‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 44 sur 107 · PENDANT L'EXISTENCK DE LA COMMUNE, ETC · texte numérisé non relu

PENDANT L'EXISTENCK DE LA COMMUNE, ETC

place des Fédérés, remplaça, en 1793, ce dernier nom par celui de section de rindivisibilité Tatil ([u'elle porta la première dénomination, elle fit usage du

fig. 281.

fi{j. 280.

sceau du district des Minimes (fig. 28), auquel elle correspondait en partie, et n'en changea pas la légende attributive.

La section de la place Vendôme abandoima ce nom, en 1798, pour prendre celui de section des Piques

fig. a85.

fig. 2 80.

fig. 987.

fig. 288.

La section Poissonnière ne changea point de dénomination.

Ces changements étaient dus aux différentes dénominations de la place Royale, centre de la section. Appelée, après le 10 août 1792, place des Fédérés, puis place de l'Indivisibilité, elle reçut encore, en l'an vin et en 18A8, le nom de place des Vosges, et elle reprit, eu 181 4 et en i85a, son ancienne appellation.

La place Vendôme , ainsi appelée parce qu'elle

occupe en partie l'emplacement de l'ancien hôtel de Vendôme, fut désignée successivement sous les noms de place Louis-le-Grand et place des Conquêtes. Le nom de place des Piques, qu'elle reçut après le 10 août i79'2 , s'étendit à la section dont elle était le centre. Elle reprit, après le 9 thermidor, son ancienne dénomination, que l'usage lui avait, du reste, conservée.

Elle nous fournit deux sceaux.

La section du Ponceau'", nommée plus tard section des Amis de la Patrie, porte, dans les deux premiers sceaux placés ci-dessous (fig. 291 et 292), un triangle

fig. 291.

fig. 398.

lijj. agi.

équilatéral , au milieu duquel se trouve un objet dont il est dillicile de bien distinguer la forme, mais qui nous parait être une cocarde.

La section de Popincourt eut d'abord, ainsi que quelques autres sections citées

fig. 295.

fig. 39G.

fig. 397.

plus haut, le même sceau que le district dont elle occupait en partie l'emplace-

L'exaltation politique du temps ne répudiait pas seulement les anciennes appellations entachées ffde royauté, d'aristocratie, de superstition ; n mais

elle sidastituait encore aux dénominations indifférentes , telles que celle du Ponceau , des noms plus significatifs.

PENDANT L'EXISTENCK DE LA COMMUNE, ETC. 139 mcnl sur ]o, territoire parisien (fig. loo). Elle employa aussi deux autres sceaux.

La section des Postes changea son nom en celui de section du Contrat-Social.

Son sceau varia selon ces différentes appellations.

fig. 3oi.

fig. 302

fig. 3o3.

fig. 3oi.

lig. 3o5.

T.a section des Quatre-Nations eut, dans l'origine, le uièine sceau que le district

fig. 3o6.

fig. 307.

fi;r. 3û&.

fig. 309.

fig. 3 II) .

de l'abbaye de Saint-Gerniain-des-Prés (fig. 1 ), auquel elle correspondait à peu près; elle le changea après la proclamation de la République. En 1793, elle prit le nom de section de l'Unité.

PENDANT L'KXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. l/il La section des Quinze-Vingts ne nous fournit que deux sceaux, qui sont postérieurs i\ l'établissement de la République. Auparavant elle se servait, sans même en

cbanger la légende attributive, du sceau du district des Enfants-Trouvés (fig. 12), district qu'elle reproduisait en partie.

La section du Roi-de-Sicile changea son premier nom en celui de section des fig. 3 1/1. fig. 3 1 5.

l'ig. 3 1 (i . fig. 3 1 7 . fig. 3 I 8 . fig. 3 1 y .

Droits-de-l'Homme et modifia en même temps son sceau, qui, comme ceux des sections de l'Hôtel de Ville (fig. 20 4) et des Quatre-Nations (fig. 3o6), porta d'abord les armoiries de la Ville de Paris.

