compétente au co(j blanc, tant pour celle couleur que pour sa propriété et ordre sj)écifique, qu'au léon. l'ius dict, cpi'en forme léonine ont esté diables souvent vus, lesrpiels à la présence d'un coq blanc soubdainement sont disparus.

C'est la cause pourquoi Galli (ce .sont les François, ainsi appellés parce (pic blancs sont naturellement comme laict, que les Grecs nomment /jrt/rt) voliintiers portent plumes blan-

Alexaiitlre et Proclus, en effet, parlent ainsi du coq, niais sans delorniiner la conlcnr de ranimai.

("lies sus leurs bonnets. Car, par nature, ils sont joyeux, candides, gratieux et bien esniés ; et |)Our leur symbole et ensei{>ne ont la fleur plus (|ue nulle autre blancbe. c'est le lis.

Si demandez comment, par couleur blancbe, nature nous induict entendre joie et liesse, je vous respond (jue l'analogie et conformité est telle. Car, comme le blanc extériorement disgrège et espart la vue, dissolvent manifestement les esperits visifs. selon l'opinion d'Aristoteles en ses problèmes, et des perspectifs; et le voyez par expérience, quand vous passez les monis couverts de neige : en sorte que vous plaignez de ne pouvoir bien nigarder. ainsi (|ue Xenopbon escript estre advenu à ses gents, et comme Galen expose amplemeni lihro (k Lsu partimn'^^K Tout ainsi le cœur, par joie excellente, est intériorement espars, et patit manifeste résolution des esperits vitaulx : laquelle tout peult estre accrue, que le cœur di'inoiireroif spolié de son entretien, et par conséquent seroit la vie estincte par celle péricharie, comme dict Galen /. XII, Methnd., libro V de Locis alfertis. et lihro If de Sipnplomatân cousis. Et comme estre au temps passé advenu tesnioignent Marc Tulle, libro I Quwstio)i. Tuscid., Verrius, Arisloteles, Tife Live, après la bataille de Cannes, Pline, lih. VII, mj). 02 et 53, A. Gellius, ld>. III, i5, et aultres: à Diagoras, rbodien, Cbilon, Sopbocles, Dionys, tyran de Sicile, Pbilippides, Pbilemon. Polycrale, Pbilistion, M. Juventi, et aulires. ipii moururent de joie. Et comme dit Avicenne, in -j aiiioiie, et lihro de Virihus cordis , du zapbran, lequel tant esjouit le cœur ([u'il le despouille de vie, si on en prend dose excessive, par résolution el dilalalion superflue. Ici voyez Alex. Aphrodisée, Uhro primo Prohhmatum , cap. ig, et pour cause. Mais (juoi? j'entre plus avant en ceste matière que n'establissois au commencement. Ici donc calerai mes voiles, renn'ttaiit le reste au livre en ce consommé du tout. Et dirai, en un mot, que le bleu signifie certainement le ciel el choses célestes, par mesmes symboles que le blanc signifie joie el plaisir.

(OEiivris de Franrois-Habelais, édilées par Louis Barré, ancien professuiir de philosophie.)

De l'usage des jtarties (du corps).

APPENDICE XCYI.

( Voir tome I , page 9 1 o . noie 1 , page 3 , el l'instructioii relative à la note 3 de la page a 1 6 , dans ïErralu. ]

RÈGLEMEfNT DES DROITS DE LIVRÉES DUS AU PREVOST DES MARCHANDS, ESCHEVINS, PROCUREUR, RECEVEUR. GREFFIER, CONSEILLIERS ET QUARTliMERS DE 1-A VILI.E DE PARIS.

2 '1 avril 1 57S.

Sur l;i rcmoiislrancc laictc par le procureur du roy en icelle ville de ce que cy devant et dès le quinziesrne jour de novembre mil cinq cens soixante quatorze, pour les difïîcultez qui estoient dès lors présentes au fournissement des droicts de messieurs les prevosi des marchands, eschevins, procureur, receveur et grelfier de la dicte ville, que Jehan de la Bruyère, espicier appoticquaire d'icelle, avoit accoustumé de leur fournir par chacun an à cause de leurs charges et estatz ensemble sur le paiement dudict de la Bruyère pour raison des ditz droictz, auroit esté ordonné que les dicts droitz seroient commuez, reduilz à quatrevingt treize escus soleil et ung tiers d'escu pour ledict sieur prevost des marchans, et pour les dicts sieurs eschevins, procureur, receveur et greffier à quarante six escus soleil et deux tiers d'escu chacun par an, payable par le receveur ordinaire du domaine de ladicte ville. Beserve toutes fois aulcuns droictz de cyre, hipochras et dragées encorres a présent afferans et que tousjours du depuis ont esté continuez tant ausdicts sieurs prevosi, eschevins, procureur, receveur et greffier que aux sieurs conseillers, antiens prevostz et eschevins et quartiniers de la dicte ville, tant en recognoissance de leurs services que pour marques de leurs dignitez, charges et functions en icelle, et en laquelle perception de droictz seroient du depuis survenues pareilles difficultez comme au précèdent, et dont le dict procureur du roy et de la ville auroit faict et [présenté] plusieurs remonstrances en l'assemblée du conseil de la dicte ville, on auroit esté souvent résolu de commuer les dictz droictz restanz en quelqu'autre espèce de présent et honneste recognoissance de la part de la dicte ville envers tous les sieurs dessus dicts outre et par dessus les droicts antiens et de robbes, ce que toutes fois jusques à luy seroit demouré sans effect. Et pour ce, la dicte matière mise de rechef en délibération, a esté conclud et arresié ci' (pii s'ensuict :

I PiKMlÈliKMKNT.

