COULEURS ET LIVRÉES DE LA VILLE
chef de France vers i/ii5, lit seule changer la livj'ée, qui, prenant ses couleurs ^ xv's.èci principales de l'écu, devint alors rouge et bleue. Mais, vers cette époque, un
changement s'opéra également dans la manière de porter les livrées, à cause des ,,ouHc.rmemb.v.
Couleurs de livréede lii Ville de Paris :
modifications importantes que subirent les costumes. Plus tard, au wi*^ siècle, les Bureau de' la viik ;
rouge et hleu
vêtements, aui depuis quchiue temps prenaient des formes idus élégantes, plus pour
' i 1 1 1 Al " ^ les officiers et agenls
légères et surtout plus variées, atteignirent, principalement sous les Valois, un J'un rang inférieur, tel degré de luxe, de richesse dans les étoffes, de raffinement et de goût dans la coupe et les ornements, qu'ils ne puj'cnt, comme la robe des grands seigneurs des xiif, XIV*' et xv*" siècles, s'accommoder des simples couleurs d'un écusson d'armes. Aussi, abandonnant peu à peu, dans leurs propres vêtements, l'emploi de leur livrée, les rois, princes et barons, les gentilshommes et les riches particuliers, ainsi que les chefs des corporations, des communautés de ville, etc. n'en firent plus usage que pour ceux des officiers et agents subalternes dépendant d'eux et composant leur maison. Si, par hasard, une ancienne coutume voulait qu'on parût dans une cérémonie publique sous un costume d'un autre âge et d'une forme réglée parla tradition, un sentiment nouveau de hiérarchie faisait parfois modifier un peu les couleurs de la livrée. Ces couleurs n'étaient alors conservées fidèlement que pour les agents d'un rang inférieur et pour la domesticité.
A partir de i /ii 5 jusqu'à 178g, c'est-à-dire durant plus de trois siècles et demi , la livrée de la Ville ne subit aucun changement dans ses couleurs; seulement, dans une pensée de classification hiérarchique, on crut devoir établir une ligne de démarcation entre le costume de cérémonie des magistrats, chefs principaux de la Ville, et celui des simples agents municipaux ou des menus officiers, pour nous servir du langage des Registres du Bureau de la Ville.
La robe, primitivement mi-partie rouge et blanc, du Prévôt des Marchands, celle des Echevins et celle du Clerc-Greffier, subirent une importante modification. Le blanc disparut, et le rouge se maintint seul sur la robe de ces premiers magistrats de la Municipalité parisienne. Un témoin oculaire i-endant compte de la réception faite à Henri VI, roi d'Angleterre, lors de son entrée solennelle dans Paris, nous ap])rend qu'il en était ainsi en l'année i63i.
ff Henri VI, roi d'Angleterre, entra, dit-il, dans Paris par la porte Sainct Denys, rrle deuxiesme décembre : à l'entrée de la ville, par dedans, estoient le Prévost des
L'auteur du Journal d'un bourgeois de Paris, p. 5i5.
et Marchands et les Eschevins, tous vestus de vermeil, chacun un chapel en sa rr teste; et comme le Roy entra, ils luy mirent un grand ciel d'azur semé de fleurs ff de lys d'or sur la teste, et le portèrent sur luy les quatre Eschevins, en la forme rcet manière qu'on fait à Nostre Seigneur à la feste Dieu.n
Le fac-similé que nous donnons, en regard de cette page, d'une miniature contenue dans la chronique de Monstrelet, montre que, trente ans plus tard, en 1 ^(m, le roi Louis XI fit son entrée dans Paris sous un dais tout semblable, porté par les Echevins de la Ville, vêtus exactement de la même manière
fr Cy parle de l'entrée du roy Loys de France en sa ville de Paris :
rr Puis y estoit, dit Monstrelet, le Roy monté sur ung blanc cheval,
rr vestu d'une robe de soye blanche, sans manches, et affulé d'ung petit chaperon rrloquete. Et entoient [sic) quatre bourgoys de Paris, qui portoient sur lances rrung drap d'or dont ilz couvroient le Roy, ainsy que l'on fait quand l'on porte trie sainct sacrement de l'autel. Et derrière le Roy estoient deux hommes d'armes r'de pied, tenans chascun une hache en sa main. Puis suyvoit, après le Roy, le tr noble duc de Bourgoingne n
Il en fut encore ainsi, le 8 juillet ikSk, pour le roi Charles VIII, comme le témoigne l'extrait suivant d'une chronique en vers, du temps :
Après le Prévost des Marchands, Acconipaigné des Eschevins, Et de plusieurs gens chevauchans, Tous vestus de vermaux satins ; Puis les Archiers sans maux engins, Devant eux, de la ville estoient Et plusieurs bourgeois sur roucins Qui sagement secontenoienl.
