‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 59 sur 107 · OBSÈQUES DE LA REINE ANNE DE BRETAGNE · texte numérisé non relu

OBSÈQUES DE LA REINE ANNE DE BRETAGNE

Dix ans après, l'Echevinage assista, en costume de deuil, aux obsèques de la reine Anne de Bretagne, morte le 9 janvier i5i6. Les Begislres de la Ville font connaître l'ordre suivi en cette circonstance.

8 FÉVRIER 1 5i 6 (n. s.).

1778, fol. 97^.

Obsèques de In llayne de France , Anne de Ih etaigne.

tf Et au regard de messeigneurs Preuost des Marchans et Esclieuins, Clerc, Procureur

et Receueur''', ils seront vestuz et habillez en dueil aux despens de la Ville bien et honnestement en tel cas requiz, pour aller de par la Ville accompaignez des officiers hourgois et marchans d'icelle en bon nombre en robbes noires, les ungs a pié pour marcher deuant el les autres a cheual pour marcher derrière jusques a la porte du boulouart de la porte Saint Jaques, au deuant de lad. Dame; et illec prendre par lesd. Preuost et Esclieuins et Clerc de la Ville le ciel

Prévôt : Roger Barme, avocat du Roi en Parlement; armes : d'aztu" à la bande d"or chargée de 3 roses de gueules.

Echevins : Nicolas Crespy, portant d'argent fretté de gueules. — Jean Olivier, écarteié aux 1 et 6 , à 6 besans d'or posés 3 , 2 el 1 , au chef d'argent chargé d'un lion naissant de sable, armé et lampassé de gueules; au\ 2 et 3 d'or à 3 bandes de gueules, celle du milieu chargée de 3 étoiles

d'argent. — Guillaume Parent, d'azur à 2 bâtons d'épine écotés et alésés d'or, passés en sautoir, accompagnés d'un croissant d'argent en chef el de 3 étoiles d'or posées 1 en flanc et 1 en pointe. — Hoberl Le Lieur, d'or à la croix partie emmanchée d'argent el de gueules, cantonnée de k têtes de lion il'azur.

Procureur : .Jean Radin.

Receveur : Phili])pe Macé.

LE CORPS DE VILLE EN CÉfiÉMONIE.

lad. Dame pour le porter en la uianiere en Ici cas acoustumee, joignani la represenlacion de son corps; et la, lesd. archers, arbaiestriers et ofîiciers de lad. Ville prendront les torches de la Ville pour les |)orter au conuoy; et lesd. bourgeois s'espandronl de costé et d'autre de la rue |)0ur veoir [)asser led. conuoy, en telle manière qu'il n'y ait point de confusion; et que les quarteniers des cpiartiers par ou led. corps passera eslablissent gens pour s'en donner garde, ausquelz seront baillez basions noircys pour ce l'erc. Et quant aux sergens de la Ville, leur sera l'ete quelque tauxation ad ce qu'ilz se vestent de dueil pour, a l'honneur de la Ville, accompaigner mesd. seigneurs i'reuost et Escheuins and. conuoy tant en ceste Ville de Paris que aud. lieu de Saint Denis r>

Dans cette cérémonie, comme dans la précédente, c'étaienrC" encore les Gardes de la Ville qui portaient les torches, et les Sergents avaient en mains des bâtons noircis, pour faire ranger la foule.

ENTRÉE DE LA RE^E MSRiE D'ANGLETERRE.

L'année même de la mort d'Anne de Bretagne, Louis XII épousa en troisièmes noces Marie d'Angleterre, sœur de Henri VIII. Avant la célébration du mariage, qui eut lieu le 9 octobre i5i/i, on se disposait déjà à fêter l'entrée solennelle de la nouvelle Reine à Paris. Dès le commencement de septembre, la Municipalité prenait les mesures convenables. Les Maîtres de la marchandise, les Quarteniers, les Capitaines de la milice, étaient invités à faire leurs préparatifs. La désignation des Corps de marchands chargés de porter le dais au-dessus de la Reine occasionna quelques difTicultés, qui furent promptement levées. Le 6 novembre eut lieu la cérémonie, où ligura en grande pompe la Municipalité avec les principaux Corps de métiers. Huit jours après, l'Echevinage se réunit de nouveau pour offrir à la jeune Reine un présent au nom de la Ville. Tous ces faits sont constatés par les Registres de la Ville dans les termes suivants.