A la même époque, la rue du Roi-de-Sicile prit le nom de rue des Droits-de-l'Homme, qu elle conserva jusqu'en 1806.

l'|-2 LES ARMOIRIES DE PARIS

La section du Houle prit, en 1798, le nom de section de la République et la cni-icuse devise : Tant (fuc j'aurai nne^^'i tête j'aurai un bonnet (un bonnet plirygien,

lio;- 32 0.

sans doute). Aussi longtemps qu'elle garda son premier nom, elle fit usage du sceau du district de Saint-Philippe-du-Roule (fig. 72, 78, 76), sans en modifier la légende attributive.

La section du Temple, qui correspondait au district des Pères-de-Nazareth,

Le sceau porte un tête, au lieu de une têlc.

PENDANT L'EXISTKNCK DE LA COMMUNE, ETC. U3 La section du Théâtre-Français reiiij)la(;a ce nom, en 1793, par celui de section

fig. 828. fig. 829.

Marat et Marseille Elle eut un sceau dillérent sous chacune de ces dénominations

La section des Thermes-de-Julicn prit, en septembre 1792, le nom de section

iig. 83o. fig. 83 I. (ig. 38a.

de Beaurepaire et changea en même temps de sceau.

Elle reprit le nom de section du Théâtre- Français après la chute de Robespierre.

Le sceau (fig. 3i6) porte le numéro d'ordre qu'occupait la section sur la liste officielle dressée par la commune de Paris. (Voir Appendice VIII bis.)

La section des Thermes voulut honorer la mémoire de Beaurepaire, commandant de Verdun , qui, lors de la reddition de cette place à l'armée prussienne (2 septembre 1792 ) , se brûla la cervelle de désespoir.

H^i LES ARMOIRIES DE PARIS

La section des Tuileries, quoiqu'elle ait conservé toujours le même nom, nous

La chute de Robespierre (9 thermidor an n, 27 juillet 179^) mit fin au régime de la Terreur. Une réaction violente eut lieu contre la puissance de la Commune de Paris, dont les membres, mis hors la loi, comme Robespierre luimême, furent décapités le lendemain de son exécution. La Convention prit alors la direction des affaires de la Ville'''; peu après, en 1795, la Commune fut supprimée, et les sections subirent le même sort.

Comme le roi Charles VI, après la révolte et iiietlnii en la main Ae TEtat le gouvernement de (les Maillotins (iSSa), la République confisquait la Communauté parisienne. La première mainmise

PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. H5 C'est à ce moment (|ue rarroiidisscment municipai commença à se constituer. Les sections, abolies en tant que pouvoir politique, subsistèrent, à peu près avec les mêmes noms, comme quailieis ou subdivisions d'arrondissement, et leur influence alla s'amoindrissant jusqu'au 1 8 bi umaire. Cette transformation est rendue sensible j)ai' les sceaux uniformes qu'on fit alors graver et qui portent les noms des anciennes sections, groupés autour de quelques attributs révolutionnaires, sous la légende indicative de l'arrondissement. Nous en reproduisons deux types seulement.

Depuis le i-enversement de la Commune de Paris jusqu'à la constitution des deux Préfectures, les affaires de la Ville, comme celles du Département de la Seine, furent dirigées par des administrateurs dont l'histoire n'a pas conservé les noms. Les minutes des pièces revêtues de leur signature portent, en tête, une vignette assez grossière, représentant le faisceau républicain surmonté du bonnet rouge, appuyé sur le livre de la Constitution et entouré d'une couronne civique. Une sorte de bouclier ovale est appendu au faisceau; on y lit ces mots : Département de Paris. La Loi. Postérieurement à l'an v, la légende Département de Paris est remplacé par celle-ci : Département de la Seine, nouvelle preuve de l'absorption de la Commune dans la circonscription départementale

dura vingl-liuit ans (i 38^2-i 4i o); la seconde, qui avec certaines modifications, sous les sept ou huit a politiquement et administrativement sa raison gouvernements qui ont succédé à la Convention, d'être, puisqu'elle subsiste encore, s'est continue'e, ''' La suppression de la Commune de Paris

LES ARMOIRIES DE PARIS Le sceau |)ro])reiiient dit est un modeste losange, portant le même emblème et la même légende.

