‹ Les armoiries de la ville de Paris: sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées e céroemonies publiquesChapitre 92 sur 107 · ENTRÉE DE LOUIS XIV · texte numérisé non relu

ENTRÉE DE LOUIS XIV

La Ville de Paris, tout en célébrant par des réjouissances publiques le mariage de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Espagne, se préparait à fêter dignement l'entrée du Roi, fixée au 26 août 1660. Entre autres projets imaginés pour cette solennité, on avait conçu l'idée de faire marcher les Corps de métiers par groupes de cinquante hommes, portant

Prévôt : Macé Le Boulanger, pi'ésiilenl aux Enquêtes; il portait d'azur à la fasce d'or, accompagnée en chef de 3 étoiles du même en fasce, et en pointe de 3 roses d'argent.

Eclievins : Sébastien Cramoisy, imprimeur ordinaire du Roi , d'argent à l'ancre de sable à la (rabe d"or, au chef d'azar chaigé de 3 étoiles d'or en fasce. — Jacques de Monhers, d'azur à 3 mains apaumées d'argent, à la fleur de lys coupée à sé-

nestre en cœur. — Remy Tronchol, de gueules à l'olivier arraché de sinople, accosté d'une gerbe d'épis d'or surmontée d'un croissant d'argent et d'une étoile d'or. — Guillaume Bâillon, de gueules au lion passant armé et lampassé d or; au chef d'or, chargé de 3 étoiles d'azur en fasce.

Grellier : Martin Lemaire.

Procureur : Germain Piètre.

IJeceveur : Nicolas Boucot.

des uniformes dilTérents : les horlogers, par exemple, devaient elre costumés en Flamands, les menuisiers en Italiens, les rôtisseurs en Turcs, etc. etc., comme dans les ballets de Molière. Les diverses relations qui rendent compte de la cérémonie n'indiquent pas que ces intentions aient été réalisées. Toutefois les Registres de la Ville constatent sulllsamment que le cortège était d'une grande magnificence.

26 AOIÎT 1660.

H 181 5, fol. /i56 x".

Entrée de Louis KIV à Paris après sou mariage.

trQuoy que toutes les grandes pompes soient accompagnées de confusion et qu'elles se facent pour l'ordinaire sy tart qu'elles ne sont point veues, parce qu'il manque tousjours quelque chose au paracheuement des apprests, des décorations ou des personnes qui y doiuent parroistre : néanmoins l'entrée triomphante du grand Roy Louis Augusie Dieudonné et de la Reyne Marie Thérèse, son espouse, se trouua sy heureusement concertée, qu'elle n'eut aucun de ses delfaults. Elle se fit en plain jour et auocq un ordre parfait, quoy qu'elle ayt esté faite dans la plus populeuse ville du monde et dans laquelle estoit accouru un nond)re presque infiny de peuples, que la curiosité auoit attirez non seullement de toutes les ])rouinces du royaume, mais encore des prouinces eslrangeres. Les causes de ces bons succez se doiuent attribuer a trois choses : la première est le destin du Roy, tousjours heureux et tousjours glorieux autant que le fut Cesard Auguste dans l'ancienne Rome, pour lequel il sembloit que le Ciel Irauailloit en toutes sorles d'occasions, jusques a rendre ses diuertissemens plus agréables en donnant a l'air et au temps une disposition liiuoi-able toutes les fois que ce Prince entreprenoit quelque chose : ainsy en faueur de l'auguste Dieudonné, cette multitude innombrable de peuple se trouua capable d'obéir et de suiure les ordres des Preuost des Marchans et Escheuins, et le Ciel mesme qui s'estoit tenu couuert le matin brilla de ses plus viues clartez a l'heure que commança cette ceremonye; la seconde cause est la vigillance de Sa Majesté, qui est tousjours le premier en touttes rencontres; et la troisiesme, le soing des Preuost des Marchans et Escheuins de la\ ille tant au choix du lieu ou Leurs Majestez debvoient receuoir les hommages de tous les corps de la Ville [que] par la disposition de touttes les aduenues et des rues par ou la pompe debuoit passer, dans les- (pielz il n'y auoit aucuns eschaffaulx qu'aux endroits ou ils pouuoiont seruir de décoration et a fermer des passages qui eussent peu troubler les ordres des marches.

trCe grand jour estant doncq venu, chacun songea de se rendre en son debuoir

«Les Preuost des Marchans et Escheuins, Procureur du Roy, Grelher et Receueur, Conseillers, Quartiniers et le reste du Corps de Ville partirent de sou Hostel commung, ou estoit leur ren-

Prévôt : Alexandre de Sève , seigneur de Chaslillon-le-Roy, élu en i654, continué en i656, 10,58 et 1660; il portait fascé d'or et de sable, au boi'd compassé du même de six pièces.

