LOGE
Lorsque l’arthrite est tardive, elle ne peut être confondue qu'avec les arthrites sériques ; mais cellesci sont toujours accompagnées du cortège symptomatique habituel aux accidents sériques, érythèmes ortiés,et surviennent à un stade de la maladie prévu pour ainsi dire à l’avance. Enfin elles se présentent sous la forme arthralgique et ne s’accompagnent pas d’épanchement dans la synoviale.
Le diagnostic des formes articulaires préméningitiques ou symptomatiques d’une septicémie sans méningite peut être, au contraire, fort délicat. |
Là encore, mais plus aisément, la confusion a été faite avec une attaque de rhumatisme articulaire aigu. Tourdes, Faure, Villars, Boudin et autres cliniciens de la même époque, rapportant l'histoire de l'épidémie de 1840-1841, ont discuté sur l’association possible du rhumatisme et de la méningite. Jamais il n’y avait eu, dit le rapport d’un médecin militaire, un aussi grand nombre de cas de rhumatisme aigu.
Nous avons montré combien le diagnostic peut se montrer épineux au début, particulièrement dans le cas rapporté par Bezançon et Guszmann, où le salicylate de soude semblait amener la résolution des phénomènes articulaires.
Cependant, il ne nous semble pas impossible, car si la mobilité des arthrites dues au méningocoque est aussi grande que dans le rhumatisme, l’impotence fonctionnelle qu’elles déterminent est en général assez faible, de même qu’à l’ordinaire elles sont peu
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douloureuses. Enfin leur tendance à la suppuration d'emblée les en sépare nettement.
Au reste, celte indolence relative attire peu l’attention du médecin. Ce sont des arthrites qu’il faut savoir rechercher avec un soin tout particulier, surtout au niveau du genou où elles se fixent le plus volontiers.
Apparaissant au cours d’un processus morbide accompagné d’éruptions papuleuses ou purpuriques, lorsque le tracé thermique s'inscrit par grandes oscillations, un épisode articulaire acquiert une valeur diagnostique considérable et doit orienter le clinicien vers le diagnostic de méningococcémie.
A ce stade, l’hémocuilture a de grandes chances de se montrer positive.
Le diagnostic des divers pseudo-rhumatismes infectieux ne saurait se discuter. Les arthropathies méningococciques en sont un type et des plus nets ; seuls les moyens dont dispose le laboratoire permettent de préciser leur nature.
Les recherches bactériologiques et biologiques doivent être dirigées avec beaucoup de soin et de persévérance, le microbe étant délicat et difficile à saisir dans la circulation vénérale.
L’hémoculture sera pratiquée (avec les plus grandes garanties d’asepsie) au début d’un accès, lorsque la courbe thermométrique commencera son ascension. La quantité de germes qui circule étant minime, il sera bon d’ensemencer une assez grande quantité de sang (10 à 15 cmc.) dans un ballon conte-
ARE qe
nant 250 centimètres cubes de bouillon panse glucosée formule M. M. de l’Institut Pasteur, ou à son défaut de bouillon-ascite.
Le ballon ensemencé sera de suite mis à l'étuve à 37 degrés.
En cas d'échec, il ne faudra pas hésiter à cultiver le sang une seconde, voire une troisième fois.
. Si la maladie évolue depuis quelque temps et que les cultures du sang pratiquées dans les conditions optima de réussite demeurent stériles, on aura recours, comme l'ont fait Lemierre et Lantuejoul, au séro-diagnostic. Il va sans dire que toute thérapeutique antiméningococcique antérieure proscrit ce moyen d’investigalion.
Dans tous les cas la ponction de l’article, — etilfaut ponctionner, dit Sainton, les articulations beaucoup plus souvent qu’on ne le fait en général, — permettra d'examiner les caractères du liquide, de le cultiver et d’y déceler le plus souventle méningocoque. Là encore l’exsudat articulaire sera largement ense- . mencé soit sur plusieurs tubes de gélose-ascite ou de gélose T, soit en milieu liquide M. M.