Enfin, selon le Cérémonial français de T. Godefroy, à l'entrée du roi Louis XII à Paris, en au retour de son sacre , les Prévôts des Marchand et Echevins
avaient rrdes robes de satin vermeil, doublées de fin veloux, et devant eux martt choient les archers et arbalestriers de ladite ville, en hocquetons argentez, ou
Entrée du Roi/ nostre sire en la Ville de Paris, p. !i; in-19, édité par la Société des bibliophiles (le Reims, iSia. — Manuscrit de la Bibliothèque nationale coté FR 2679, l. Il, p. ^i3.
Celte pièce de vers avait déjà été publiée dans le Cérémonial français de Godefroy, édit de 1669, l. I , p. 208.
Yiiie de Pam .TTavaxixluot Imp Aug 13r3r,àParis
LesEchevms de Pans porlaal le dais lois de lEnlrée du roi Louis XI dansja ville.eu I46L
(N B PhiIippe]eBûii,duc de BoiïT^o^ne avait pitté Panspour aller à la rencontre dv monarque.) Tac Siirale dWe miTuature des Chroniques de MonstreIet.[^^ delà BibLunp''^ FREBygt.z.f^^lS)
COULEURS ET LIVRÉES DE LA VILLE. 211 fresloit écrit, en lettres d'or, Paris sans pair^^'. Après eux, venoit un grand nombre trde bourgeois vestus d'écariate ("^^ t)
Citons encore, comme preuve de la permanence du rouge dans la livrée parisienne, le lioqueton rouge à la croix blanche, porté pai- les bourgeois parisiens qui, au nombre de 60 à 80.000 et de seize à soixante ans d'âge, comparurent à une montre d'armes ordonnée par le roi Louis XI
Quant aux simples agents municipaux, ou menus oHiciers, ils portaient une livrée dont les couleurs étaient régulièrement déterminées par celle des armoiries, le bleu par lazur du chef de France, le rouge par le gueules du champ. Leurs robes et bonnets^^' étaient mi-partis de ces couleurs, rouge à gauche, bleu à droite. Les chausses étaient assorties avec le côté oi^i elles se trouvaient. Ainsi étaient vêtus les mouleurs de bois, les vendeurs de vins, les courtiers devins, les porteurs de blé, les crieurs de corps et de vins, les mesureurs de sel, les porteurs de sel, les mesureurs de grains, etc.
La compagnie des arquebusiers, celles des archers, celles des arbalétriers et les dix sergents de la Ville portaient la même livrée. Ces derniers avaient en plus, sur l'épaule gauche de leur robe et par conséquent sur la partie rouge, un navire, sur ses ondes, brodé en blanc.
A partir du commencement du xvi* siècle, ainsi que le témoignent les Registre? du Bureau de la \ille, la robe de livrée des Prévôts des Marchands, Échevins et Greffier, devient, pour ne plus changer jusqu'en 1789. mi-partie rouge cramoisi et tanné ^-^ (rouge à gauche, tanné à droite), les chausses assorties
Du cuinmeDcemect da iTi' siècïe à l'aonée 1789 .
coaieors de Irrree de la Ville de Paris :
roage et taoné pour
[es membres da Bareac delà Vill^:
' \o\ez p. 5o^i et 5o5 de 1 ouvrage intilulë Paris et ses historiens aux xir' et .rr' siècles, documents et écrits originaux recueillis et commentés par Le Roux de Lincy et L.-M. Tisserand: Paris. 1 8G7, in-i".
