OBSERVATION IX
Mlle R..., âgé de dix-neuf ans, est prise le 15 juin, étant à Vichy, de douleurs articulaires aux pieds, aux épaules etaux poignets avec un état fébrile.
Puis quelques jours après un érythème légèrement papuleux, avec nodosités, ressemblant à l’érythème noueux, fait son apparition. On ordonne du salicylate. Le 29 juin, la malade se sentant mieux rentre à Paris.
Le 3 juillet, les symptômes précédents qui avaient disparu, se montrent à nouveau et semblent encore une fois améliorés pendant une semaine par la médication salicylée.
Mais bientôt survient une phase de fièvre à grandes oscillations et brusquement le 31 juillet, éclatent les signes indu-
bitables d'une méningite cérébro-spinale mortelle.
Nous rapprocherons de cette observation le cas cité par Salomon :
D Te
Une femme de trente-deux ans, dont la maladie a débuté le So juillet par des douleurs du poignet et des coudes avec gonflement ; le lendemain, éruption avec fièvre.
Le 7 août, neuvième jour de la maladie, on pratique une hémoculture qui met en évidence le méningocoque.
Le 20 septembre seulement, une méningite se déclare.
Enfin celui relaté par Sainton, qui a vu éclater une méningite cérébro-spinale chez un malade porteur d’une arthrite à méningocoque subaiguë depuis cinquante-six jours.
Ces faits démontrent d’une part que les arthropathies peuvent être la seule manifestation, ou tout au moins la plus précoce, d’une septicémie à méningocoques. Ils nous semblent, d’autre part, singulièrement en faveur de l’origine hématogène de la méningite cérébro-spinale, car la localisation du germe pathogène d’abord sur une articulation, puis sur la méninge, ne peut s'expliquer que par le cheminement du microbe de l’une à l’autre par la voie
sanguine.