L'examen sur lames ne peut qu'orienter le diagnostic qui doit dans tous les cas être confirmé par la culture et l'identification du germe contenu dans l’épanchement.
La présence dans ce dernier d'un diplocoque en grains de café,décoloré par la méthode de Gram, dont certains éléments retiennent plus aisément la matière
colorante, n'autorise pas à conclure au méningo-
coque. De nombreux microbes, le gonocoque en particulier,n’ont pas d’autres caractères morphologiques et tinctoriaux.
Enfin l'examen du cavum permettra dans certains cas d'isoler le diplocoque de Weichelbaum alors que les moyens précédents auront échoué.
Cet isolement sera poursuivi sur gélose-Martinsérum-formolé.
Extrait du sang, du liquide articulaire ou du cavum, le microbe doit être identifié. Toute {hérapeutique active et efficace en dépend.
Fermentations sucrées. — On ïidentifiera tout d’abord le germe trouvé aux méningocoques par son action sur les sucres, en se souvenant que ceux-ci font fermenter la glucose et la maltose mais laissent intacts tous les autres hydrates de carbone, notamment la lévulose.
Agglutination. — Puis la recherche de l’agglutination par les sérums expérimentaux permettra de savoir quel type de méningocoque est en cause.
L'intérêt thérapeutique qui résulte de la bonne exécution de cette recherche paraît devoir nous autoriser à en donner la technique, telle qu’elle est suivie dans les laboratoires de l’Institut Pasteur de Paris.
1° Emulsion microbienne. — Il est indispensable de prendre une culture jeune (24 heures au plus) sur gélose-ascite. L’émulsion doit être faite à raison de an centigramme de microbes pour 20 centimètres cabes d'eau physiologique (Nicolle). La densité de
cette émulsion est obtenue en émulsionnant très soigneusement la valeur d’une anse de platine (2 mm. de diamètre) bien remplie de corps microbiens dans 4 centimètres cubes d'eau physiologique. Il faut éviter de prélever les colonies au contact de l’eau de condensation.
2° Disposition de la réaction. — On dispose 5 tubes à hémolyse contenant chacun 4 centimètres cubes de la dilution microbienne.
Le premier tube reçoit 1 goutte de sérum Antim. A.
Le second — — B.
Le troisième — — C.
Le quatrième — — D.
Le cinquième — de sérum de cheval normal.
Les sérums doivent être répartis avec une pipette donnant 20 gouttes au centimètre cube.
Habituellement le résultat est obtenu rapidement, après cinq minutes. Dans les cas où l’échantillon est peu agglutinable il est nécessaire d'attendre dix, quinze minutes.
Si le microbe est agglutiné par un des sérums spécifiques et le sérum normal, ou par plusieurs sérums spécifiques, il convient de recommencer l’épreuve à un laux plus élevé, en diluant les sérums par exemple.
On peut avec avantage employer un procédé lent dans lequel on emploie des dilutions de plus en plus étendues de sérum. Les résultats sont plus précis
et plus fidèles. Ce procédé doit se pratiquer à la température du Laboratoire.
Au cas ou deux ou plusieurs sérums auraient un pouvoir agglutinatif très élevé, il y aurait lieu de pratiquer l'épreuve de saturation des agglutinines, épreuve de Castellani.
Cette technique doit être suivie pour le séro-
diagnostic pratiqué à l’aide du sang d’un malade suspect. Dans cette occurence, on met en présence de dilutions successives de ce sérum une émulsion microbienne de chaque type de méningocoque A. B. C. D. non agglutinables spontanément et non influencés par le sérum humain normal.
. Là encore l'épreuve de Castellani peut être nécessaire.
Enfin, comme les appellations varient avec les divers auteurs, nous donnons un tableau de corres-
pondance des dénominations employées pour les
différents types de méningocoque.