Cérémonial fiançois, par T. Godefrov . t. I . p. 288. édit. lôig.
Histoire de la Ville de Paris, par DD. Félibien et Lobineau, t. II. p. 858. Nous avons déjà parlé de celle revue, page 85.
*' C'était un bonnet ou chapeau semblable qui servait à recevoir les suffrages dans les élections de 1 Hùlel de ^ iile . pour les nominations des Prévôts des Marchands et des Ecbevins. ( Registres du Rureau de la ^i^le; Hist. de la Mlle de Paris, par DD. Félibien et Lobineau. t. I. p. 63 1.)
°' C est-à-dire ayant la couleur brune du lau. Cette teinte foncée, tirant sur le brun et le marron , et formée par le mélange du rouge et du noir, était celle des vêlements de bure portés ordinairement par le peuple et les gens de métier.
M. Frédéric Portai, dans un savant ouvrage intitidé Des couleurs symboliques dans l'antiquité, le moyen âge et les temps modernes, dit (p. 3o4) que le tanné est le svTnbole de l'amour des ténèbres et la livTée de l'enfer. D invoque à Tappui de cette opinion la Bible, llnde. lÉgypte, la Grèce, la Scandinavie , l'Apocalypse . etc. Ce n'est évidemment pas dans cet ordre d'idées qu'il faut chercher le motif qui fit prendre cette couleur poiu- la livrée municipale de Paris.
"'■ Le Cérémonial françois, par Th. Godefroy
louge et bleu pour
les officiers et agents d'un rang inférieur.
La première do ces couleurs provenait évidemment du fond de gueules des armoiries, et la seconde avait été choisie, croyons-nous, parce que telle était ordinairement celle des vêtements portés tant par les membres des six Corporations principales de Paris, sur lesquelles s'exerçait la juridiction du Prévôt des Marchands, que par la grande majorité de la population ouvrière de cette ville.
Livrées (les six corporations des
marchands de Paris.
Ainsi , en 1 5 3 1 , à l'entrée dans Paris de la reine Eléonore , femme de François voici quel est le costume des représentants des six Corps de métiers : les quatre maîtres de la draperie, velours tanné; les quatre maîtres de l'épicerie, velours noir; les quatre maîtres de la mercerie, velours pers (bleu); les quatre maîtres de la pelleterie, velours violet; les quatre maîtres de la bonneterie, damas rouge; les quatre maîtres de l'orfèvrerie, velours rouge; mais tous les membres de ces diverses Corporations, qui les accompagnent, sont uniformément vêtus de drap tanné
Notre explication du choix du tanné, comme couleur municipale, n'a rien que de vraisemblable; mais on doit rejeter sans hésitation celle qu'en donne le Registre du Bureau de la Ville de i558. Le rédacteur de ce document, après avoir erré déjà, ainsi que nous l'avons fait voir, sur l'époque à laquelle le bleu commença à paraître dans la livrée parisienne, ajoute avec assurance : k Vray est que depuis et les dits temps anciens (le règne du roi Jean) aucuns ont changé la dite couleur cr de pers en tanné, comme la plus honneste avec l'écarlate n
Tout le monde reconnaît la prééminence conventionnelle du rouge sur les autres couleurs en usage dans les vêtements; car, de tout temps et chez tous les peuples, il a été employé pour les robes ou manteaux d'apparat des rois, des
(édit. de 16^9, t. II, p. 266), dit qu'à l'entrée de François I" à Paris, en i5i4, au retour du sacre, le Prévôt des Marchands, cr très-richement accousfrtré,« portait une robe amoitié de drap de veloux (fcramoisy et l'autre moitié de veloux bleu," ainsi que les Échevins et le Clerc de la Ville. Mais le Registre du Bureau de la Ville (Archives nationales, H 1778, fol. 989) nous donne les détails de cette entrée, détails que Godefroy reproduit au reste lui-même à la page 277.