(i \OVEMBRE l5l^.

1778. fol. y 7().

Adiiertisscmcnt aii.i- )ii(ii-s(rei> des jiirei des iiiarciniiidises d'esliic gens poour porter le ciel.

«•Et le mardi cinquiesme jour dud. mois de septembre, mesd. seigneurs Preuost et Escheuins'^* mandèrent venir par devers eux, au bureau de la Ville, les maistres des marchandises, c'est assauoir de la Drapperie, Espicerie, Pelleterie, Mercerie, Changeurs et Orfeures, ausquelz fut récitée par mond. seigneur le Preuost la deliberacion et conclusion prinse en l'assemblée dessusd. en les aduertissant et enhortant que de leur part feissent leur debuoir d'en aduerlir

0 Prévôt : Jean Boulard, d'argent à 3 tAtes de maures de sable tortillées de gueules.

Echevins : Guillaume Parent et Robert Le liieur (vov. p. 226, n. 1). — Méry Bureau, portant d'azur au chevron polencé et contrepolencé d'or,

accompagné de 3 buires du même. — Jean Bazanier, d'azur à la fasce d'argent, chargé en chef à dextre d'une rose d'argent, et à séneslre d'une coquille d'or, et en pomte des mêmes objets disposés inversement.

tous autres de leurs marchandises, et eussent a nommer et eslire en chascune marchandise quatre notables personnes de leur estai pour porter le ciel sur la Uovne a son entrée a Paris es lieux el limittes acoustumez et qui leur seroienl ordonnez, lesquelz fussent honorablement habillez ad ce faire, en robbes de soye de liuree, ou telle autre sorte qu'ilz verroient pour le mioulx; et semblablement incitentceulx de leurs marchandises de les acompaigner en honorables habitz de liuree, et tous se treuuent a chcual en la place de Greue pour d'ilec partir et acompaigner la Ville selon Tordre acoustumé et qui leur sera decleré le jour d'icelle entrée, pour aller au deuanl de lad. Dame.i^

(Ils se consulteront et feront rapport.)

(tOnl pareillement esté mandez les seize quarteniers de la Ville ausquelz a esté fait récit comme dessus de la conclusion de l'assemblée, et leur a este ordonné d'eulx mectre en point a l'honneur du Roy et de la Ville, de robbes honorables et de liuree. n

(Ils se consulteront et feront rapport.)

ffOnt aussi esté mandez les cappitaines des archers et arbalestriers de la Ville, ausquelz a esté enjoinct de soy préparer et faire préparer ceulx de leur nombre bien et honnestement pour euix trouuer a cheual en leurs hocquetons, en la manière acoustumee, en la place de Greue le jour de lad. enti'ee.

(Ils devront faire monstre auparavant.)

ffEt le dimenche xv'' jour d'octobre oud. an cinq cens quatorze, lesd. archers et arbalestriers feirent leur monstre en la granche de la Ville, ou cioz des Celeslins, ou estoient Messeigneurs Preuost des Marchans et Escheuins qui receurent lad. monstre, w

(Le mercredi, ordre pour les lices, etc. de la rue S' Anthoine pour le tournoi. Marché fait le 9.5 septembre.)

tfLc mardi xjT jour dud. mois de septembre, arriuerent a Paris, enuiron niydy, les ambassadeurs d'Angleterre, et allèrent au deuant,n etc. (hors la porte S'-Denis; conduits à leur hôtel avec don et présent de provisions et de torches).

Foi. a8i.

Respoiice des niaistrea jurez des mnrchnndises touchant leurs habitz.

