PRONOSTIC
Un caractère domine, d’une manière générale, l'évolution des arthropathies méningococciques : leur bénignilté. Tous les auteurs, Netler, Sainton, Lafosse, s'accordent sur ce point. Les arthralgies guérissent sans traitement et sans laisser de traces. L’arthrite suppurée, abandonnée à elle-même, peut disparaître spontanément, « la flambée articulaire » peut être très éphémère et le pus se résorber avec une rapidité déconcertante. La guérison survient, rapide, complète, sans laisser ni raideur ni ankylose.
Cette fugivité et cette bénignité les sépare donc nettement des arthrites gonococciques, si tenaces et à tendance plastique.
En outre elles sont très heureusement influencées par le traitement : sérothérapie, bactériothérapie, ponctions suivies d’injections intra-articulaires de sérum,
Cependant, dans quelques cas, les phénomènes évoluent moins simplement.
Ainsi dans un de ceux rapportés par Faroy et May la régression et la fluxion articulaire n’a pu
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être obtenue que par une sérothérapie intra-veineuse et intra-articulaire très active, puis par une injection d’éther dans la synoviale ; dans un aulre, observé par les mêmes auteurs, il fallut recourir à l'arthrotomie. De même Josias et Netter furent contraints d'ouvrir un coude pour une arthrite suppurée et l’ankylose suivit l’arthrotomie.
L'observation que nous rapportons offre un type d’arthrite à caractère plastique, s’accompagnant de raideur, de limitation des mouvements actifs et passifs et d’atrophie musculaire marquée. Le sérum s’y montra peu efficace et plusieurssemaines de massothérapie furent nécessaires pour amener une amélioration incomplète.
Donc, s’il est vrai que la plupart du temps les arthropathies à méningocoques disparaissent sans laisser de traces, leur bénignité n’est pas toujours une règle absolue et dans tous les cas il sied de diriger contre elles une thérapeutique active et précoce.
Les manifestations articulaires ont-elles une influence sur les accidents méningés ? Pour Netter leur apparition comporterait un pronostic favorable pour la méningite elle-même, tout au moins chez l’adulte et l'adolescent. Sur 7 malades où la méningite se compliquait d’arthrites suppurées, 6 ont guéri. Avant la découverte du sérum l'apparition d’arthropathies permettait déjà de présager une terminaison heureuse du processus méningé. Tourdes, puis Counelimann, Mallory et Wright ont vu guérir la plu-
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part des malades chez lesquels ils avaient noté une fluxion articulaire.
Dans un ordre inverse, un cas rapporté par Variot, montre qu’une localisation articulaire préméningi- tique, a rétrocédé au moment de Péclosion des signes méningés.
Il semblerait donc qu’il existât une sorte de balancement entre la gravité des arthropathies et celle de la méningite. |
Nous croyons que le pronostic de cette dernière, malgré les faits que nous venons de rapporter, est moins dépendant qu'il ne paraît de l’apparition des complications articulaires.
La méningite comporte pour son propre compte un pronostic sévère, conditionné par l’âge,la gravité de l'épidémie, le début du traitement. Aussi, Netter n'hésite pas à considérer les arthrites suppurées du nourrisson comme plus graves que celles de l’adulte, moins du fait de la localisation du méningocoque sur les jointures, que la malignité habituelle de la méningite chez le tout petit enfant.
De même, tous les cliniciens s’accordent à reconnaître une rigueur exceptionnelle à la maladie chez le vieillard et l’homme mûr (épidémies qui ont sévi durant la guerre dans les régiments territoriaux), malgré l'apparition fréquente, chez ces malades, d’arthrites suppurées.