C'est évidemment là que doit être la vérité, et nous engageons les lecteurs à consulter le texte de cette relation, qu'ils trouveront à sa date, dans le chapitre suivant.
Registre du Bureau de l'Hôtel de Ville de Paris, années i53o-i53i, manuscrit des Archives nationales, coté H 1779, fui. 7^.
Si rr aucuns ont changé la couleur de pers en ff tanné," d'autres l'ont conservée, notamment l'enlumineur de l'exemplaire du Recueil des Ordonnances roijaulx, édition de i5oo, conservé à la bibliothèque de l'Arsenal , et dont nous reproduisons ci-contre le frontispice. Le rai-parti bleu et écarlate forine le vêtement des Echevins, du Greffier, du Receveur, des quatre Sergents de la Marchandise et des six Sergents du Parloir aux Bourgeois. Seuls, le Prévôt, le Procm-eur et le Clerc sont vêtus contrairement à la tradition.
[.esarmoirikoDk: la ville de paris
iï)eœet9ncur6leô|KeuDttôe6marcl)an6etefclt)euin6 ôelamlleîie^aris
quatre fergensbe ;fesfi;crcrgc6îiu parlouer lamarcl)anîiife aujcboutjgoçe
YiUe dePans TravauxTiisl ELacamlir Ohivi,
■ . Le Corps de Ville au X\'* Siècle
d'après le frontispice du Recueil des Ordoimances Rqyaulx f Pans, janr hOO m ^ ) Exertipl. de la BitliotlieqpLe de TAtsenal, xel. aux armes du Roi louis llll et de laYille ( J.4408)
COULEURS ET LIVRÉES DE LA VILLE. 213 grands et des principaux magistrats. Mais en quoi la teinte sombre et si commune du tanné est-elle plus honorable qu'une autre? C'est la couleur de la bure, c'est-àdire du drap le plus grossier, qu'on aurait préférée, rr comme la plus honneste,r, au bleu du manteau de la Vierge et de l'écu de Fi-ance! Est-ce soutenable?
Le Procureur, officier du Roi, n'étant pas du Corps de Ville, n'en portait point uvrées
du Procureur du Ko
la livrée et revêtait une robe rou^e. 11 en était de même des Conseillers et Quar- Rea-veur,
'■J des Couseillers
teniers, qui étaient vêtus de satin noir ou tanné, et du Receveur, dont la robe était ,ie vn^rparis de veloui's tanné brun ou do damas noir.
Les robes dont étaient revêtus les membres du Corps municipal dans les cérémonies publiques, et dont les couleurs dérivaient des armoiries de la Ville, étaient de véritables livrées; car le payement s'en faisait par la caisse des deniers publics. Les Registres du Bureau de la Ville nous en donnent de nombreuses preuves dans le cours des trois siècles qui précédèrent la révolution de 1789. Presque chaque année, en effet, ils mentionnent des ordonnances du Prévôt des Marchands et des Ëchevins, adressées au Receveur de la Ville de Paris et lui enjoignant de payer, sur sa recette, le prix des robes des Officiers municipaux. Ils relatent souvent aussi les lettres patentes du Roi autorisant cette dépense et ordonnant aux gens de la Chambre des comptes d'en décharger cet officier comptable.
Un seul exemple suffira pour établir que Paris était en possession du droit de livrée.
En i558, lors du mariage du dauphin François avec Marie Stuart, le roi Henri II envoya le sieur de Chemaux, son maître des cérémonies, inviter le Pré-
vôt des Marchands et les Echevins de la Ville de Paris à assister à la célébration qui devait s'en faire en l'église Notre-Dame, et à se rendre ensuite au Palais pour prendre part, avec messieurs des cours souveraines, au souper qui y serait préparé. Mais, le maître des cérémonies n'ayant pas, dans sa semonce, déclaré sous quel costume le Roi voulait que le Corps de Ville se rendît à cette solennité, et les robes de livrée étant plus spécialement affectées aux entrées solennelles des rois et des reines dans Paris, crie Procureur du Roy de la Ville et Messieurs Marcel
Claude Marcel, marchand orfèvre sur le Pontau-Change, afiîneur d'or et d'argent, bourgeois de Paris, ancien trésorier des pauvres et général des monnaies, échevin en i557, député du tiers aux États généraux assemblés à Orléans en i56o, éche-
vin en 1 56-2 , réélu en 1 563 , prévôt des marchands en 1670, conseiller de la reine Catherine de Médicis , garde de ses joyaux et trésorier-receveur général de ses finances , notaire et secrétaire du Roi , conseiller des rois Chai'les IX, Henri III et Henri IV
Les rohes de cérémonie des
Officiers municipaux de la Ville de Pans
élaieut de véritables livrées.
