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ÉTIOLOGIE
Les fractures du tibia irradiées à l'articulation du genou sont relativement rares, et sur un total de 3.000 observations recueillies au cours de cette guerre par le docteur Bonnet, nous n'avons pu retrouver que 3 observations caractéristiques, tandis que les fractures articulaires, les plaies articulaires avec fracture du tibia sont beaucoup plus fréquentes. l
Parmi les fractures qui intéressent le tibia dans son tiers supérieur, nous pouvons dire qu'à peu près une sur dix s'accompagne de fissures articulaires. Il est beaucoup plus habituel d'observer des érosions superticielles de la crête du tibia, des tunnellisations de l'os, des pénétrations sans irradiations, des fracas osseux sans fissures articulaires.
Il est vraisemblable que dans la constitution d’un type anatomique de fracture interviennent la nalure du pro- Jectile, son volume, sa force vive au moment de la pénétration. Nous manquons de données précises à ce sujet, mais l’on admet, en général, que les balles de fusil provoquent suivant la distance des tunnellisalions de l'os, ou des fractures par éclatement. Les éclats d'obus de petit volume pénètrent l'os sans grand dégàt à l'entrée, et restent souvent inclus dans le tissu spongieux où au contact de la lame compacte de l’épiphyse tibiale. Nous avons retrouvé un certain nombre d'observations de ce genre:
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Ce qui est moins connu et que nous avons observé de façon très nette, c'est que les éclats de grenade de toutes petites dimensions, jouissant d'une vitesse initiale considérable qui s'atténue très vite, peuvent, à faible distance, traverser l'épiphyse tibiale de part en part. En ce qui concerne les fractures avec irradiations il semble, d’après nos observalions, qu'il s'agisse le plus souvent de pro- Jectiles de volume moyen variant de celui d’un pois à celui d'un dé à jouer. Mais au total nous ne croyons pas que le volume du projectile ou sa force vive conditionnent de façon nette le type anatomique de la fracture
La constitution anatomique de l'os nous paraît être la raison principale des irradiations articulaires. Rappelons en peu de mots le développement et la structure de lPextrémité supérieure du tibia.
Elle se développe par deux points don un point principal qui apparait au moment de la naissance, un point accessoire qui est destiné à former la tubérosité antérieure et qui n'apparaît qu'après la douzième année. L'épiphyse se réunit au corps de los de 18 à 24 ans; la ligne de soudure légèrement sinueuse se trouve située à environ À centimètre et demi au-dessous du plateau tibial. Le point lubérositaire ne se soude que tardivement à la diaphyse vers l’âge de 25 ans.
Dans sa structure on peut considérer le tibia comme formé d'un chapiteau représenté par lépiphyse et formé de tissu spongieux, supporté par le fût tibial formé d'un cylindre de tissu compact enfermant un faisceau de travées verlicales. La tubérosité antérieure étaye en avant la mince lame cylindrique de tissu compact.
Cette structure explique assez bien la tendance à la fissuration de l’os dans un sens vertical au niveau de la