‹ Les Arthrodèses De La Hanche Dans Les CoxalgiesChapitre 28 sur 32 · OUVERTURE DES FOYERS EN ACTIVITÉ · texte numérisé non relu

OUVERTURE DES FOYERS EN ACTIVITÉ

plaie fut fermée. Bientôt apparut une suppuration et une fistule, puis le greffon se tuberculisa, se séquestra et fut en partie éliminé. I s'agissait d’un sujet de 29 ans, plus résistant que le malade précédent et c’est peut-être à cela qu'il dut la cicatrisation finale, mais sans que l’ankylose fût obtenue.

Chez la malade de l'observation 2 on rencontra simplement quelques fongosités au voisinage du col fémoral, une suppuration s’établit qui dura quelques mois. La marche ne put être reprise qu’au bout de 14 mois. La suppuration finit par se tarir et l’ankylose fut obtenue mais surtout intrafocale. Le greffon s’est peu développé.

Dans le 4° cas (obs. 10) on ouvrit en faisant une arthrodèse extra-articulaire, un prolongement de la capsule contenant des fongosités. Il n'y eut pas de suppuration mais il y eut pseudarthrose du greffon et nécessité d’une retouche dûes peut-être aux mauvaises conditions dans lesquelles se trouva le greffon.

En résumé dans 4 cas d'ouverture du foyer, aucun ne guérit sans complication. Sorrel rapporte deux autres cas que nous n'avons pas pu retrouver et où le foyer ouvert entraîna des complications et la suppuration.

Ce sont ces faits, nous l’avons dit, qui le conduisirent à chercher une autre technique permettant de rester plus loin du foyer, l’arthrodèse para-articulaire à greffon rigide. À quelque distance que l’on soit de l’articulation par cette technique il peut se faire que l’on ouvre le prolongement d’un abcès ou un amas de fongosités. C'est le cas de trois de nos malades. Dans l’observation 15, ouverture d’un abcès, pas de suppuration mais l’ankylose n’est pas tout à fait complète, l'insertion trochantérienne du greffon a un aspect de pseudarthrose (il s’agit d’un adulte). Le malade de lobservation 25 eut après ouverture d’un abcès, au cours d’une paraarticulaire, une suppuration assez longue ; une fracture du greffon suivit au bout d’un an. Enfin, dans l’observation 35 on ouvrit à l'intervention un petit foyer d’ostéite de l’aile iliaque au tiers supérieur, foyer déjà ancien, qui fut curetté. La cicatrisation fut bonne et la guérison sans incident dans ce cas.

Telles ont été, dans nos observations, les conséquences de l'ouverture du foyer. Elles concordent avec les observations d’autres auteurs. Nous devons d’abord signaler une observation inédite que notre maître Lance nous a communiquée et dont nous le remercions. Au cours d’une arthrodèse para-articulaire avec greffon

ie

L'ARTHRODÈSE DE LA HANCHE

tibial souple pour coxalgie en évolution, M. Lance fut très gèné par un gros abcès antérieur qu'il réussit à ne pas ouvrir, mais les tissus musculaires dans lesquels il pénétra étaient « comme transformés en étoupe » et certainement pathologiques. Le malade fit une fistulisation secondaire avec large ulcération de la région trochantérienne qui dura 9 mois. Il est actuellement cicatrisé et marche très bien.

M. D’Allaines, chez une malade opérée dans le service de notre maître M. Roux-Berger, ouvrit également un foyer en activité : suppuration et pseudarthrose du greffon en furent la conséquence.

Si l’on relit les observations publiées on en trouve également un certain nombre tout à fait démonstratives. Les essais de résecüon — arthrodèse de Tavernier, de Leriche, de Clavelin, où les auteurs se proposaient d'enlever de parti pris des lésions évolutives, ont donné des suppurations prolongées et parfois graves alors que l’arthrodèse n’était pas obtenue. A. Richard rappelant ces essais a pu écrire : € contamination des tissus voisins, fistulisation prolongée, acheminement souvent rapide vers la mort, tel est le bilan de cette opération théoriquement idéale et ceci explique bien son discrédit actuel ».

Tavernier au Congrès d’orthopédie de Paris 1931 rapportant 6 résultats d’arthrodèse de la hanche pour coxalgie, donne une observation de malade opéré par le procédé juxta-articulaire où le foyer fut ouvert, la conséquence fut la fistulisation, la destruction et la tuberculisation du greffon, finalement la luxation en adduction du moignon de tête. Au contraire dans une arthrodèse para-articulaire chez un homme de 46 ans, il eut un excellent résultat (datant de 29 mois au moment où il le rapportait). Sa conclusion est qu’il faut réserver les arthrodèses à volet iliaque aux cas anciens et n'employer que les greffons tibiaux para-articulaires dans les coxalgies en évolution.

Tous ces faits nous paraissent coneluants : il ne faut à aucun prix ouvrir le foyer de coxalgie en évolution.

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