(rOud. an mil cinq cens et quatorze vindrenl et comparurent ou Bureau de la Ville le derreniei- jour dud. mois de septembre, les maistres jurez des marchandises, c'est assauoir de la Drapperie, Espicerie, Pelleterie, Mercerie etOrfeures; el dcclarcrent que eulx el les suppostz de leurs marchandises estoient pretz d'obtempérer ad ce qu'il leur auoit esté ordonné pour le fait de l'entrée de la Royne, et baillèrent par déclaration les noms de ceulx qui auoient esté par leurs communaultez esleuz a porter le ciel et de quelz habitz de soye ilz seroienl vestuz.

f'El au regard des changeurs ils se excusèrent disans que de présent ilz estoient en petit nombre comme de cinq ou six seullement, et a celle cause ne pourroient fournir aux fraiz de s'abiller, selon qu'il est bien rcfjuiz, sans leur grand grief el détriment, requerans estre deschargez de cesl affere. A quoy leur fut respondu par messeigneurs qu'ilz auoient acoustumé de le faire et qu'ilz se meissenl en peine d'y continuer, et neanlmoins que iceulx mesd. seigneurs s'enquerroienl aux maistres jurez d'autres marchandises si vouidroyent prendre cesle charge ou lieu d'iceulx changeurs, el lors les en deschargeroienl. Si en pailerenl depuis mesd. seigneurs aux maistres jurez bonnetiers, lesquelz, après les remonstrances a eulx faictes, prindrent charge d'en communiquer auecques ceulx de leur mestier, et, ce fait, en feroienl leur rapport; ce qu'ilz ont depuis fait et déclaré qu'ilz estoient contans prendre celle charge et d'estre vestuz d'abitz de soye pour porter le ciel ou lieu qui leur seroit ordonné, el d'amener auecques eulx

quelque bon nombre de gens de leur estai en honnestes liabitz de parure : dont niesd. seigneurs ont este' très contans.

rrSont aussi venuz au Rureau de la Ville les seize Quarteniers d'icelle, et se sont excusez d'estre vestuz de robbes de soye, combien qu ilz l'eussent esté a Tentree dernière de la defïïincte Royne Anne de Rretaigne, disans que telz habits n'appartiennent ne consonnent a leurs estatz, et mesmement qu'ilz ne portent point le ciel aux entrées des Roys ne des Roynes, mais bien seront vestuz de bonnes robbes d'escarlatte violette, tous de liuree, pour acompaigner le corps de la Ville. Si ont esté receuz ad ce faire.»

Fol. 282.

Jour (le l'entrée de lad. Dnine a Paris , el l'ordre tenu par la Ville.

ffEt le samedi, luj" jour de novembre ensuiuant oud. an, furent Messeigneurs aduertiz que le jour de l'entrée de lad. Dame seroit a lundi prochain sixiesme dud. mois

rrEt ont marché selon l'ordre qui s'ensuit, c'est assauoir : premièrement, deux des dix sergens de la Ville a cheual, vestuz de leurs robbes my parties auecques leurs nauires. Après eulx, deux et deux, les menuz ofliciers de la Ville comme les mesureurs de grains, les vendeurs de vins, les courtiers de vins, les crieurs de vins, les raosleurs de huche, les mesureurs de charbon, les ungs a pié tenans ung baston blanc en la main, et les autres a cheual, tous vestuz de leurs meilleurs habitz. Après, les vj" archers et Ix. arbalestriers , leurs trompettes deuant eulx, portans bannières aux armes de la Ville. Après, les autres huit sergens de la Ville. Après, MM" les Preuost des Marchans et Escheuins et le Clerc de la Ville, vestuz de robbes my parties de cramoisy et lenné, fourrées de martres. Après, les Procureur et Receueur de la Ville et les Conseillers d'icelle, vestuz de leurs meilleurs habitz. Après, les Quarteniers, vestuz de robbes de liuree. Après, les quatre maistres de la Dra|)perie esleuz a porter le ciel a leur tour, vestuz de robbes de soye de liuree, et bon groz nombre de marchans de leur estât après eulx, vestuz de drap de liuree. Après, les quatre esleuz de l'Espicerie, aussi vestuz de soye de liuree, et bon nombre de marchans de leur esfat après eulx, vestuz de drap de liuree. Après, les quatre esleuz de la Pelleterie, pareillement vestuz de robbes de soye de liuree, et bon groz nombre de gens de leur mestier, vestuz de drap de liuree. Après, les esleuz de la Mercerie, vestuz de velours noir, et bon nombre de gens de leur estai après eulx, vestuz de robbes de drap de liuree. Après, les quatre jurez Ronnetiers, aussi vestuz de soye de liuree, et aucun nombre de gens de leur estât après eulx, vestuz de robbes de liuree, et est assauoir que lesd. Bonnetiers ont esté mys a porter led. ciel, ou lieu des Changeurs qui par cy deuant l'auoyent acoustumé de porter, lesquolz Changeurs s'en sont excusez a cosle foys et re({uiz en estre deschargez comme dit est cy deuant, disans estre de présent en pelit nombre pour fournir a telz fraiz. Après, marchoient les Orfeures, c'est assauoir les quatre esleuz, vestuz de soye de liuree, et aucun nombre de gens de leur estai après, vestuz de leurs meilleurs abitz. Après, plusieurs bourgois et autres, vestuz de toutes sortes. Et en cest ordre deux a deux sont allez jusques a la Chappelle Saint Denis n