•2\fi LES ARMOIRIES DE PARIS.
ffet Messier''', Eschevins, dit le Registre de l'an i558*^', furent déléguez parle «Bureau pour aller par devers le Cardinal de Lorraine luy faire entendre ladite cr semonce, et pour sçavoir en quel habit le Roy entendoit qu'ils assistassent au dit remariage; lequel leur auroit déclaré que le dit seigneur entendoit que ce fust en c: roLbes de soye aux livrées de la dite Ville, aux dépens dudit seigneur, à prendre te les deniers sur les fermes appartenantes à iceluy seigneur, suivant ses lettres ffdont la teneur ensuit.
cr Henry, par la grâce de Dieu Roy de France, à nos amez et féaux les gens de rrnos comptes, salut et dilection. Comme pour la célébration des nopces de notre rtres cher et très amé fds le Dauphin de Viennois et de notre très chère et rc très amée fille la Reyne d'Ecosse, nous avons ordonné à nos ties chers et bien rramez les Prévost des Marchands et Eschevins, Procureur, Greflier, Receveur
en leurs conseils d'État et prive', intendant et contrôleur général de leurs finances, mort le i" octobre 1 090, à Mantes-snr-Seine, et enterré à Paris, en l'église Saint-Jacques-la-Bouclieric, dans le caveau funéraire des Marcel. Issu d'une ancienne famille bourgeoise connue à Paris dès le xiu' siècle, qui avait fourni de nombreux officiers au corps de cette ville et des chefs aux corporations marchandes de la draperie et de l'orfèvrerie, Claude Marcel laissa une nombreuse et brillante postérité. On voit ligm'er au nombre de ses descendants en ligne masculine et féminine des conseillers et présidents au parlement de Bretagne et aux parlements de Metz et de Paris , des conseillers au grand conseil, des conseillers d'Etf ' , des gouverneurs de ville et lieutenants de roi en province, des lieutenants généraux des armées du roi, un maréchal et un chancelier de France, des évêques, etc. etc.
Les Marcel se sont alliés aux familles Bourderel, Cazet de Vautort, de Coëllogou, Dolu, Le Féron, Le Guerchois, de Hacqueville, Ilallé, Hotman, de Longueil, Luillier, Marais, Le Meneust de Bréquigny, Mcssier, Orlant, Le Picart, Voisin, etc. etc.
Armes : écartelé, aux 1 et i , d'argent, a la croix patriarchale de sable, qui est Marcel; aux 2 et 3, d'or, à la bande d'azur chargée de trois fleurs de lys (1 or, qui est Orlant. Cette écartelure rappelle le mariage d'Audry ou André Marcel, marchand, bourgeois de Paris, bisaïeul de (^aude, avec Anne Orlant, fille de Henry Orlant, changeur et bourgeois de Paris.
' Jean Messier, marchand chasublier, bourgeois
de Paris, échevin de i556 à i558, demeurait au bout du Pont-au-Change , du côté de l'horloge du Palais, dans une maison qu'il avait achetée le h août looy et où pendait l'enseigne du Cioksant. 11 était veuf, en 1 546, de Blanche Ghandellier, dont il avait, à cette époque, des enfants encore mineurs. Jacques Messier, maître chasublier connue lui et demeurant dans la même maison, son fils probablement, passa un marché avec le Prévôt des Marchands et les Eclievins de Paris, le 19 octobre 1671, pour fournir le dais de velours bleu fleurdelysé d'or et décoré des armes du Boi et de la Ville, qui devait servir à l'entrée solennelle de Charles lX(voy. cette entrée au chapitre suivant). Il était marguillier de la paroisse Saint-Barthélemy, dans l'église de laquelle il fut enterré le 1^ novembre 1698. Dans la liste des bibliothécaires du collège de Sorbonne , donnée par M. Franklin {Lea Anciennes Bibliollicrpies de Paris, tome I", p. 29G), Louis Messier se trouve mentionné aux années 1609 et 161 5.
