‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 67 sur 107 · PROCESSION DANS LA CITE · texte numérisé non relu

PROCESSION DANS LA CITE

Au commencement de novembre i535, on ordonna une procession afin d'assurer la prospérité des armes du Roi. Nous reproduisons un court extrait de la relation donnée à ce sujet par les Registres municipaux.

3 NOVEMBRE l535.

H 1779 , fol. 157.

ff Mess" Quinette, Auger, de Thou et Picart, Esclieuins de lad. Ville lesquelz,

vestuz de leurs robbes my parties, acompaignez d'aucuns Quarteniers et Bourgeois, sont partiz dud. Hostel de Ville a cheual, lesd. archers, arbalestriers et hacquebutiei"s , vestuz de leurs hocquetons de liurées, et les sergens de lad. Ville, vestuz aussi de leurs robbes de liurées, marchans deuant deux a deux, etc.ri

Même composition du Corps de Ville qu'au 25 octobre précédent(p. 254, n. 2).

'^^ Les échevins anciens, Martin de Bragelonne et Jean Courtin, avaient été remplacés par Chris-

tophe de Thou et Eustache le Picard. Nous retrouverons bientôt Christophe de Thou comme prévôt. Quant à Eustache le Picard, il portait d'azur au lion rampant d'or.

La procession ne parcourut que le quartier de la Cité. Les quatre Échevins y assistaient seuls en robe mi-parties, avec quelques Quarteniers et Bourgeois, tous à cheval. Ils étaient escortés de Gardes et Sergents en livrées.

MESSE DE LA REDUCTION DE LA VILLE DE PARIS

Comme nous ne saurions trop insister sur la dislinclion des costumes, nous reproduisons encore quelques détails relatifs à ce sujet; ils sont extraits des Registres de la Ville, à la date de la «messe de réduction, 55 en i536.

1 1 AviuL 1 536.

H i77<,), fol. iGi v°.

tf Et suiuant l'ancienne et louable coustunie, messeigneurs M''''Cristofle de Thou et Eus-

tace Picart, Esclieuins de la Ville de Paris derniers esleuz, vestuz de leurs robbes my parties, sont

partiz de l'Hostel de Ville Et enuiron lad. heure de neuf heures , lesd. Preuost des Marchans ,

Escheuins et Greffier, vestuz de leurs robbes my parties les Procureur et Receueur de lad. Ville, el aulcuns Conseillers , Quartiniers et Bourgeois de lad. Ville , mandez le jour d'hier, et tous a chenal, les sergens de lad. Ville, vestuz de leurs robbes my parties, grand nombre des archers, hacquebutiersetarbalestriers, vestuz de leurs robbes my parties, marchans deuant,sont partiz dud. Hostel de Ville et allez on lad. église Nostre Dame, ou a esté lad. messe dicte et célébrée a chant

de musicque et choses faictes par les chantres de lad. église douant l'image Nostre Dame

Ce laict, mesd. seigneurs les Preuost des Marchans, Escheuins et Greffier, vestuz et accompagnez comme dessus, sont retournez de lad. église oud. Hostel de Ville , ou ilz ont tous disné en la grand salle, -n

L'extrait ci-dessus n'indique ni l'habillement du Procureur et du Receveur de la Ville, ni celui des Conseillers et des Quarteniers; mais nous pouvons présumer que ces divers personnages ne portaient pas de robes mi-parties, et que le Procureur, notamment, était revêtu de sa robe rouge, ainsi que nous l'avons vu dans deux récits précédents (XIII et XV).

PRIÈRES À L'ÉGLISE ARBATIALE DE SAINT-DENIS POUR LA PROSPERITE DES ARMES DL ROI.

François I" venait de partir pour la Flandre, oii il s'apprêtait à continuer la guerre contre Charles-Quint. On décida alors que des prières solennelles seraient faites dans l'église de Saint-Denis, pour attirer les bénédictions du ciel sur les entreprises du Roi. La Municipalité assista à la cérémonie. L'ordre observé en cette circonstance est indiqué dans les termes suivants.

Voy. ia note précédente, p. 9 55.