Eclicvins : Claude Prévôt, d'argent, chargé de .') roses de gueules. — Charles Du Jour, écarlelé aux 1 et k de gueules à 2 pals d'or, aux 9 et 3 de gueules à un soleil d'or. — Pierre do La Mouche,

de gueules à la bande d'argent chargée de 3 mouches de sable. — Jean Hélissan , d'azur au chevron d'or, accompagné eu chef de 2 canettes affrontées d'argent, et en pointe d'un croissant du même.

Conseillers : Gaigny, Hélyot, Levieulx, Héron. Gervais, Lecomte, Desvot, Ladvocat, de Bragelonne, Lambert, Dreulx, de Vert, de Laballe,

(lez vous, cl nIl(!roiil prendre Monsieur le duc de Bournonuille, Couvcrneui' do Paris"*, en son hoslel scis au fauxbourfj- Saint Germain

tr Premièrement, trois hommes a cheual de front auecq des casaques bleues passementées de galon d'argent, l'espée au costé et deux pistolietz a l'arson de la selle, qui sont les clercs des trois coin|)a}jnies des archers; trois cheuaux de main a la queue l'un de l'autre, couuerts de housses de velours couleur de l'eu, enrichies de passemens et de franges dont les grains estoient chargez de forces rubans couleur de feu, conduits chacun par deux palfreniers vestus de gris gallonnd d'argent, qui les retenoienl aiie([ de longues escharpes de taffetas blanc;

tf Quatre trompettes aux mesmes liurées, mais plus enrichis de galons;

ffLe sieur Drouarl, colonnel des trois cens archers de la Ville, monte sur un cheual blanc superbement enharnaché, vestu d'un habit de brocard d'or chamarré de passemens, botté et hi canne a la main, ayant au tour de luy six lacquais de ses liurées;

f'Lcs cappitaines desdiles trois compagnies des archers sur une mesme ligne, suiuys des trois cornettes aussy superbement vestus et bien montez;

«Les trois cens archers de la Ville, quatre a quatre, ayans tous des pistoletz a l'arçon de la selle, la carabine haute, des plumes blanches, leur ci-auatle renouée auec un ruban couleur de feu, et la casaque bleue d'une mesme parure auec des galons et boutons d'argent et des armes de la Ville deuant et derrière.

«Cette trouppe estoit diuisée dans son milieu par les lieutenans (]ui auoieiil deuant eux deux trompettes aussy des liurées du colonnel, et elle estoit fermée par les trois guidons., les major et ayde major eslans sur les aisles.

cfSuiuoient douze pages du duc de Bournonuille, Gouuerneur de la Ville, vestus proprement de ses couleurs, ayans a leur teste un de ses escuyers, son cheual de parade conduit par deux de ses palfreniers ;

«Deux trompettes de ses liurées;

« Le cappitaine de ses gardes et son lieutenant.

«Cinquante gai'des a cheual les suiuoient, ayans aussy des casaques de la liurée dudict sieur Gouuerneur.

«Suiuoit le maistre d'hostel de la Ville, l'imprimeur et le cappitaine de l'artillerie; «Les maistres des œuures de Maçonnerye et Charpenterye en habits noirs et housses de drap noir;

«Les dix huissiers de la Ville, deux a deux, aueq leurs robbes my parties et la nef dorée sur l'espaulle;

«Le sieur Le Maire, Greffier de la Ville, aueq sa robbe my parlye de velours rouge et tanné, doublée de velours noir, a cheual et en housse aussy de velours noir, mor et eslriers dorez, ayans

Boucot, de Santeuil, Godefroy, de Faverolles, Chariot, Langlois.

Quarteniers : Julien Gervais, Antoine de Laporte, Jean de Monlhers, Robert Hamouyn. Eslienne Quartier, Henri de Santeuil, Guillaunio de Faverolles, Pierre de Besnes, Jacques Picquct, Henri Prévôt, Martin Bélier, René Gaillard, Olivinr Levieux.

