OPINION DU PÈRE MENESTRIER
Pour autoriser les actes publics qu'on feroit dans ces assemblées, on lit un seel
et un contreseel au nom de la communauté. Le seel estoit la figure du pont de Saône flanqué de deux tours, comme il estoit alors. Au indien du pont s'éievoit une croix avec un cercle au centre des croisons : dans lequel estoit une fleurdelys : au-dessus des deux croisons estoit les images du soled et de la lune, à droite du pied de la croix une fleurdelys, et à gauche un lion rampant, avec ces mots en lettres gothiques : Sigillum commune Universitatis et communitatts Liigdunensis. Le contreseel estoit un lion rempant, avec ces mots : Sigillum secreti Univershatis Liigchneiisis. La disposition de ce sceau fait voir que ce fut sur la communauté de Paris que nos citoyens se conformèrent; car la Ville de Paris avoit pris pour son sceau commun la figure d'un vaisseau, parce que l'isle du Palais, qui est l'ancienne cité, a la forme d'un vaisseau, dont la pouppe est derrière l'église Nostre-Dame, en ce terrain dont on a fait depuis quelques années un jardin, et la proue est la pointe de l'isle qui abboutit au Pont-Neuf, à l'effigie équestre de Henry IV. Les deux fours de Nostre- Dame, fort élevées au-dessus du reste de l'église, ressemblent aux mais d'un vaisseau. Et comme on mit au-dessus de la figure de ce vaisseau un chef semé de fleurdelys pour marquer la soumission de cette nouvelle communauté à tous les ordres du roy Philip[)e-Auguste, qui fut le premier de nos rois qui porta des habits semés de fleurdelys en la cérémonie de son sacre, nos Bourgeois (Lyonnais) mêlèrent à leur sceau des fleurdelys
pour imiter les Parisiens
(Histoire consulaire de la rille de Lyon, par le P. Mcncsirier; in-folio, Lyon, 169G, iiv. V, p. 'M'A] ) II. 3
(Voir tome I, page 22, note â.)