‹ Les Arthrodèses De La Hanche Dans Les CoxalgiesChapitre 6 sur 32 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

C'est surtout chez l’adulte que E. Sorrel et ses élèves ont pratiqué l'arthrodèse pour coxalgie en évolution. Les 8 cas anciens qui se rapportent à des enfants n'ont trait pour la plupart qu’à des coxalgies trainantes, évoluant depuis très longtemps. C’est chez l'adulte en effet que ces interventions paraissent le plus indiquées. On sait bien que les tuberculoses ostéo-articulaires de l’adulte ne guérissent pas comme celles de l'enfant et la coxalgie n'échappe pas à la règle générale. La durée d'évolution, même pour des dégâts osseux peu importants est infiniment plus longue que chez l'enfant, la phase de réparation d'apparition plus tardive est de durée plus prolongée et n’aboutit le plus souvent qu'à un résultat incomplet ; il est exceptionnel que l'adulte cicatrise complètement son foyer par une bonne ankylose osseuse, il reste à la merci d’une récidive ou d'une rechute, avec une hanche instable et douloureuse qui pourra obliger ultérieurement à une arthrodèse. Il est légitime de chercher à améliorer et à raccourcir la durée de cette évolution en pratiquant précocement l’arthrodèse extra-articulaire.

Il semble bien à l'heure actuelle que cette intervention soit la seule raisonnable et les essais de curettages aseptiques, de plombages, de résection-arthrodèses n’ont pas donné de résultats favorables, mème entre les mains de leurs auteurs. Les résultats somme toute peu favorables du traitement classique de la coxalgie ne peuvent qu'encourager à chercher une amélioration du pronostic de la coxalgie de l’adulte dans l’arthrodèse de la hanche. Certes il

To

COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

pourrait paraître plus prudent d’attendre plusieurs années avant de pratiquer l’arthrodèse ; on pourrait également objecter que la guérison est possible même chez l’adulte, même avec conservation des mouvements et qu’une arthrodèse faite trop tôt a pu compromettre jusqu'au résultat fonctionnel. Ces faits de guérison sont malheureusement trop rares. D'ailleurs l’ankylose de la hanche s’accompagne d'une adaptation fonctionnelle admirable.

Une autre raison permet chez l'adulte l’arthrodèse dans les coxalgies en évolution : la phase de bacillémie est beaucoup moins marquée chez lui que chez l’enfant. Point n’est besoin de rappeler les conceptions actuelles et qui semblent légitimes sur les accidents de primo-infection et de surinfection bacillaire.

Les faits sont là : les localisations multiples et graves de la tuberculose, les accidents de généralisation sont d’une grande fréquence chez l’enfant, la baisse de l’état général est très marquée chez lui. Chez l'adulte le plus souvent il n’en est pas de même et si les localisations multiples sont malheureusement fréquentes chez lui, du moins il s’agit souvent de manifestations apparaissant les unes après les autres, parfois à des années de distance. En fait, la phase de bacillémie existe chez lui et nous l’avons déjà dit, il est de première importance d’attendre plusieurs mois pour pratiquer une intervention. Il semble que sous cette réserve les interventions soient plus légitimes chez lui que chez l'enfant à une date assez précoce. Cest ainsi que plusieurs des malades de l'Hôpital Maritime de Berck avaient élé opérés de six mois à un an après le début clinique.

Enfin, au cours de la coxalgie de l'adulte les troubles trophiques sont beaucoup moins marqués en règle générale que chez l'enfant : ædème, infiltration, atrophie musculaire, décalcifications à distance, raccourcissement, sont moindres et l'opération permettra chez lui d’avoir de très beaux résultats fonctionnels.

TECHNIQUES EMPLOYÉES

IL existe, on le sait, un nombre considérable de techniques permettant d'obtenir l’arthrodèse de la hanche.