Que dorcsnavant les dictz droictz de prevost, eschevins, conseillers, procureur, gredier

:m LES ARMOIHIES DE PARIS.

et receveur, qui leur estoient présentez tant à la Sainct-Reray, Toussainctz, Noël, jour des Roys et à caresme prenant, seront commuez par chacun an à chacun une bourse de gectons d'argent vallant unze escus soleil, assavoyr en gectons d'argent en nombre cinquante compris la fason dix escus soleil, et pour la bourse de velours verd ung escu. Plus à chariin (pialrc livres de bougye et deux cierges de cyre blanche d'une livre pièce, une torche j)oisant deux livres aussy de cyre blanche dont le dict prevost aura pour double, et (\n\ leur seront distribuez, assavoir les cpiatre livres de bougye au jour Sainct Renjy, la bourse et gectons d'argent au premier jour de l an, les deux cierges d'une livre pièce au jour de Chandeleur, et les torches au jour de la Feste Dieu.

A chacun des anliens prevotz des niarchans et eschevins une rame d(! grand papier, demy cent de plumes, deux cieiges de cire blanche chacun d'une livre, (juatre livres de bougye et une torche de cire blanche de deux livres; assavoir les dictes (piatre livres de bougye à la Sainct Remy, le papier et plumes au premier jour de l'an , les cierges à la Chandeleur et la torche à la Feste Dieu, dont les dicts sieurs prevostz des marchans prendront le double.

A chacun des seize (piartiniers de la dicte ville, au lieu des droictz qu'ils souloyent avoir ])ar chacun an , vingt cinq gectons d'argent aux armes de la dicte ville de la valleur de quatre escus, une bourse de satin vert de vingîz sols tournois, deux livres de bougye, ung cierge de cire blanche d'une livre, une torche de deux livres; assavoir les dictes bougyes à la Sainct Remy, les diclz gectons d'argent et bourse au premier jour de l'an, le cierge à la Chandeleur et la torche à la Feste Dieu.

Et d'autant que |)lusieurs des dicts sieurs prevostz des marchans et eschevins qui ont cy devant cité sont de présent et seront par cy après, sont et pourront estre au nombre des sieurs presidens et conseillers des cours souveraines ou d'autres magistrats honorables, mesmement au nombre des sieurs conseillers et quartiniers de la dicte ville, es ([uelles qualilez ils ont accoustumé de recevoir plusieurs droicts semblables à ceulx qui en ceste ipialité d'aulcuns prevosts et eschevins leur pourroient encorres d'abondant estre baillez et accroistre en conséquence du dict règlement qui seroit à la surcharge de la dicte ville. A esté aussy arresté que, pour le regard des dicts anciens prevosts et eschevins qui en autre (|ualité preignent droicts et prerent de la dicte ville, ne recevront désormais aucuns doubles droiclz. C'est assavoir que, si en qualité de conseillers quartiniers et autres magistrats ils ont droict de bougye, cierges et torches, ils n'en pourront avoir en qualité d'antiens prevost et eschevins, mais sellement auront et recevront le sur[)lus des ditz droictz (jui ne seront de semblable nature et qualité. C'est assavoir comme le papier et plumes sera toutes fois au choix et option des dictz antiens prevosts et eschevins qui seront quarliniers de la dicte ville de prendre les dictz droiclz ou en (pudité d'antiens prevostz des niarclians et eschevins ou en qualité de conseillers ou quartiners d'icelle ville, ou quel f.is acceptant l'ung ne pourront recevoir l'autre.

Tous les([uelz droictz seront doresnavant distribuez et ordonnez par l'ung des dicts sieurs eschevins, et sera cotté le receu des dictz droictz en descharge sur un roolle qui sera à ceste fin faict et dressé , affîn que l'on saiche ceulx qui les auront receu. Lequel roolle sera gardé par le plus antien eschevin de la dicte ville.

A esté aussy arresté que doresnavani monsieur le j)revost des marchans et ses succès-

APPKM)ICES. 3-21

sciiis auront double droict robbe, à cause qu'il faut quelle soit de satin qui revient au double de celles de messieurs les escbevins qui ne sont que de drap, et seront doresnavant allouées es comptes du receveur de la ville auquel est ordonné de les payer

(lolll)ll'.

(Reg. du Bureau Ho In Ville, H 1788, fol. •! 17, Arch. nat. )

/il

APPENDICE XCVll.

( Voir tomo I . pajje 2 1 5 , note 1 . )

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