La famille Messier, alliée aux familles de Hotman, Leschassier, Marcel, Mégissier, Le Peuple, de Santeul, etc. avait pour armoiries : d'azur, au dextrochère d'argent mouvant du flanc senestre et tenant une tige de fleurs d'or. Ce sont probablement des ai'uies parlantes, le messier étant un homme commis pour la garde des fruits de la terre avant qu'on en fit la récolte.
Begistre du Biu-eau de la Ville, année i558, manuscrit des Archives nationales coté H ly.'îS, fol. 383; Cérémonial français, par Th. Godefroy, édit. 1669, in-fol. t. H, p. 33.
COULEURS ET LIVRÉES DE LA VILLE. 215 fret Controllcur de iiostre bonne ville et cilé de Paris d'y assister avec robbes de ffsoye, SELON et ainsi qvils ont accoustumé es entrées de Nous, à nos frais et cf DEPENS, à iceux ])rendre sur nos aydes engagées à icelle ville; poui- ce est-il r; que nous vous mandons, commandons, et très expressément enjoignons, qu'en rr j)roc(idant à la clostnre du compte du Receveur de la dite ville, vous passiez et rr allouiez la dépense (pii se iera pour l'achapt des dites robbes, selon l'ordoncrnance que les dits Prévost des Marchands et Eschevins feront expédier au dit «Receveur en représentant les présentes signées de nostre main, avec quittance rroii il echera; nonobstant que les deniers soient destinez pour employer au lacr chapt des rentes constituées sur les dites aydes : A quoy nous avons dérogé et tr dérogeons par ces dites présentes, et à toutes autres ordonnances, mandemens, rr restrictions et défenses à ce contraires. Donné à Paris, le 2'j avi'il, l'an de grâce cr i558 et de nostre règne le douzième, après Pasques. Signé Henry; par le Roy, rr Monsieur le Cardinal de Lorraine présent, Glausse; et scellée, sur simple queiie rrde cire jaune, du grand scel du dit Seigneur
La différence existant entre la livrée des Prévôts des Marchands, des Échevins et du Clerc-Greffier et celle du Receveur et du Procureur du Roi donna assez Iréqueinment lieu à des contestations. Si le Procureur, d'ailleurs officier du Roi, revêtu d'une robe rouge qui rappelait ses fonctions de magistrat, n'avait point trop à envier la livrée des chefs de la Municipalité parisienne, le Receveur, que la couleur de sa robe de cérémonie plaçait, dans les grandes solennités, en dehors des autres membres du Corps de Ville, supportait avec peine cette marque si apparente d'infériorité. Cependant les tentatives faites par cet officier municipal pour obtenir le droit de livrée, mi-partie rouge et tanné, furent constamment infructueuses, car ce privilège fut toujours aussi ardemment défendu par ceux qui le possédaient, contre les usurpations tentées pour y parvenir, qu'il fut soigneusement conservé par eux.
Le droit de livrée
mi-partie rouge et tanné , défendu des usurpations et
soigneusement conservé par ceux qui le posp^<l;iicnt.
Voyez aussi le Registre du Bureau de la Ville, année ibok (manuscrit des Archives nationales H 1778, fol. 192), et celui de l'année 1619, qui contient la copie d'un brevet du 2 4 janvier de cette année par lequel le Roi gratifie les Prévôt des Marchands, Echevins, Procureur du Roi et de la Ville. Greffier et Receveur, d'un don de 5,4oo livres, dont 1,900 au Prévôt et 600 à chacun des autres, pour fournir aux frais de la dépense des robes de ve-
lours, habits de soie, housses de velours, harnais de leurs chevaux, équipages de leurs gens et serviteurs, lors de la réception à Paris du prince de Piémont, fils du duc de Savoie, qui venait épouser Christine de France, seconde sœur de Louis XIII. La copie de ce brevet se trouve également à In page 770 du tome II du Cénhnonial françohs , par Th. Godefroy, édit. in-fol. 16/19. Voyez enfin les appendices XCVI, XCVII et XGVIII.