Dans le cas de coxalgie en évolution la qualité fondamentale

L'ARTHRODÉSE DE LA HANCHE

d’une technique est d'être rigoureusement extra-focale. À aucun prix le foyer tuberculeux ne doit être ouvert. C’est un vieil axiome bien connu de l’école berckoise : respecter les foyers bacillaires en activité. Il a souvent été battu en brèche. Il a semblé maintes fois aux chirurgiens que les conceptions nouvelles de la chirurgie, ses progrès, le rôle biologique des greffons permettaient de ranger cette conception au rang des vieilles théories. Les faits se sont chargés de démontrer le contraire. On trouvera plus loin dans un chapitre spécial l’étude des accidents et incidents qui ont accompagné dans nos observations l’ouverture d’un foyer évolutif malgré les précautions prises.

Les 29 cas d’arthrodèses pour coxalgie en évolution chez l’adulte ont été obtenus par deux procédés : dans 10 cas par le procédé extra ou plutôt juxta-articulaire de Mathieu (à des variantes près d’incision ou de détails techniques de second plan), dans 19 cas par le procédé para-articulaire dérivé de celui de Kappis. Ces deux techniques sont bien connues. Celle de Mathieu décrite par lui en 1926 avec Wilmotte a été employée par d’innombrables chirurgiens. M. Mathieu a indiqué dans son article de la Presse Médicale de 1930, les variantes qu'il lui avait apportées. La echnique du greffon en pont-levis de A. Richard se rapproche également de cette technique. Leur caractéristique en eflet, est d’être extraarticulaires, mais somme toute assez proche de l'articulation, juxtaarticulaires. Techniques excellentes à tous égards et en particulier, nous y reviendrons, par lesquelles on obtient des blocs osseux d’une solidité admirable.

Dans la coxalgie en pleine évolution ces techniques ont un inconvénient grave, c’est d’être trop près de l'articulation. On n’est pas sûr, en effet, que l’on ne rencontrera pas, au cours de l’intervention, un abcès où un amas de fongosités au voisinage de l’arüculation c’est-à-dire que l’on n’aura pas ouvert le foyer. On pourrait concevoir que ces techniqnes employant un volet iliaque permettraient de rester plus éloignés de l'articulation, mais, il ne faut pas oublier lorsqu'il s’agit de coxalgie en évolution, et surtout chez l’adulte, il y a peu de destructions osseuses, le col fémoral est long et pour aller rejoindre le trochanter aucun matériel iliaque ne sera assez long avec ou sans charnière, avec ou sans glissement du trochanter s’il ne descend pas jusqu'au-dessus du sourcil cotyloïdien c'est-à-dire près de l’articulation. C’est pourquoi dans 19 autres

COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

cas, E. Sorrel a employé et réglé une technique permettant de placer le greffon aussi loin que possible du foyer : c’est l’arthrodèse para-articulaire dont voici les principaux temps tels que les exécute E. Sorrel. Incision parallèle aux fibres des fessiers depuis le rebord iliaque jusqu’au grand trochanter sur lequel elle empiète largement. Légère et superficielle au milieu, elle atteint l’os en haut et en bas. Fente verticale du grand trochanter en son milieu. Le ciseau sépare facilement le trochanter en deux moitiés. En haut les fibres des fessiers sont écartées, permettant de tailler un petit volet à charnière supérieure, intéressant la table externe de l'os iliaque. Un greffon tibial, rigide ou non, de taille appropriée est inséré entre le volet iliaque et le trochanter fendu et passe en tunnel sous les fibres superficielles des fessiers. Nous préciserons plus loin quelques points de détail. Ce procédé est d’un extrême simplicité technique et a en outre le mérite de ne faire qu’un minimum de dégâts musculaires. Encore n'est-il pas toujours rigoureusement extra-focal, nous en verrons des exemples. Mais c'est lui qui avec son greffon quasi sous-cutané, donne le maximum de sécurité. On a reproché à un greffon placé dans ces conditions de ne pas reprendre, de ne pas donner d’ankylose, de ne pas pouvoir s'opposer à l’adduction. Nos observations montrent ce qu'il faut penser de ces griefs : ils ne sont pas fondés.

