‹ Les Arthrites Du Genou Consécutives Aux Fractures Irradiées Du Tibia Par Projectiles De GuerreChapitre 15 sur 20 · FRACTURE, IRRADIÉE, AVEC HÉMARTHROSE TARDIVE · texte numérisé non relu

FRACTURE, IRRADIÉE, AVEC HÉMARTHROSE TARDIVE

: Le plus souvent, au moment.où l’on intervient sur Île foyer de fracture, alors que l'hémarthrose n'existe pas encore, la fissuration articulaire est méconnue. 4 3 B

Cependant, la seule présence de fissures irradiant des orilices créés dans los par le projectile suftilà faire redouter la fissuration articulaire. |

Il convient de toujours soupçonner, en présence d'une fracture du tibia, intéressant le tiers supérieur de l'os. la possibilité de cette fissuration.

Le traitement du foyer de fracture est celui que nous avons indiqué et à cela se borne l'intervention da premier jour.

Le membre doit être immobilisé avec soin dans une gouttière solidarisant la cuisse avec le bassin. La température et le pouls sont les signes dont la surveillance doit être constante : l'élévalion progressive de la tempéralure et du pouls, les douleurs articulaires empêchant le sommeil conduiront à examiner l'arhiculation

Nous avons dit qu'un examen systématique de l'articulation peut parfois déceler l'existence d'un épanchement. Quand celui ei devient manifeste par son abondance, c’est vers le qualrième ou cinquième jour que cela se produit, el, pendant quelques jours ce n’est d’abord que du sang.

L'arthrotomie s’impose-t-elle de façon aussi absolue que dans les épanchements précoces ?

Il n'est pas impossible, si la stérilisation du foyer de fracture à pu être obtenue, que cet épanchement reste stérile.

On serait autorisé, si le liquide retiré à la ponction exploratrice s'est montré stérile à l'ensemencement. à attendre, en surveillant attentivement les modifications de la Lempéralure, du pouls surtout, ou à pratiquer une ponelion évacualrice, suivie ou non d'un lavage de Parti-

culalion à l'éther (1).

(1) Nous observons actuellement un blessé qui, à la suite d'une plaie articulaire du genou par éclat d'obus, a présenté une hémar-

Nous croyons que ces cas favorables sont l'exception. Ceux où l’hémarthrose est infectée sont la règle, et l'arthrotomie doit être pratiquée aussitôt que l'existence d'un épanchement articulaire est reconnue et que l’on n’a pas la possibilité d'être assuré de sa stérilité.

Pratiquée de façon très précoce, l'arthrotomie prévient les désordres qui accompagnent la suppuration articulaire. Mais l'arthrite suppurée une fois installée, il est rare que les accidents cessent du fait de l’arthrotomie. Malgré l’immobilisation la plus rigoureuse, malgré les méthodes de stérilisation employées, on voit s'installer l'état seplicémique que nous avons décrit et qu'entretiennent, d'une part, la résorption de produits septiques au niveau des surfaces articulaires, d'autre part, celle qui se fait dans le foyer de fracture voué à l'ostéomyélite.

L'’amputation de cuisse devient alors l'ultime ressource qui, pratiquée en temps utile, met fin. du jour au lendemain, à ces accidents de résorplion.

Devant la fatalité qui semble conduire l'évolution de ces fractures irradiées vers l’amputation de cuisse, on pourrait se demander s'ilne serait pas préférable, en présence des lésions constatées, de recourir d'emblée à une intervention radicale, au total plus conservatrice que l'amputation tardive.

Nous croyons que la désarticulalion du genou peut trouver ici des indications

throse considérable. L'arliculation fut vidée par ponction de son contenu, lavée à l’éther.

Actuellement, après trois semaines, le liquide s'est à peu près résorbé et se montre stérile à lenseméncement. Le projectile a traversé l'articulation en fracturant le péroné et se trouve inclus dans le condyle externe du fémur d’où il n’a pas été extrait.

Si les désordres osseux sont considérables, s'il s'agit d'un véritable fracas osseux irradié à l'articulation, ou si des lésions vasculaires compliquent la fracture, nous pensons qu'il conviendrait de pratiquer d'emblée la désarticulation du genou.

À ce stade initial de la blessure, quand la suppuration de l'arthrite n'a pas encore imposé des incisions d’arthrotomie, l'état des téguments permel, en général, de trouver un lambeau satisfaisant, et les surfaces articulaires fémorales n'ont pas encore subi l'altéralon de l'arthrite qui fait que cette opération ne trouve plus, à un stade ultérieur, ses indications.

L'avantage de cette opération praliquée d'emblée dans ces cas, les plus défavorables, serait d'éviter au blessé l’étal seplicémique qui le laisse, même après une amputation faile à temps, affaibl pour longtemps, et d'aboutir à un résultat orthopédique supérieur à celui de l'ampu lation de cuisse, que les circonstances obligent souvent à pratiquer assez haut el à laquelle conduisent les tenta -

Lives téméraires de conservalion.

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