OBSÈQUES DU DUC D'ORLEANS
Le corps (lu duc (Charles d'Orléans, père de Louis XII, inliiuné à Blois en i/i65, fut transporté à Paris, en i5o5, par l'ordre du Roi. Les obsèques eurent lieu le 20 février. La Municipalité y assista, en robes de cérémonie, ainsi que le constate le document ciaprès :
«j 1 FiîviuEii 1 r)o5 (n. s.).
1778, fol. i3a v°.
L' mirée du corps de feu Monseigneur d'Orléans , pere du Boy nostre souverain seigneur.
ftLe vendredi viiiijl et uniesme jour de feurier, l'an mil cinq cens et quatre, Messeigneurs de rOstel de la Ville de Paris''', en habit de dueil et montez, partirent de l'Osfel d'icelle Ville en l'ordre qui ensuit, c'est assauoir : deux Officiers de lad. Ville; et deux a deux marchèrent deuant les archers et arbalestriers; après, vestus de leurs hoquetons et robes noiies, une flèche ou vire en leur poing, les sergens de la Ville tous a pied; après, mesd. seigneurs de la Ville vestus de robes et chaperons de deul; après, les Conseillers et Quarteniers de ladicte Ville; après, les Maistres et Gouuerneurs des six marchandises et plusieurs marchans et bourgois de lad. Ville en babillemens noirs et montez. Et allèrent oudit ordre jusques a Nostre Dame des Cbamps. Et d'illec retournèrent oudit ordre jusques a la porte Saint Jaques, ou illec mesd. seigneurs de la Ville descendirent a pied, en attendant led. corps
'•Et environ deux lieures après midi fut apporté led. corps en lad. Ville de Paris, reposant sur un cliariol branlant. Et en entrant à la porte Saint Jaccpies esloient devant les quatre ordres mendians
fT Après marchoient seize crieurs de corps vestuz de robes noires et chaperons de dueil portans les armes de feu mondit seigneur le duc d'Orléans et sonnans leurs clochetes, et devant le corps avoit de par lad. Ville six vingtz grosses torches, aux armes d'icelle ville, que portoient aucuns archers, arbalestriers et autres officiers de l'ostel de la dite Ville, tous vestuz de noir. Après avoit vingt-quatre torches aux armes de la ville de Bloiz, etc.
tf Puis les gens de Blois, les seigneurs, les princes de la famille Puis la Cour. ... Et
grant nombre de marchans de cested. Ville a cheval et en robes noires. ... Et a icelle porte mesd. seigneurs les Preuost des Marchans, trois Escheuins et le Clerc, et ou lieu de l'autre
Prévôt : Eustaclie Luillier (voy. p. '22 9,
Échevins : Jean Hébert et Pierre Le Maçon (voy. p. 2 2 2 , n. 1 ) — Jean Le Lièvre, d'azur au chevi on d'or, accompagne' en chef de 2 quintefeuilles d'argent, et en pointe d'une aigle à 9 têtes éployée du même. — Pierre Paulmier, de gueules au clievron d'argent chargé de 2 palmes de sinople cou-
chées suivant le sens du chevron; ledit chevron accompagné de 9 étoiles d'or en chef, et en pointe d'une grenade du même ouverte de gueules.
Greffier, conseillers et quarteniers, les mêmes qu'à la précédente cérémonie, sous la réserve des deux conseillers nouveaux dont les noms sont les suivants : Etienne Huré (p. 229 , n. 1 ) et JeanHessehn.
escheuin qui estoit pour lors malade le Receueur de lad. Ville, priiid[rjent le poille aussi de drap d'or rez estant sur ledit chariot que portoient six gentilz hommes archers de la garde du Hoy nostrod. seigneur n
Les livrées de deuil se portaient en noir; on voit ici une application de cette règle générale. Outre leur hoqueton, les gardes ont une robe noire; ce qui s'explique facilement, la robe étant mise sur le hoqueton ordinaire aux couleurs de la Ville. Aussi les armes accoutumées sont-elles remplacées par une flèche, ou une sorte de javeline. Quant aux sergents, ils portent le deuil complet.
On remarquera certains détails du cortège : les crcrieurs de corps r agitant leurs clochettes, les gardes tenant des torches aux armes de Paris, d'autres portant des torches aux armes de Blois, Ces indications sont précieuses, car elles nous font connaître des usages qui se perpétuaient depuis longues années rr en la maffnière accoustumée, n ainsi que dit le chroniqueur,