Voici les 29 observations d’arthrodèse pour coxalgie en évolution chez l’adulte datant de plus de 2 ans (à l’exception de 2 cas vieux seulement de 20 mois environ). Nous donnons des observations très résumées, sauf en ce qui concerne l’examen récent. Nous avons suivi pour toutes un même plan et nous donnons dans chaque cas une description assez détaillée de la radiographie récente.

OBSERVATIONS

a. — 10 arthrodèses juxta-articulaires pour coxalgie en évolution

OBSERVATION I. — Gon... JEAN, 22 ans.

Coxalgie gauche ayant débuté à l’âge de 15 ans. Radio : érosion légère des contours de la tête et du cotyle. 20° de mouvements en tous sens. Hanche en adduction. Marche douloureuse.

Octobre 1928 : arthrodèse juxta-articulaire (type Mathieu) âge : 18 ans (au moment de l'intervention), coxalgie en évolution depuis trois ans ; marche reprise cinq mois après l'opération.

Août 1929, le malade quitte Berck ankylosé et allant bien.

Décembre 1932 :

a) Etat général excellent ;

b) Résultat fonctionnel très bon : marche très bonne sans fatigue, indolore, boiterie très légère, excellente adaptation, monte facilement les escaliers ;

c) Pas de réveil du foyer, hanche sèche. Aykylose complète.

Très léger degré d’adduction. Raccourcissement de 4 em. environ.

Radiographie : beau bloc osseux au niveau de l’arthrodèse, de plus, ankylose osseuse articulaire.

Conclusion : très beau résultat.

OBSERVATION II. — Ne... Emma, 45 ans.

Le 4 février 1929 (42 ans) arthrodèse juxta articulaire (type Mathieu) pour coxalgie évoluant depuis deux ans, sans abcès. Radio : destruction partielle de la tête et du cotyle. A l'intervention, on trouve des fongosités autour du col fémoral. Suppuration légère dans les semaines suivantes.

Le 3 mars 1931, la malade quitte Berck. Marche reprise 14 mois après l'opération.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Résultat fonctionnel assez bon.

c) Pas de réveil, hanche sèche. L’ankylose paraît complète.

Bonne position (légère adduction et rotation externe).

COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

Raccourcissement de 1 cm.

Radiographie : greffon pris, mais de qualité et de volume assez médiocres, faisant corps avec le bord supérieur du col. Ankylose articulaire partielle probable. La destruction déjà marquée a plutôt augmenté après l'intervention.

Conclusion : Bon résultat malgré la découverte de fongosités à l'intervention.

OBSERVATION III. — Bou... RoGer, 26 ans.

Coxalgie droite survenue à la fin de l’évolution d’un mal de Pott avec abcès de la fosse iliaque droite, en 1928.

Mouvements limités et douloureux. Grosse adénite rétro-crurale. Infiltration de la racine de la cuisse sans abcès. Sédation rapide de ces symptômes sous l’action de l’immobilisation. Bon état général.

Radiographie : pincement articulaire, décalcification. Légère rupture du cintre.

Le 30 mars 1929 : arthrodèse juxta-artliculaire. Greffon iliaque rabattu sur le trochanter verrouillé (23 ans au moment de l’intervention).

En mai 1929 : ankylose serrée mais incomplète.

En septembre 1929, reprise de la marche.

En septembre 1930, malgré la bonne apparence du greffon il s’est fait une légère ascension de la tête par usure de la partie supérieure de la tête et du cotyle.

Le 15 novembre 1931, depuis plus de deux ans l’opéré marche sans douleurs et sans incidents.

La radiographie est particulièrement intéressante, elle montre :

Une disparition totale de l’interligne articulaire par synostose complète ; la destruction n’a pas augmenté depuis 1930.

Le greffon s’est remarquablement ossifié.

Des travées osseuses vont du col au greffon, telles les rayons d’une toile d’araignée. Cette néo-ossification s’est produite malgré la conservation capsulaire au cours de l'intervention.

