‹ Les Arthrites Du Genou Consécutives Aux Fractures Irradiées Du Tibia Par Projectiles De GuerreChapitre 14 sur 20 · FRACTURE AVEC HÉMARTHROSE PRÉCOCE · texte numérisé non relu

FRACTURE AVEC HÉMARTHROSE PRÉCOCE

Le débridement des orifices de pénétration du projectile dans l'os, révèle l'existence de larges fissures articu laires : la blessure doit être traitée comme une fracture articulaire.

Robe

On s'adresse d'abord au foyer de fracture et lon se propose comme but la stérilisation de ce foyer infecté: l'agrandissement de l’orifice de pénétration, l'ablation, le curettage de la bouillie osseuse infectée, qui stagne dans le séton ou la plaie borgne de l'os, Pablation du projectile et des débris vestimentaires qui Paecompagnent sont le premier temps indispensable de cette stérilisation que l’on complète ensuite par l'action des antiseptiques.

Chemin faisant, on reconnaîl que des fragments osseux, supportant une face articulaire; sont complètement délachés, ou bien de larges fissures fendent l'os jusqu'à l'articulation suivant son grand axe.

C'est alors que pourraient se poser les indications d'une résection. Mais la forme anatomique très spéciale de ces fractures irradiées entre en jeu, et c’est en cela que ces fractures diffèrent essentiellement des plaies articulaires du genou avec fracture du plateau tibial.

Dans les cas où un fragment de l’épiphyse tibiale est complètement détaché, en forme de coin, par exemple, comme cela existait dans notre observation |, son ablation s'impose. On réalise une résection partielle.

Mais cette seule forme de résection esl autorisée et la résection du genou ne doit pas être tentée. Il suffit de se reporter aux dessins qui représentent les pièces ana tomiques de nos observations pour se rendre compte que l'on ne peut songer à praliquer une résection. L'éten. due en hauteur des fragments séparés par la fissuration ne permet pas une opération qui conduirait à des sacrifices d'os considérables en étendue, et incompatibles

avec un résullat orthopédique satisfaisant.

On se contentera donc. en ce qui concerne la lésion osseuse, de la stérilisation du foyer, et cela comprend

l’ablation des fragments d’épiphyse devenus libres dans le foyer, qui mérite mal le nom de résection.

Dans le traitement qui s'adresse à l'hémarthrose ellemême, on doit puiser les indications dans ce fait que nous avons énoncé :

L'épanchement précoce et abondant est symptomati que d'une fissuralion large. Il doit être considéré comme infecté d'emblée ou voué fatalement à l'infection.

On pourrait être tenté, si l'on n'a pas l'esprit pénétré de ce fait, d'hésiter à pratiquer une arthrolomie pour un épanchement articulaire qui n’est encore qu'une. hémar. throse et de se contenter d'une ponction évacuatrice, ou d’une ponction avec lavage de l'arliculalion à l'éther. Cette pratique nous parait condamnable, el l'arthroltomie du genou est indiquée d'emblée, alors même que le liquide articulaire, retiré à la ponction exploratrice, est du sang pur, el sans en attendre la transformation purulente.

Dans nos deux observations, le chirurgien avait pratiqué l'arthroslomie du genou, c'est à-dire la suture des lèvres de la synoviale aux léguments pour en assurer l’étalement, suivant la méthode décrite par Tixier. Mais en somme la méthode d'arthrotomie importe peu, pourvu que la synoviale soit largement ouverte, el nous ne croyons pas que l'on soit autorisé à se contenter, pour la drainer, comme nous l'avons vu faire, d'ailleurs sans succès, de la brèche ouverte dans l’article par l'ablation d'un fragment articulaire détaché.

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