Fol. 28/1.

[Le Q novembre , assemblée pour le jn'ésenl à faire à la Reine. \

rrEt led. samedi xj" jour (hid. mois de nouembre, mesd. seigneurs Preuost des Marchans el Escheuins, vestuz de leurs robbes du jour de l'entrée de la Royne, acompaignez de bon nomhic do bourgois el marchans vestuz de leurs meilleures robbes autres que celles de l'eulree, sont allez en l'hostel des Tournelles a l'yssue du disiier de lad. Dame, et luy ont présenté en don de parla Ville lad. vesselle d'argent doré, laquelle estoil mise en parement sur une table, w etc.

Selon l'ostimation du Corps de Ville, ce présent montait "jusques a la valleur de six mil francs et mieulx. v

Il est assez curieux de voir, comme nous l'apprend le deuxième extrait du Registre, les Changeurs demander à être relevés de l'obligation où ils étaient d'assister aux entrées solennelles. La corporation des Bonnetiers consent à les remplacer, et promet de faire son possible pour tenir un rang convenable à la cérémonie. Cette circonstance n'est pas sans intérêt : elle aide à comprendre les modifications successives qui se produisirent dans la hiérarchie et dans l'importance relative des Corporations. INous ne nous y arrêterons pas davantage, parce que le sujet spécial de ce livre a ses limites; mais des incidents de ce genre font entrevoir les raisons du choix des couleurs adoptées pour les livrées des Corporations et leur rapport avec les couleurs de la Ville. Ces détails, qui nous semblent aujouid'hui presque puérils, passionnaient alors les gens des métiers; et c'est en les recueillant qu'on parvient à se rendre compte de l'importance de ces associations, qui furent, en réalité, Tàme de Paris, comme ville et comme capitale du royaume.

Le lecteur a dû, en outre, remarquer dans ce récit que les gens de la Ville, et sans doute le Gouverneur, insistent auprès des maîtres des Corporations, chargés de porter le ciel, pour leur faire revêtir des robes de soie, luxe inusité dans les cérémonies précédentes. Si les Bonnetiers n'hésitent point à faire cette dépense, c'est qu'il ne leur déplaît pas de devenir les égaux des autres Corps de métiers, qui étaient privilégiés sous ce rapport.

Les Quarteniers demandent à ne pas porter de robes de soie, bien qu'ils en eussent à l'entrée de la reine Anne. Mais il ne faut pas oublier que, dans une autre assemblée de la même époque, le Bureau de la Ville avait promis aux Quaiteniers qu'ils seraient indemnisés d'une partie de leurs frais. Remarquons aussi qu'ils offraient de revêtir de cr bonnes robes d'escarlate violette, n et que, plus loin, dans les détails du cortège, on les verra couverts de robes de livrée. Sauf le Bureau et les Gardes, les autres membres du Corps de Ville ou des divers services municipaux avaient, comme le prouvent les récits précédents, l'habitude de se vêtir à leur gré dans les cérémonies. La livrée ancienne des Quarteniers consistait en drap tanné; c'était la couleur de la Marchandise.

Plusieurs passages du troisième extrait pourraient sembler obscurs, si nous ne donnions à ce sujet quelques éclaircissements.

11 faut distinguer entre les usages traditionnels et certains détails de tenue, certaines prétentions fastueuses qu'on remarque seulement à partir de cette époque.

