‹ Les arristes; comédie en quatre actesChapitre 23 sur 57 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LA VALADE. SAKTRAY

UN DOMESTIQUE, annonçant.

Monsieur Sartray.

LA VALADE, SC Icvant.

En voilà une surprise!... Comment! vous, en France ? Et depuis quand ?

(Ils se serrent la main. )

SARTRAY.

Depuis une quinzaine.

LA VALADE

Mais pas à Paris ?

SARTHAY.

Non, à Marseille où javais afïaire. Je ne suis venu passer que quarante-huit heures à Paris,

LA VALADE

Toujours colon en Abyssinie ?

SARTRAY.

Avec de plus en plus de satisfaction.

LA VALADE

II y a au moins trois ou quatre ans que vous n'étiez revenu ?

SARTRAY.

Quatre ans passés!... depuis le double mariage de Montpaze avec M^i® Rosario et de mon ami Fradettes...

LA VALADE

...Avec Marcelle de Gesvres!... C'est vrai... Je me rappelle !... Mais que d'événements depuis !

SARTRAY.

Oui, je vois que Montpaze à mis supérieurement en pratique ses fameuses théories d'arriviste !... Et vous avez tous un peu suivi ?...

LA VALADE

Oui... à peu près tous ! . . .

SARTRAY.

Vous êtes ?

LA VALADE

Moi ?... Secrétaire et doublure du grand financier.

SARTRAY.

x\h î c'est ainsi qu'on l'appelle?

LA VALADE

Certainement. La maison de Banque Montpaze est déjà une des plus puissantes de l'Europe.

SARTRAY.

EtTouraille?

LA VALADE

Touraille est député.

SARTRAY.

Sans aucune étoffe ?

LA VALADE

Si ! celle de ministre... Quant à Bêchereau, c'est déjà le très influent directeur du journal le « Sens public ».

SARTRAY.

Je sais...

LA VALADE

Vaudreuil est devenu un de nos plus brillants fonctionnaires, décoré d'hier; Grivelles administre cinq ou six grandes sociétés.

SARTRAY.

Et... deFradettes?

LA VALADE

Oh! de Fradettes s'est tenu superbement à l'écart.

SARTRAY.

Pourtant, il est ici?

LA VALADE

Oui... il est ici... il fallait vivre! Mais il ne remplit que des fonctions de chef de bureau strictement rétribuées. Il fait son travail sans se mêler à aucune affaire... sans profiter d'aucune, surtout! C'est un caractère singulier... mais c'est un caractère!., vous veniez le voir, n'est-ce pas?... (se levant.) Est-ce qu'il sait que vous êtes là ?

SARTRAY.

Non.

LA VALADE

Alors, je vais l'avertir. . . Son cabinet est à côté.

(// sonne . )

SARTRAY.

Merci.

LA VALADE, Se kvant et lui tendant la main. Et je vais vous dire au revoir... Il faut le tête-àtête pour deux grands amis comme vous et lui.

Je regrette, mon cher Monsieur Sartray, que vous ne restiez pas davantage à Paris ; j'aurais plaisir à causer avec vous. Si vous saviez comme je pense souvent à ce que vous disiez un jour sur les délices de l'indépendance.

SARTRAY.

Eh bien, mais je repars après-demain, si le cœur vous en dit ?.. .

LA VALADE

Hélas! que voulez-vous... une fois liabitué au liarnais. . . on trotte dans le brancard !

SARTRAY, riant.

Surtout quand l'écurie est bonne ?

LA VALADE, entendant la porte s'ouvrir.

C'est lui, adieu !. . .

(Ils se serrent la main.)

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