‹ Les arristes; comédie en quatre actesChapitre 56 sur 57 · DE FR A DETTES · texte numérisé non relu

DE FR A DETTES

Ah ! taisez -vous !... Ne m'obligez pas à ce que je ne veux pas faire!. . Et je ne veux vous tuer, ni ici, ni dans un duel, quel qu'il soit. .. L'un et l'autre, contre vous, serait un assassinat!... Je ne veux surtout à aucun prix que M'"' de Fradettes soit atteinte... Comprenez-moi bien! (Le regardant.) Mais vous m'avez très bien compris I Je suis sûr de vous, aujourd'hui. Pour l'avenir, il me reste les précautions et 'es preuves prises pendant les trois ans que j'ai connu vos secrets financiers. Vous comprenez cela aussi, n'est-ce pas?

DE MONTPAZE, rassuré, mais dompté.

Je ferai ce que vous déciderez?

DE FRADETTES.

C'est bon !.. . (Allant à la petite table à écrire.) Vous étiez venu, Monsieur, pour le règlement dune dette... Quel en est le montant exact ?

DE MONTPAZE.

Cent quarante-cinq mille francs... mais peut-être a-ton calculé*..

DE Fil A DETTES, écrivant.

Oh! je ne discute rien. (// signe un papier quil lui tend.) Voici une reconnaissance signée de moi. Elle est garantie par mes propriétés qui, dès deuiain, seront mises en vente... Quel qu'en soit le prix, avec ce que je possède, vous serez couvert... (Mouvement de Marcelle, qui, silenciense, assiste à la scène.) Veuillez me donner le reçu que vous aviez apporté. Monsieur, vous êtes payé ! (Quand Montpaze a pris la reconîiaissance . ) Vérifiez .

Mais, Monsieur, vous avez mis une somme...

DE FRADETTES.

J'ai ajouté le total des appointements reçus chez vous: trente mille francs.

DE MONTPAZE.

Il s'agit d'argent gagné.. .

DE FRADETTES.

Je ne veux rien vous devoir... surtout pas un salaire...

DE MONTPAZE.

Mais je ne peux pas accepter...

DE FRADETTES.

Alors, donnez-les aux pauvres de votre part. . . ça les étonnera !. . .

DE MONTPAZE, aveccolève.

Monsieur, je...

DE FRADETTES, hrusquement .

Ah! pas un mot... vous n'avez qu'à subir ce que j'ai décidé!... (Se rapprochant de lui, glacial. )Ei rappelez-vous bien, je le répète, que vous me répondez de votre discrétion, sur votre vie... et aussi sur quelque chose qui vous touche presque autant... sur votre situation !.. . Ce n'est pas pour vous que je vous épargne... c'est pour moi !.. (Voyant que Montpaze fait un mouvement.) Attendez; vous n'avez pas repris ici tout ce qui vous appartient... (// désigne r appartement.) M^^ de Mor.tpazeest là!... DE MONTPAZE, balbutiant.

Ma fem.... ?

DE FRADETTES, OUWant IcS pOTtCS .

Il est trop juste de vous réunir !...

(De Montpaze entre : les portes restent ouvertes.)

DE FRADETTES, sc toumant vcvs sa femme. Marcelle !

MARCELLE, vcnaut sc jeter dans ses bras. Jacques !

DK FRADETTES, avcc uuc émotiou profonde. Je te demande pardon !

MARCELLE, voulaut SB mettre à ses genoux. Oh ! non, non... C'est moi qui te prie... qui te supplie !

DE FRADETTES, l'entraînant.

Pas ici. . . pas devant eux . . . viens. . . viens 1 . . .

MARCELLE, le suivaiit, humble.

Tu veux de moi ?

DE FRADETTES.

Il faudra me suivre.

MARCELLE

Oui, partout!

DE FRADETTES.

Hors de Paris... hors de France !

Partout !

DE FRADETTES.

Nous n'avons plus rien.

MARCELLE

Je t'aurai, toi... puisque tu m'as reprise !

DE FRADETTES, entendant rentrer de Montpaze et Christiane.

Qu'ils ne nous retrouvent pas... sortons ! (Les de Montpaze paraissent au moment oti ils vont franchir la

porte.) (De Fradettes se retourne une dernière lois, tenant Marcelle serrée contre lui. — A Christiane.) Je vous avais bien dit, Madame, qu'il y avait quelque cliose de plus fort que l'argent !. . . (Ils sortent.)

Page 1