‹ Les arthrites micro-traumatiquesChapitre 18 sur 21 · M NES · texte numérisé non relu

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synovite subaiguë aseptique avec exsudation considérable de synovie créant l’hydarthrose s'il s’agit d’une synoviale à grand développement et à grande capacité. Au niveau de l'os elle amène une raréfaction active et une des lacunes d’ostéo pure visible à la radiographie. Cette raréfaction osseuse, quand elle atteint la zone sous-chondrique, décolle le cartilage et produit des troubles nutritifs capables d'aller jusqu'à l’ulcération et ainsi constitue l’arthrite traumatique.

Donc, pour Leriche et Policard, le phénomène essentiel consiste en un trouble de la vasomotricité.

IL. — Selon M. Moulonguet ce serait celui « de la pulvérisation articulaire ». Cet auteur a reproduit les lésions typiques de l’arthrite déformante par la pulvérisation d'os dans l'articulation et confirmé la théorie mécanique des lésions.

Les observations cliniques de Moulonguet, surtout celles qui décrivent les arthrites déformantes du coude chez des ouvriers maniant les perforatrices pneumatiques, sont fort intéressantes. Des radiographies en série les illustrent et montrent la gradation des lésions depuis le pincement articulaire jusqu’à la formation de véritables corps étrangers intra-articulaires en passant par l'usure du cartilage et l’agrandissement et la déformation des surfaces osseuses.

UT. — Pour M. Mathieu-Pierre Weil il s'agirait d'usure du cartilage.

Cette usure normalement est fonction de l’âge. Puitch et Peterson ont fait sur des cartilages prélevés à l’autopsie de sujets normaux au point de vue articulaire une série de coupes.

Ils ont observé

- Qu'à 17 ans la surface cartilagineuse est lisse, les cellules cartilagineuses espacées, la substance interstitielle hyaline uniformément colorée.

A partir de 20 ans et jusqu’à la quarantaine les modifications sont légères. On remarque que les cellules cartilagineuses sont moins espacées, la substance interstitielle un peu plus opaque ne se colore plus que partiellement.

À partir de la cinquantaine, et surtout au delà, entre 60 et 70 ans, les surfaces articulaires sont irrégulières, les cellules cartilagineuses rares et la substance interstitielle devient en grande partie du tissu fibreux.

L'étude comparée de ces dernières coupes et celles prélevées par arthrodises sur des sujets jeunes qui souffraient d'arthrites a montré leur analogie.

L'ostéo-arthrite semble donc due à une perte de l'élasticité du cartilage, normale avec l’âge, explicable chez des sujets jeunes lorsqu'une articulation supporte une pression continue anormale, des chocs répétés, des pressions exagérées. Expérimentalement on a d’ailleurs reproduit les lésions d’ostéo-arthrite chez des lapins par l'emploi sur les surfaces cartilagineuses de substances nécrosantes et par des chocs

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répétés et par pression à distance des surfaces cartilagineuses. -

Que l’on incrimine des troubles vaso-moteurs, des phénomènes de pulvérisations articulaires ou l'usure des cartilages dans un grand nombre d’arthrites micro-traumatiques, le traumatisme est tout ou presque, par exemple dans les arthrites professionnelles, dont M. Moulonguet cite plusieurs observations se rapportant aux lésions des coudes chez les ouvriers soumis aux chocs vibratoires des perforatrices pneumatiques. Lorsqu'il n'est pas le seul coupable le rôle du trauma reste primordial ; agissent comme agents favorisants l’infection, l’âge, etc. etc.

En effet, les arthrites micro-traumatiques sont fréquentes chez les fenimes aux environs de la ménopause ou des années après et surtout lorsqu'elles ont eu une ou plusieurs grossesses. L’ostéo-porose habituelle au sexe féminin est accrue à cette époque eri-tique de la vie de la femme mettant les jointures en état de moindre résistance. Cette fragilité articulaire et osseuse s'explique par les troubles circulatoires qui accompagnent la ménopause : refroidissement périphérique, acrocynanose, varices entraînant une stase et une acidose locale qui favorisent le déplacement du calcium au niveau du tissu spongieux des épiphyses.

Autant que les arthrites professionnelles les ar-

thrites statiques sont typiques par leur origine trau-

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matique. Elles siègent aux extrémités supérieures, aux pieds qui supportent une charge statique plus forte, alors que les arthrites professionnelles sont surtout fréquentes aux mains qui fournissent des efforts constants de préhension et de traction. Leur mode de production, un siège possible avec les points d’élection s'explique par la structure du squelette et les fonctions des muscles qui s’y rattachent.

En effet, au pied, on note trois points de pression :

1) le talon : par sa structure peu vulnérable:

2) la voûte plantaire : pouvant s'effondrer chez tous les obèses à genou valgum plus ou moins accen: tué ;

3) Le talon antérieur : qui représente au premier chef l'articulation métacarpo-phalangienne du gros orteil facilement atteint par une chaussure trop serrée.

A la main l'articulation la plus atteinte est la métacarpophalangienne du pouce. C’est celle qui travaille le plus parce que la plus mobile du pouce, en effet grâce au système du long adducteur et du court extenseur, elle est l'organe essentiel de l’apposition et de la préhension. Sont connues l’arthrite du pharmacien qui manie journellement le marteau-pilon, celle du relieur ou de l’imprimeur qui tournent la presse à papier.

Déductions thérapeutiques

La notion d’arthrite micro-traumatique est une notion essentiellement pratique qui doit une grande part de son intérêt aux conséquences thérapeutiques qu’elle entraine. Sr

Sous l'influence de l’admirable essort scientifique qui a suivi les découvertes pasteuriennes, à la suite de la constatation du gonoccoque et d’autres germes dans différentes manifestations articulaires, les auteurs ont eu une tendance excessive à rapporter toutes les manifestations articulaires à un processus infectieux.

Quel que grand que puisse être le rôle de l’infection il n’est pas tout. Il est d'autres processus auxquels il faut penser en présence d’une arthrite chronique. Ce n'est pas en s'inspirant de la thérapeutique bactérienne qu’il convient de traiter tous les rhumatismes,

Il ne faut pas ignorer qu'en matière d'affection articulaire l’intrication des causes est souvent considérable. Dans un grand nombre de cas, en effet, une

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cause définie n'intervient que comme un des phénomènes déterminant chez des sujets prédisposés par ‘leur âge, leurs troubles glandulaires, l'atteinte antérieure d’origine diverse, d'où la difficulté du diagnostic causal. Même celui-ci posé avec certitude, il ne faut pas oublier qu’au point de vue thérapeutique, un grand nombre de causes connues échappent à l’action du médecin.

En effet : corriger une laxité ligamentaire, modifier l’âge d'un sujet, transformer ses phénomènes métaboliques. suppléer à ses défiences endocriniennes, n’est pas œuvre facile ou possible. Par contre, corriger des troubles statiques, empêcher une déformation professionnelle sont choses aisées et leur importance ressort de la constatation : que somme toute, en l’absence de cette dernière cause déterminante qu'est le traumatisme, l’arthrite n’existerait pas.

Ceci montre toute l'importance qu'en pratique

s'attache à la connaissance de la cause déclanchante du traumatisme.

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