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CHAPITRE IV

- Du rôle du traumatisme dans l’apparition

d’arthrites d’autre nature

Le processus micro-traumatique qui, chez les individus sensibles, est susceptible de déterminer à lui seul l’éclosion de manifestations articulaires se retrouve souvent à l'origine de manifestations articulaires qui cependant par elles-mêmes ne sont pas d'origine micro-traumatique.

Comme les traumatismes véritables les microtraumatismes peuvent constituer la raison de la localisation d’un processus infectieux ou diatésique. C’est ainsi que chez un malade que nous avons observé avec M. Mathieu-Pierre Weil. une double bursite sous-deltoïdienne à grains risiformes de nature tuberculeuse s'était développée chez un ouvrier qui travaillait sur les voies et était appelé à porter constamment des charges métalliques sur les épaules.

Dans la fréquence de l’arthrite de la ménopause,

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au niveau des doigts, du genou, on doit voir également l'intervention du micro-traumatisme.

Mais rien n'est plus évocatif de ce que nous venons de dire que le cas de la goutte.

La goutte n'est certes pas une affection traumatique, mais les conditions diatésiques qui lui donnent naissance trouvent dans le traumatisme un auxiliaire important et un de ses caractères.æessentiels : celui de sa localisation initiale. | :

On ne peut mettre en effet en doute que c'est au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne du gros orteil que la goutte se manifeste avec le plus de fréquence. Or, cette articulation dans la marche est la plus traumatisée parce que la plus importante, la plus mobile et la plus vulnérable de par sa position des articulations métatarso-phalangiennes. Les microtraumatismes dont cette articulation peut être le siège pâr le fait de Ja marche, d’une chaussure trop serrée, appelle la précipitation urique et localise la maladie.

D'ailleurs, le rôle du traumatisme dans la goutte n’est pas une notion nouvelle. Déjà, dans son « Traité théorique et pratique de la Goutte » (1884), Lecorché après Hesberden, Watson, Robertson, Senderose le dénonce. D'ordinaire, écrit-il, « il s’agit d’une contusion ou une entorse du gros orteil qui est suivie dans les 24 heures du développement d’un accès de goutte. Parfois, quand la première attaque se produit sous cette influence on peut croire à une entorse du gros orteil. »

En général la goutte apparaît au point où le trau-

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matisme l'appelle. Rien n'est fréquent comme de voir chez les goutteux les crises survenir à l'occasion de. chaussures qui blessent, bien plus de voir une crise qui s'éteint se rallumer subitement parce que le malade a voulu remettre une vieille chaussure qui presse sur son articulation métatarso-phalangienne du gros orteil. Lorsque la localisation de la goutte se fait aux membres supérieurs ce sont toujours sur les articulations qui travaillent le plus et diffèrent selon la profession du sujet qu'elle atteint.

Par ce qui précède on se rend compte de l'extrême importance des troubles de la statique, de posture ou professionnels chez les goutteux.

Physio-pathologie des arthrites

micro-traumatiques

Le traumatisme est un facteur incontestable et important de toute arthrite; les trauma minimes qui agissent par une répétition ou leur continutité demandent à être recherchés avec soin.

I. — Pour Leriche et Policard le traumatisme provoque des phénomènes vaso-moteurs où la vasodilatation active domine. Normalement cette vasodilatation active disparaît au bout de quelques jours et n’a pas le temps de déterminer des retentissements ostéo-articulaires. Mais « parfois au contraire, pour des raisons difficiles à analyser, propre à l'individu ou peut-être au type du traumatisme, le déséquilibre vaso-moteur persiste et un régime de vaso-dilatation active- s'installe à demeure. Si cette vaso-dilatation active persiste plus d’une dizaine de jours elle retentit sur la synoviale, sur l'os, sur le cartilage. Au niveau de la synoviale elle crée de toute pièce une véritable

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