CH
L’acide cacodylique :
O — As *
alors que de l’acide méthylarsénique nous ne trou vons plus qu’un radical (CH3).
O = As
Ce corps après avoir été successivement appelé nouveau cacodylate, sel arsénical B, fut définitivement consacré sous le nom d’arrhénal (As CH3 03Na2) et M. Gautier proposa d'appeler la médication par les arsénicaux organiques non toxiques, médication arrhénique , réservant le nom de médicaiion arsénicale aux arsénicaux minéraux.
Dans la même monographie l’auteur nous donne les résultats de la médication arrhénique et ces résultats, disons-le, dépassent toute espérance dans la tuberculose. Des opinions diverses en faisaient un médicament sans action dans les périodes avancées de la tuberculose ; or, des observations du Dr Letulle, Pujade et de l’auteur nous montrent des tuberculeux à la troisième période sensiblement améliorés.
Voici du reste les résultats mentionnés par M. Gautier :
Deux tuberculeux au deuxième degré au bout de deux mois de traitement gagnèrent 6.000 et ^.ioo grammes. Us quittèrent l’hôpital avec des signes stéthoscopiques notoirement atténués ; les hémoptysies avaient cessé, le sommeil était revenu.
Quatre tuberculeux au troisième degré gagnèrent respectivement 100, 2.000, 1100 et 2.200 grammes en deux mois.
C’est donc un résultat fort appréciable â cette période où toute médication échoue. Le reproche que l’on faisait aux cacodylates de ne pas agir sur les malades en deuxième ou troisième période ne semble donc pas fondé pour l’arrhénal.
Dans la chorée M. Variot a obtenu de bons résultats qui doivent être sanctionnés par des observations plus nombreuses. Mais pourquoi échouerait-on puisque l’on sait, comme nous l’avons vu précédemment, que l’arsenic est un des meilleurs remèdes contre la chorée, opinion basée sur les résultats qu'obtiennent journellement les Drs Comby et Marfan aux Enfants-Malades.
Enfin M. Gautier aidé du Dr Rillet, nous donne dix observations de paludisme où l’arrhénal s’est montré un égal de la quinine, ce qui n’est pas fait pour nous étonner, ayant vu déjà les ^appréciables résultats donnés par les sels minéraux d’arsenic.
Personnellement nous avons pu apprécier la haute valeur de la médication arrhénique dans la tuberculose au début. Dans trois cas, après quelques séries
d’injections hypodermiques de cacodylate de soude, au moyen d’ampoules Clin dosées à o gr. o5 aidés du traitement général habituel nous avons vu l’état général se modifier et l’évolution du mal s’arrêter.
Devant les succès obtenus par l’arsenic organique on a été amené à associer ce médicament à d’autres, de façon à combiner les effets ; mais l’étude quoique laissant des espérances n’en est pas encore suffisamment approfondie pour que l’on puisse se prononcer avec assurance.
Nous savons déjà que dans la syphilis tertiaire la médication arrhénique associée à la médication mercurielle donne les meilleurs résultats :
Actuellement, et ce sera notre conclusion, la médi-
cation interne par le cacodylate de soude ou l’arrhénal est toujours indiquée :
Dans la tuberculose. — Au début, résultats toujours favorables.
Dans la tuberculose au 2e degré, l’état général est amélioré, et souvent les lésions modifiées.
A la troisième période elle peut enrayer momentanément la cachexie, peut même déterminer une augmentation de poids, mais reste sans influence appréciable sur les lésions.
Dans la tuberculose locale, l’action est toujours favorable.
Dans le paludisme. — Doit prendre place à côté de la quinine et rendra surtout des services dans la cachexie tardive, ou lorsqu’une cause quelconque s’opposera à l’administration des sels de quinine.
A ce sujet il nous faut rappeler que la médication arrhénique est bien supérieure à la médication cacodylique, qui ne donne que très peu de résultats dans le traitement des accès fébriles.
M. Gautier explique cette différence d’action par ce fait que l’arrhénal est moins organique, si l’on peut dire, que le cacodylate ; le simple examen des formules justifie du reste cette explication.
y CH3
O — As '—CH3 = cacodylate \ONa