Les Sergents et les Gardes ont leurs livrées et emblèmes. Quant aux menus Officiers de la Ville, qui viennent ensuite, crvestus de leurs meilleurs habits, t) c'est plus tard seulement qu'ils auront des livrées.

Le Bureau de la Ville, c'est-à-dire le Prévôt, les Échevins et le Clerc, est paré de ses robes mi-parties de ci-amoisi et de tanné, et, de |)lus, fourrées de martre. C'est la première fois ([ue les Registres font mention de cette fourrure; mais, depuis le xiv- siècle, elle entrait dans les vêtements d'apparat.

Le Procureur et les Conseillei-s n'ont pas de livi-éc; ils ont leurs mneilleuis babits.T» Ce point a son importance pour restituer l'ancienne livrée et pour préciser l'épocpie où la réglementation des costumes d'apparat fut réellement établie.

Suivent les six Corps de métiers : Drapiers (robes de soie), Épiciers (îV/.), Pelletiers [id.), Merciers (robes de velours). Bonnetiers, à la place des Changeurs (robes de soie). Orfèvres (w/.). Les porteurs du ciel sont seuls vêtus de soie; les autres marchands portent du drap, qu'on appelle drap de livrée. Ces costumes ne constituent pas, bien entendu, la livi'ée de la Ville, mais celle de la Corporation.

A cette entrée, les diverses Corporations, les groupes variés se i-attacbant au Corps de Vdle, durent, ])ar la richesse et la régularité de leur costume, produire un ensemble fort satisfaisant. Dans les cérémonies précédentes, les riches affectaient d'étaler leur fortune et écrasaient de leur faste les gens moins opulents. Il en résultait naturellement un certain désordre, que les questions de préséance vinrent accroître plus tard.

Le dernier extrait du Registre renferme un détail qui conlirme notre opinion sur les livrées : le Bureau est toujours vêtu des robes qu'il portait le jour de l'entrée; les bourgeois et les marchands, au contraire, en ont d'autres.

ENTRÉE DE FRANÇOIS l".

La première entrée de François I" eut lieu le i5 février i5i5. Après cette cérémonie, où figuraient, en grand costume, la Municipalité, les bourgeois et les Corps de la milice de la Ville, le Roi soupa au Palais, avec les membres du Parlement et ceux de l'Echevinage. Les Registres de la Ville ne donnent à cet égard que peu de renseignements.

l5 FÉVRIER i5i5 (n. S. ).

H 1778, fol. 988.

Jour de l'entrée du lloij a Paris.

'tEt lo jeudi xv" jour du mois de feurior ensuiuaut oud. au mil \' quatorze, le Roj feist sou

entrée a Paris enuiroii trois heures après mydy; laquelle fut moult honoral)le et triuniphante plus que de long temps n'auoit esté veu tant de la part des corps des communaultez de la Ville qui allèrent au deuant en honorables habitz de liuree, dont mesd. seigneurs Preuost des Marchans, Escheuins et Clerc de lad. Vilie'^' vestuz de lobbes my parties de velours cramoisy et tanné fourrées de martres, jusques a la Chappelle Saint Denis, faire aud. seigneur la reuerence, que de luy qui estoit vestu tout de blanc d'argent retraict par dessus son harnois et faisoit continuellement saulx et penades, en sorte que chacun s'en esmerveilloit comme des princes et seigneurs qui l'acompaignoient en groz nombre et multitude de gens, grandement acoustrez d'orfaueries a leurs deuises. Et en bel ordre marcha led. seigneur et sa compaignie jusques a Nostre Dame de Paris et de la au Palais, ou fut fait de par lesd. seigneurs en la manière acoustumee ung groz et sumptueulx soupper ausd. princes et seigneurs; et y soupperent et eurent leur table lesd. Preuost et Escheuins et ceulx qui auoient porté le ciel de par les communaultez de la Ville sur led. seigneur a lad. entrée et aucuns autres notables personages de la Ville. Et après le soupper se retira led. seigneur, la compaignie chascun en son quartier."

Le Bureau de la Ville remplaça, dans sou costume, la soie par le velours. Gomme on était alors au mois de janvier, ce fut peut-être le froid qui motiva ce changement.

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