27 MAHS 1 537 (n . s. ).

II 1779, fol. a5/l.

tf Cejouixriiuy xxvii'^ do mais m. v° xxxvi aiianl Pas({ues du matin, mess" les Picuost des

Marclians, Esclieuiiis cl Groiïier acompagnez de plusieurs Conseillers, Quartiniers et notables Bourgeois de lad. Ville''', pour' ce le jour précèdent mandez, el sergens de lad. Ville, quinze du nomlne des archers et quinze du nombre des arbaleslriers de lad. Ville, son! parliz de ceited. Ville de Paiis; et eulx arrivez aud. lieu de S' Denis, niesd. seigneurs les Preuost des Marchans, Escheuins el Greffier se sont vestuz de leurs robbes my parties, et acompaignez comme dict est de plusieurs notables Conseillers, Q)uartiniers et notables Bourgeois de lad. Ville, aians les sergens de lad. Ville vestuz de leurs liurées, led. nombre d'archers et d'arbalestriers vestuz de leurs liocquelons, sont allez en l'église de Sainct Denis et se sont assis chacun en leur ordre aux chaises du cucur de lad. église près le grand hostel au costé senestre eu esgard a l'entrée de l'église vis a vis et a l'opposite de la chaize cathedralle de l'abbe dud. Sainct Denis, c'est assauoir : led. Preuost des Marchans en la première chaise haulte, et les Escheuins, Greffier et aucuns desd. Conseillers es autres chaises, suiuant led. Preuost des Marchans, et les Quartiniers et Bourgeois aux chaises basses au dessoubz desd. Preuost des Marchans, Escheuins, Greffier et Conseillers. V

Quand le Corps de Ville se rendait à Saint-Denis, il ne mettait ses robes miparties qu'au moment de paraître à l'église, et il est bien spécifié que le Bureau seul porte ces robes. Les Sergents ont leurs livrées, et les Gardes sont dits rr vestuz rrde leurs becquetons, i: et non de robes, comme à la procession pi^écédente.

Oji remarquera l'ordre suivant lequel le Corps de Ville se plaçait dans le choeur de l'église; cette question a été souvent discutée plus tard avec le Parlement, et le Roi a du la trancher.

Les arbalétriers, dont il est question dans plusieurs extraits, furent créés en 1610, sous Charles VI, et peut-être à cause de l'état de Paris à cette époque; mais il existait depuis longtemps un corps d'archers, sans lettres royales ni confrérie. Ils obtinrent leurs lettres en ikii, et l'on y constate leur existence antérieure à celle des arbalétriers. François 1*='', en iBaS, créa la troisième compagnie, ou cr nombre, n des arquebusiers ou rr harquebutiers, n pourvus d'armes nouvelles.

Prévôt : Jean Tronson , proroge' en 1 536 ( voy. p. 254, n. 2).

Echevins : Christophe de Thou , avocat du Roi aux eaux et forêts; ses armes étaient d'argent au chevron de sable, accompagné de 3 taons du même. — Eustache Le Picart, notaire et secrétaire du Roi, d'azur au lion rampant d'or. — Claude Le Lièvre , d'azur au chevron d'or, accompagné de 2 roses d'argent en chef, et en pointe d'une aiglette à 9 têtes, éployée, d'argent. — Pierre Raoul,

d'azur au chevron d'or accompagné de 2 roues du même.

Greffier : Pierre Perdrier :

Conseillers : Charles de Montmiral, Germain de Marie, Guillaume Rude, Jehan Morin, Claude Le Lièvre, Jehan Luillier, Robert Le Lieur, Jehan Prévost, Simon Teste, Nicolas de Hacquevilie, Adrien Du Drac, Pierre Violle, Gervais Larcher, Jehan Berlhélemy, Jacques Boucher.

Quarleniers : Thomas Le Lorain, Croquet, etc.

Pour les anciens gardes, c'est-à-dire pour les archers, les lettres royales ne l'ont que constater leur existence et leurs privilèges, qui alors remplaçaient la solde. C'est ainsi que furent constatés et régularisés les couleurs et le blason de la Ville et des Corporations, quand l'occasion ou la nécessité imposa cette régularisation; ce qui ne détruit pas l'existence d'actes plus modernes, ayant constaté, d'une manière héraldique, le droit des villes à prendre ou à conserver ces couleurs.

PROCESSION EN ACTIONS DE (iHÀCES.

Le Pape avait otl'ert son entremise pour amener une paix solide entre François 1" et Charles-Quint; mais les prétentions des deux rivaux sur le Milanais entravèrent les démarches du pontile, qui obtint seulement la conclusion d'une trêve de dix ans, à partir du 2 1 juin 1 .538. La guerre avait causé déjà tant de calamités, que la Ville accueillit avec joie la nouvelle de cette trêve, et proposa à cette occasion une procession, qui eut lieu le mois suivant.

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