GreiTier : Martin Le Maire.

Procureur : Simon PirMre.

Receveur : Nicolas Boucot.

Andjroise- François, duc de Bournonville, nommé par Louis XIV pair de France en lôSa, puis chevalier d'honneur de la reine Marie-Thérèse, et gouverneur de Paiis en 1660. Après la chute de Fouquet, il quitta la cour pour embrasser l'état ecclésiastique, et mourut en i6()lj simple prêtre. 11 portait de sable au lion armé, lampassé et couronné d'or, la queue fourcliée et passée en sautoir.

:Vi6 LES ARMOIRIES DE PARIS.

a coslc de luy six lacquais de ses liurées. H affecta ce poste pour une plus grande conimodilé, eslans certain par tous les registres de la Ville que les Procureur du Roy, Greflicr et Receueur vont sur une mesme ligne en pareilles occasions : aussy marchèrent ils dans cet ordre quant ils ronlrerent dans la Ville;

rcMonsieur le Gouuerueur vestu d'un habit de drap d'or en hrodorio, nionle .sur un superbi; cheual enharnaché d'un brocard d'or, entouré de vingt quatre estaffiers de ses couleurs;

tt Monsieur de Seve, Preuost des Marchans, alloit a sa gauche en robe du palais my partye de velours rouge et tanné, aux parements de mesme couleur, ayant par dessoubz une sousianne de satin rouge cramoisy auecq boutons, ceinture et cordons d'or; la housse de son cheval de velours noir, enrichye de frange et houppes d'or et d'argent, les resnes, la tesliere et le reste du harnoys d'un tissu de soye noire, or et argent (ce qui est particulier a Monsieur le Preuost des Marchans n'y ayant que luy qui doiue auoir des housses auec de l'or); il auoit autour de luy seize lacquais de ses liurées; elles estoient de drap vert brun, auec six bandes de velours gay bordées et cousues aueq des galons aurore et blanq;

"Le secrétaire du Preuost des Marchans en son habit ordinaire, a cheual et en housse de serge noire, marchoit proche de luy hors de rang et portoit les clefs de la Ville sur une tauayolle de moire bleue a fondz d'argent, lesdites clefs estoient d'argent du pois de marcs;

ffLes Conseillers de Ville en robbes ou manteaux a manches de satin noir, deux a deux, tous a cheual et en housse;

rrLes seize Quartiniers auec leurs manteaux ou robbes de velours cizelé noir, aussy a cheual et en housse;

ffLes six niaislres et gardes de la Drapperie auec leurs robbes de velours noir et locques ornées de cordons d'or;

rLes six maistres et gardes de l'Espisserie auec leurs robbes de velours tanné; '•Les six maistres et gardes de la Mercerie avec leurs robbes de velours violet; ffLes six mnistres et gardes de la Pelleterie en robbes de velours bleue fourrées de loups cormiers [cerviers);

ffLes six maistres et gardes de la Bonneterie en leurs robbes de velours tanné;

'^Les six maistres et gardes de l'Orphebuerye en leurs robbes de velours rouge cramoisy :

"Tous les maistres et gardes ayans des tocques a cordons d'or;

ffLes quatre gardes de la Marchandise de vin auec leurs robbes de velours bleu et des tocques auec des cordons d'argent. (Ce rang leur fut donné par prouision et en attendant la décision du procès qu'ils ont contre les autres six Corps qui ne le veulent reconnoistre pour faille Corps.)

ff Tous ces maistres et gardes marchoient deux a deux, chaque corps preceddé de son clerc en robbes et housses de drap;

ffLes Cinquanliniers, Diziniers et notables Bourgeois mandez de chacun des seize quartiers au nombre de dix, tous veslus de noir, a cheual et en housse, marchans en deux filles et faisans quatre vingts cinq rangs.

•rLa compagnie des Tailleurs fermoit cette marche. Ils estoient au nombre de six vingts et plus, vestus de pourpoints de brocard d'argent et haults de chausses gris couuerls de clinquans, forces plumes et rubans incarnacs, blancs et bleuz, l'espée au costé, le bas de soye gris de perle, les housses de leurs chenaux de satin ondé. Celte Irouppe estoit commandée par un de leurs anciens bacheliers, preceddez de trois trompettes vestus de casaques de tabis bleu gallonnez d'argent. ^5

On a dû être frappé, en lisant l'extrait ci-dessus, de certains détails qui ne se

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