Lorsque le Premier Consul eut remplacé par des piéiets les administrateurs départementaux du Directoire et substitué un magistiat unique, élevé, à des agents trop nombreux, trop inférieurs, et par cela même irresponsables, le mot Préfecture dut naturellement être gravé sur le sceau dont ces nouveaux fonctionnaires scellèrent leurs actes; ce fut une révolution analogue à celle ([ui avait amené, sur le vieux sceau de la Marchandise de l'eau, le mot significatif de Prévôté.

Le sceau proprement dit représente encore une femme vêtue à l'antique et tenant une pique surmontée du bonnet rouge; mais aucun autie attribut n'accompagne cette personnification, qui est, en définitive, celle de la France républicaine.

/du DEPT 1^

Aux types grossiers et confus, exécutés à la hâte par les graveurs de la période

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'1 PREFECTURE DE LA !rTSrr:Tr — ^- ' — =

semble avoir eu lieu graduelienienl , sur le papier flu moins : au mot Commune, que la réaction politique proscrivait, on substitua d abord celui de Defifirlement, et l'on eut Département de Paris; puis,

comme Paris seul ne formait pas tout le département, ii fallut bien remplacer les mots de Paris par ceux-ci -. de la Seine, et Ton eut alors Département de la Seine.

PENDANT L'EXISTENCE DE LA COMMUNE, ETC. làl révolutioiinaii'e, succèdent de véritables œuvres d'art, témoin ce ravissant en-tête de lettre, gravé d'après le dessin de Prudiion. On y retrouve bien encore la vierge réj)ublicaine, avec la pique et le bonnet pliiygien, ainsi que le lion poj)ulaire, qui ortie le ])lan (le Verniquet (|). 76); mais on sent que la Mépublique française s'Iiumanise ; il y a place désormais pour les arts et pour les artistes.

Enfin tout symbole républicain disparaît; le Département de la Seine, nouvelle personne administrative, qui a remplacé la Ville et la Comnmne de Paris, est figuré to|)ogra])biquement, en tete des pièces officielles, sur une sorte de borne inilliaire. entourée des attributs du Commerce, de la Navigation, des Beaux-Arts, et surmontée d'une tête de la Minerve antique, emblème que l'Institut de France venait d adoj)ter.

Paris désormais n'a plus de sceau qui lui soit propre; on peut même dire d'une façon absolue qu'il a cessé d'en avoir depuis la chute de l'ancienne monarchie, car les innombrables sceaux de la période républicaine ne sont, en réalité, que des contrefaçons plus ou moins grossières du sceau de l'État. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que les différents pouvoirs politiques, fidèles à la pensée de préservation qui avait dicté la suppression de la Commune de Paris, loin de songer à i-établir l'autonomie, même sigillaire, de la vieille cité, lui aient, au contraire, imposé, comme aux plus petites communes de France, le sceau égalitaire de l'autorité publique. Ce sceau unique, variable comme les gouvernements,

U8 LES AlUIOIRIES DE PARIS.

et différencié par une simple légende, sert depuis bientôt un siècle à authentiquer tous les actes de la ^ille de Paris et du Département de la Seine.

Premier Empire. lleslauralion.

L'histoire héraldique de Paris aurait donc été terminée dès le lo août 1792, si le premier Empire, désireux de se rattacher au passé, n'avait rendu à la Ville, en les modifiant, ses anciennes et vénérables armoiries. Nous verrons, dans le chapitre suivant, ce que sont devenues ces armoiries, octroyées et modifiées successivement selon les régimes politiques. Dépourvues de tout caractère officiel , elles ne sont plus qu'une décoration, un simple motif d'ornement; néanmoins, on les sculpte, on les grave, on les peint, on les brode, on les multiplie de toutes façons; et, si elles ont cessé d'être le signe authentique de la personnalité municipale, elles restent du moins comme l'attribut caractéristique et traditionnel, comme l'emblème d'honneur de la vieille cité.

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