‹ Les Arthrites à méningocoquesChapitre 27 sur 30 · TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE

Les moyens thérapeutiques dont nous disposons ont une influence si favorable sur les arthropathies à méningocoques, qu'il est opportun de les diriger contre elles d’une façon précoce, malgré leur évolution habituelle vers la guérison spontanée.

Les formes arthralgiques ne réclament aucun soin local. La médication générale qui vise la méningite ou la septicémie agit en même temps sur elles d’une façon heureuse et rapide. On sait en effet (Debré) que le sérum injecté dans le canal rachidien diffuse rapidement dans toute l’économie.

Les arthrites suppurées bénéficient d’une thérapeutique dont l’activité s’échelonne de la sérothérapie sous-cutanée à l’ouverture de l’article malade.

Au début, et si l’épanchement est minime, les injections de sérum sous-cutanées ou intra-veineuses amènent rapidement la sédation de la « flambée articulaire ». |

Si la synoviale est distendue par un volumineux épanchement, par la ponction pratiquée dans un but diagnostique, on évacue la plus grande quantité pos-

sible de liquide, puis on injecte dans la jointure de 5 à xo centimètres cubes de sérum anti-méningoCcoCcique. L’articulation est immobilisée en même temps que l’on exerce sur elle une légère compression ouatée. Cette injection peut être suivié de réactions locales (douleurs vives, empâtement), mais celles-ci disparaissent rapidement ; l’empâtement persiste parfois pendant quelque temps, mais sans gêne fonctionnelle. Une seule ponction est souvent sufiisante ; dans certains cas il faut la répéter plusieurs fois.

L’arthrite peut se montrer rebelle et, malgré les injections intra-articulaires et les ponctions renouvelées, le pus se reforme rapidement. Dans un cas de cet ordre, Faroy et May ont injecté avec succès dans la séreuse quelques centimètres cubes d’éther.

La bactériothérapie réunit chaque jour des partisans nouveaux. Elle est instituée soit à l’aide de stocks-vaccins, soit, et mieux, d’auto-vaccins, selon la méthode de Wright.

La voie sous-cutanée est le plus habituellement employée (Méry). La voie veineuse donnerait des résultats plus rapides et plus brillants (Sergent).

Elle se montrerait efficace, alors que la sérothérapie à échoué.

Nous n’avons pas dessein d’opposer l’une à l’autre les méthodes d’immunité active et passive, mais nous pensons avec Netter que si la bactériothérapie donne des résultats incontestables, l'échec de la sérothérapie est imputable le plus souvent à l’emploi

NE

d’un sérum non spécifique. Dans les affections méningococciques, la spécificité des sérums thérapeutiques est telle que l'identification préalable du germe pathogène domine et régit toute la médication.

Nous avons cru devoir insister sur les moyens qui permettent de préciser à quel type de méningocoque il faut rapporter le processus morbide, car à chaque variété correspond un sérum spécifique différent.

L’insuccès de ces moyens thérapeutiques conduit en dernier ressort à recourir à l’arthrotomie, dont le pronostic s’est éclairé singulièrement depuis ces dernières années, puisque dans certains cas (Sainton) la guérison peut être obtenue par ce moyen sans raideur ni ankylose.

Enfin dans les arthrites à tendance plastique, on obtient, comme dans celles où le gonocoque est en cause, les meilleurs effets d’une massothérapie bien conduite. Celle-ci combat la raideur, l’impotence fonctionnelle et l’atrophie parfois considérable des masses musculaires juxta-articulaires.

La prophylaxie des arthrites à méningocoques sera la même que celle instituée contre la méningite cérébro-spinale. Bien souvent, même, les arthrites préméningitiques permettront de dépister toute une classe de porteurs de germes d’autant plus dangereux qu'ils sont méconnus et de prendre à leur égard les mesures d'isolement habituelles avant qu'ils ne sèment la contagion autour d'eux.

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