Le mérite, les services rendus pendant le cours d'une longue carrière administrative, rien ne pouvait faire fléchir les membres du Bureau, lorsqu'il était question de porter atteinte à ce droit. Parfois on accordait alors que le Receveur eût une robe du même prix que celle du Prévôt des Marchands et des Echevins; mais le mi-parti rouge et tanné lui était toujours formellement interdit.
Jehan Hesselin^'^ Receveur de la Ville, qui avait été Clerc-Greffier et, comme tel, avait légitimement porté dans toutes les cérémonies cette livrée si enviée, voulut profiter de ce précédent pour la revêtir encore, lors de l'entrée de la reine Anne dans Paris, quoiqu'il ne possédât plus sa charge. Il présenta requête en ce sens au Bureau de la Ville, dont la décision est ainsi rapportée, à la date du i G novembre i5o4, dans le registre municipal'^' :
rcLe Receveur de la Ville, Jehan Hesselin, a baillé en ladite assemblée une crrequeste faisans mention que, de tout temps, il avoit acoustumé avoir robe à la «livrée de mesdits sieurs les Prévost etEschevins, et pour les services qu'il a faiz rrà ladite Ville requeroit , à ladite entrée de ladite dame en ceste Ville, avoir robe à cr ladite livrée de mesdits sieurs les Prévost des Marchands , Eschevins et Clerc , suirr laquelle requeste a esté conclud et ordonné que, pour les bons services que ledit cr Receveur a faiz à ladite Ville , il auroil po.ur cette fois une robe jusques à la somme rr de quatre vingts livres parisis, qui est la somme ordonnée pour chacune des robes rrde mesdits sieurs les Prévost des Marchands, Eschevins et Clerc. Mais ladite robe rr dudit receveur ne sera de la livrée de mesdits sieurs, pour ce qu'il n'eust jamais rr droit de robe, à cause de l'office de Receveur, et l'avoyt à cause de l'office de Clerc rrde la Ville, et l'ouroit par manière de tauxation '^l r
Sa famille, dont le nom est écrit tantôt Hesselin , tantôt Hescelin , a fourni des officiers au Corps de Ville de Paris depuis la fin du xm" siècle. On peut citer entre autres : Nicolas et Bertaut Hesselin, mentionnés, de lago h i3o3, comme assistant aux délibérations du Parloir aux bourgeois; Denis Hesselin, écuyer, conseiller du Pioi, son maître d'hôtel et pannetier ordinaire , capitaine du château de la Bastille, élu prévôt des marchands en 1/170; Denis Hesselin, greffier-receveur, puis greffier seulement, en i5oo, et Antoine Hesselin, conseiller de Ville à la même époque.
Cette famille parisienne et d'origine bourgeoise , établie aussi en Picardie où elle a possédé la seigneurie de Gacourt, a satisfait à la réfornialion de la noblesse ordonnée en 1668, époque à laquelle
elle a prouvé sa filiation noble à parlii- du prévôt des marchands Denis Hesselin, dont nous venons de parler.
Armes : d'or à deux fasces d azur, semé de croisettes fleuronnées de l'un en l'autre.
Registre du Bureau de la Ville, année i5oi, manuscrit des Archives nationales coté H 1778, fol. 1-13.
Outre les robes de livrée aux couleurs de la Ville, qui forment le sujet de ce chapitre, les Prévôts des Marchands, les Echevins, les Greffiers, les Receveurs, ainsi que les Conseillers de la Ville, recevaient certaines livrées d'une autre nature, telles que du papier, des plumes, des bougies, ou cierges de cire, de l'hypocras, des dragées et des bourses de jetons d'argent aux armes de Paris. Cette