‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 45 sur 107 · LES ARMOIRIKS DE LA VILLE DE PARIS DEPUIS LE PREMIER EMPIRE · texte numérisé non relu

LES ARMOIRIKS DE LA VILLE DE PARIS DEPUIS LE PREMIER EMPIRE

Sommaire. — Rétabiisscmenl des arnioirics coiuine marque d'Iionneur. — Armoiries de la Ville de Paris sous le premier Empire. — Reapparition de Torigine isiaque. — Armoiries des villes divisées en trois classes. — Blason des armoiries de la Ville de Paris sous l'Empire. — Armoiries de la Ville de Paris sous la Restauration. — Values recherches de lettres de concession royale d'armoiries données, avant 1789, en faveur de la Ville de Paris. — Réapparition des anciennes armoiries de la Ville de Paris. — Supports et couronne. — Armoiries de la Ville de Paris sous le roi Louis-Philippe I". — Epoque de confusion et d'erreur dans la représentation des armoiries de la Ville de Paris. — Armoiries de la Ville de Paris sous la deuxième Répuhliciue. — Armoiries de la Ville de Paris sous le second Empire.

Par ses décrets du 3o mars i8o5 et du i*^"" mars 1808, Napoléon l", sans «éiabiisscmem

/ii-ii- 11 • r / 11 • r (les armoiries

retablu' i ancienne noblesse, en avait crée une nouvelle, qui ne lut pas seule- comme

inar(]iie d'iioniieur.

ment militaire, mais qui reçut dans son sein un grand nombre d'administrateurs et d'bommes politiques.

Ces nouveaux nobles eurent des armoiries soumises aux anciennes règles du blason. Il n'y eut de changement remarquable que dans les ornements extérieurs de l'écu; les couronnes et les casques, rappelant les coiffures militaires et féodales du moyen âge, furent logiquement repoussés comme un anachronisme et remplacés par des toques de velours noir, retroussées de contre-hermine ou de vair et surmontées d'un panache formé d'un nombre de plumes variant avec le titre.

Malgré les dispositions précises du décret impérial de fondation, l'usage s'est généralement établi depuis de supprimer cette différence caractéristique, qui n'est pas sans importance cependant au point de vue de l'histoire. Sauf quelques exemples bien rares, on ne voit plus, au-dessus des écussons des représentants actuels de la nouvelle noblesse, que les antiques couronnes et les heaumes qui, de tout temps, ont décoré l'écu des gentilshommes.

A côté des armoiries personnelles et des armoiries de famille, reparurent bientôt celles des villes et des communes, mais à titre d'honneur et comme oriif-

ment symbolique. Leur sceau, en effet, fut toujours celui de l'Etat, différencié par une simple légende nominative.

Aiiiioirics La Ville de Paris lut une des premières à profiter du décret impérial du

de la Ville de Paris

sous le premier j -y mai 180Q, relatif aux armoiries des villes, et son vaisseau, oublié depuis

Empire. 10 1

vingt ans, vint de nouveau occuper sa place sur l'écusson municipal

Le 12 avril de l'année suivante, au sujet de la reprise des armoiries, M. Frochot, préfet du département de la Seine t'^', adressa un mémoire au Conseil général de ce département faisant fonction de Conseil municipal de la Ville de Paris S'appuyant sur le décret rendu le i 7 mai de l'année précédente qui accordait aux villes de France la faculté d'obtenir des armoiries ou de rentrer en possession de celles qu'elles possédaient autrefois, il 1 invitait à délibérer sur la composition de celles dont Paris devait demander la concession, en lui reconmiandant de se conformer aux instructions données par le ministre de l'intérieur

Mais les quelques années d'agitations politiques et sociales qui venaient de s'écouler avaient plus profondément enlevé delà mémoire des hommes les questions héraldiques que ne l'eût pu faire, en temps ordinaire, un siècle d'oubli; d'ailleurs, il ne s'agissait pas seulement de retrouver les anciennes armoiries, il fallait les reconstituer, sans blesser, en réveillant certains souvenirs, les idées et les susceptibilités de l'époque. Les antiques emblèmes ne pouvaient pas toujours être conservés. Les fleurs de lys, par exemple, qui ornaient presque toujours le c\\ej de l'ancien écusson des principales villes de France, étaient proscrites; certaines pièces, qui pouvaient l appeler la sujétion récente à une domination étrangère, devaient être supprimées Ne pouvant donc pas toujours reprendre exactement leurs anciennes armes, les villes furent obligées de créer des commissions chargées d'examiner les modifications à y apporter, et de présenter un projet de demande en concession de nouvelles armoiries. C'est ce que fit Paris par l'intermé-

^" Appendices XXXIV, XXXV, XXXVI. d'argent à trois tours de gueules, deux et une,

INicolas-Tliérèse-Benoit Frochot, né à Paris entretenues par trois nuu's de même, les deux du

en 1761, mort en 1828, conseiller d'Etat, préfet chef surmontées chacune d'une main appaumée,

du département de la Seine de 1802 à 1812, fut celle de dextre posée en bande, celle de sénestre

un habile administrateur. Sa statue est au nombre en barre, au chef de l'Empire germanique, qui est

de celles qui décorent la façade de l'Hôtel de V ille d'or à l'aigle éployée de sable, becquée, membrée

de Paris. et diadémée de gueules. Anvers ayant été réuni à la

Appendice XXXVII. France, le chef de ses armes fut changé, et elle le

Appendice XXXVI. porta cousu des bonnes villes de l'Empire français.

