‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiques (volume 2)Chapitre 16 sur 157 · OPINION DE CLAUDE MALINGRE · texte numérisé non relu

OPINION DE CLAUDE MALINGRE

Pour ce qui concerne les armes de la Ville de Paris, ceux c|ui s'arrestent aux failles, el qui donnent la gloire à Paris, fils de Priani, d'avoir esté son premier fondateur, disent que les premiers Parisiens portoient en leur blason et devise trois testes de lion en champ d'azur avec un escusson d'or au milieu, qui avoient esté les armes de ce fabuleux Paris.

Mais il est plus croyable que la navire fut la première devise de la Ville de Paris, d'aulanl que la navire estoit jadis l'effigie de la déesse Isis, que les Parisiens adoroient, et qui estoit la mesme que la Liburne ou Gailiotte des Suèves, rapporlée par Tacite, veu que, selon Diodore Sicilien et Apulée, Isis estoit tenue pour présidente et patronne de la marine et de la navigation, à cause de quoy le mesme Apulée luy fait dire: wLa mer estant rendue «navigable, mes prestres me dedians une carine, me font gouster les prémices du sauf- « conduit que ma grâce leur octroyé;?? et du depuis la Ville de Paris a tenu pour devise le navire.

Neantmoins le roy Philippes Auguste, qui fui celuy qui institua la dignité de prevost des marchands de la Ville de Paris, donna pour armes et devise à ce grand abbregé du monde la navire, |)our dire que Paris estant le séjour ordinaire et plus cher des rois de France, vouloit donner à entendre que Paris estant comme un navire, et le Roy maistre patron d'icelle, elle ne pouvoit courir risque de naufrage tant qu'elle l'auroit pour patron souverain en icelle, non plus que le vaisseau auquel César s'estoit endiarqué disant aux matelots craintifs : Quid times! Cœsarem portas. Ne voulant pas pourtant s'éloigner de la tradition, qui veut que Paris ait retenu le navire pour ses armes, qu'elle avoit du temps du Paganisme, ([u'elle adoroit Isis, qui avoit la galère ou le navire pour blason, comme i'ay remarqué cy-dessus.

(Lea Anuales générales de la Ville de Paris, par Claude Malingre; in-folio, Paris, 1G60, liv. I, ch. m, p. 2 et 3.)

...Sous le règne de ce roy Philippes-Auguste, la cité de Paris n'estoit point close du costé du petit Pont, tirant vers le mont de Saincte-Geneviefve, et prévoyant cpie durant son absence quelques ennemis survenans la pourroient facilement prendre et la piller, il fit venir vers luy sept personnages choisis d entre les plus notables bourgeois de la ville, auxquels ayant donné le gouvernement d'icelle, il les nomma escbevins, et leur donna pour armoiries l'escu de gueulle à la navire d'argent au chef d'azur, semé de Heurs de lys d or, pour montrer que Paris est la capitale et comme la dame des villes françoises, de laquelle le Roy est le chef, seigneur et patron, comme celuy ([ui commande sur un navire, oh toutes choses abondent. Aussi faut-il donnera la Ville de Paris cette gloire qu'elle est nonseulement la capitale du rovaume, mais aussi le prototype, le miroir et le portraict de fout ce qu'il y a de merveilleux en tout le n)onde. . .

{Ibidem , liv. III , ch. iv, p. 5o. )

( Voir tome I , page -2 o , note i . ) OPIMON DE M. LE MAIHE.

Vis-à-vis de cette chapelle, il y a sept lampes d'argent qui y brûlent nuit et jour : celle du milieu est la plus belle et la mieux faite, elle a la forme d'un petit navire ou vaisseau, (jue l'on doit prendre hiéroglifiquement pour la nef d'argent à chef d'azur semée de fleurs de Ivs d'or, qui remplit heureusement l'écusson de gueule dos armes de Paris ; ce sont messieurs de ville qui entretiennent cette lampe.

(Paris ancien et nouveau , par M. Leinaire ; in-i 2 , 1 685 , t. 1 , p. 6 1 . )

Bernard de Girard, sieur de Haillan, historiographe de France sous Charles IX, rapporte dans l'Histoire qu'il nous a laissée que Philippe-Auguste créa, l'an 1 190, le prevost des marchands et les échevins de la Ville de Paris, et qu'il donna en même temps à la Ville j)our armes un écu de gueule, rempli d'un navire d'argent, à chef d'azur, semé de fleurs de lys d'or.

(Ibidem, t. III, p. 10a.)

(Voir tome I, page ai, note 9.)

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