Appendice XXXV. c'est-à-dire de gueules à trois abeilles d'or posées

Ainsi, par exemple, la ville d'Anvers portait en face. (Appendice XXXVII.)

DEPUIS LK PREMIER EMPIRE. 151 fliairc du M. Frocliot, alors ])réf(il de la Seine. La commission établie à cet eliet déclara, sur le rapport de M. Petit-Rade! , l'un de ses membres''', qu'on ne pouvait indi([uer (jue j)ar conjectures l'origine du navire comme emblème de la Ville de Paris, et il conclut, cependant, en attribuant à cette origine une liaison probable avec un culte anciennement répandu dans les Gaules, celui de la déesse égyptienne Isis.

On pi'oposa donc de conserver le navire, tout en le réduisant à la simplicité qu'il devait avoir dans les temps primitiis; mais le résultat de cette idée fort juste lut étrange. La commission dénatura complètement, dans son projet, la forme du navire; elle y ajouta, sur la proue, une image de la déesse Isis assise sur un lauteuil antique, et, sur la poupe, une espèce de lanterne; enfin elle plaça dans le champ, à dextre de ce navire, une étoile d'argent.

Le Conseil général de la Seine, faisant fonction de Conseil nmnicipal de la Ville de Paris, approuva ces conclusions dans sa séance du 2 5 avril de la même année, et, l'appelant en même temps que la Ville avait, antérieurement à 1789, un chef semé de fleurs de lys dans ses armoiries, il émit le vœu que cet attribut royal fût remplacé par des abeilles

Réapparition de

l'origine isiaque.

Les villes furent, à cette époque (1809), divisées en trois classes, dont chacune avait des signes héraldiques particuliers.

Celles de premier ordre, dites aussi bonnes villes, avaient droit d'être représentées au sacre par leur maire; elles portaient un chef de gueules chargé de trois abeilles d'or. Les ornements extérieurs étaient une couronne murale, formant cimier, à sept créneaux d'or, sommée d'une aigle naissante de même, traversée d'un caducée aussi d'or, auquel étaient suspendues deux guirlandes, l'une à dextre de chêne, l'autre à sénestre d'olivier, de même, nouées et attachées par des bandelettes de gueules.

Celles du deuxième ordre, dont les maires, quoique nommés par l'Empereur aussi bien que les premiers, n'assistaient point au sacre, chargeaient leur écu à dextre d'un franc quartier d'azur, à une N d'or surmontée d'une étoile rayonnante

(les vilUs divisées fil trois classes.

Louis-Charies-François Petit-Radel, savant archéologue, né à Paris en 1766, fut membre de l'Institut (Académie des inscriptions et lielles-lettres) et composa un grand nombre d'ouvrages ; son éru-

dition est quelquefois douteuse. Il moniiit à Paris, en i836.

Appendices XXXVIII. XXXIX, XL, XLIII, XLV, XLVI et XLVII.

du même. Elles avaient pour ornements extérieurs, comme cimier, une couronne murale à cinq créneaux d'argent, traversée d'un caducée contourné du même, auquel étaient suspendues deux guirlandes, l'une à dextre d'olivier, l'autre à sénestre de chêne, aussi d'argent, nouées et attachées par des bandelettes d'azur.

Enfin celles de troisième ordre, dont les maires étaient à la nomination des préfets, plaçaient dans leurs armes, à sénestre, un franc quartier de gueules, à une N d'argent surmontée d'une étoile rayonnante du même; le cimier était une corbeille remplie de gerbes d'or, à laquelle étaient suspendues deux guirlandes de sinople, l'une à dextre d'olivier, l'autre à sénestre de chêne, nouées et attachées par des bandelettes de gueules^''.

lilason des iimioiiii-s Conformément à ces prescriptions générales, qui ne furent suivies que par un

de '

la Ville de Paris très-pctit uombrc de villes, et en conséquence de la demande du Conseil municipal de Paris, transmise par M. Frochot, préfet de la Seine, au Gouvernement, les armoiries de cette ville furent, par décision impériale du 29 janvier 1811, arrêtées ainsi qu'il suit : de gimtks au vaisseau antique, la proue chargée d'une figure d'Isis, assise, d'argent, soutenu d'une mer du même et adextré d'une étoile d'argent, au chef cousu des bonnes villes de l'Empire. Cetécusson était accompagné des ornements formant les attributs des villes du premier ordre '^^

Nous ne répéterons pas ici ce que nous avons dit dans notre premier ciiapitre pour réfuter l'origine isiaque des armoiries de la Ville de Paris. Cette opinion n'est pas soutenable, et nous avons établi la nôtre de telle façon, qu'il ne doit plus rester aucun doute dans l'esprit du lecteur.

Les armoiries, telles que nous venons de les blasonner, telles que nous en donnons le dessin^^ , subsistèrent jusqu'à la fin du premier Empire.

de' e de ïOus TEmpire.

Armoiries Peu après SOU retour en France, le 26 septembre i8i/i, le roi Louis XVIII

de

la Ville de Paris reudit uuc ordonuauce '^s par laquelle il décida cme les villes du royaume repren-

us la Restauralioii. '11 I J 1

draient les armoiries qu'elles possédaient avant 1789, après les avoir préalablement fait vérifier par la commission du sceau et avoir obtenu des lettres royales de confirmation.

Une autre ordonnance, datée du 26 décembre de la même année '^s régla le

Appendice XXIV.

Appendice XLVIII.

Voir la planclie ci-conlre.

Appendice L.

Appendices Lt, LU,

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