Le 3 décembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne, a pu travailler régulièrement et faire un dur métier (ajusteur) ;

c) Hanche sèche. Ankylose complète en bonne position. Même aspect radiographique qu'il ÿ a un an.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION 1V. — Frot... LuGtEN, 79 ans.

Début en mars 1929. Coxalgie de début assez récent, aucune infiltration de la cuisse. Pas d’abcès. Signes cliniques et radiologiques nets. Le 11 novembre 1929 (16 ans) arthrodèse juxta-articulaire avec

greffon tibial.

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L'ARTHRODÈÉSE DE LA HANCHE

En 1930, fistulette à la partie postérieure de la cicatrice, vite tarie.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Bon résultat fonctionnel, marche bonne, indolore ;

c) Pas de réveil, hanche sèche. Ankylose complète en bonne position. Raccourcissement 1 cm. Musculature bonne. Pas de signe de Trendelenburg.

Radiographie : beau bloc osseux très volumineux et faisant corps avec une ankylose osseuse articulaire. Diaphyse bien recalcifiée, corticale épaisse, mais la destruction s’est faile malgré le greffon.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION V. — Hac... ANDRÉ, 32 ans.

Coxalgie évoluant depuis 2 ans sans abcès. Radiographie : Pincement articulaire, avec décalcification et destruction partielle de la tête.

En 1928 arthrodèse juxta-articulaire (volet iliaque et avivement du bord supérieur du col).

En novembre 1932 :

a) Bon état général;

b) Très bon résultat fonctionnel. Marche bonne ;

c) Pas de réveil. Hanche sèche. Ankylose complète en bonne position. Raccourcissement très léger.

Radiographie : beau bloc osseux au contact du bord supérieur du col. Hanche recalcifiée.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION VI. — Sra... GASTON, 29 ans.

Coxalgie ayant débuté en janvier 1928. Abcès de la cuisse terminé en octobre 1929.

En avril 1930 (26 ans) arthrodèse juxta-articulaire avec greffon tibial rigide. Ouverture d'un abcès au cours de l'intervention.

En août 1930, suppuration.

En décembre 1930, persistance d’un abcès des adducteurs, l’ankylose paraît obtenue.

En avril 1931, ankylose incomplète en adduction. On constate une fracture du greffon.

Le 11 août 1932, la radio ne montre pas de progrès de consolidation et l’on voit que le greffon s’est séquestré partiellement.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne ;

c) Hanche sèche, ankylose complète, il persiste de la mobilité à la partie moyenne du greffon.

Bonne position.

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COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE ee

Radiographie : greffon résorbé à sa partie moyenne ; échec dû sans doute à l’ouverture d’un abcès à l'intervention.

Conclusion : ostéite du greffon due à l'ouverture du foyer au cours de l'intervention. L’arthrodèse n’a pas été obtenue.

OBSERVATION VII. — Rou... ALEXANDRINE, 21 ans.

Mal de Pott greffé en mars 1930.

Arthrodèse juxta-articulaire en juin 1930 pour coxalgie en évolution (volet iliaque à cause du greffon pris pour le Pott). Début difficile à préciser.

Revue à Trousseau le 26 novembre 1932. Excellent état ; les deux greffons (Pott et coxalgie) ont parfaitement pris. Hanche peu détruite, ankylose osseuse probable.

OBSERVATION VIII. — Ler... HENRI, 25 ans.

Coxalgie droite ayant débuté à l’âge de 15 ans, terminée après 3 ans de traitement, par une pseudarthrose intra-cotyloïdienne. Apparition d’un abcès dans la région trochantérienne après 3 ans de marche. La hanche est mobile. La radiographie montre la continuation de la destruction lente du col.

En 1929 (22 ans) arthrodèse juxla-articulaire (type Mathieu).

En 1930 : pseudarthrose médiane du greffon. Retouche avec mise en place d’un greffon tibial. Marche reprise 6 mois après.

En 1932 :

a) Très bon état général ;

b) Bon résultat fonctionnel, marche facile, exerce sans fatigue le métier de garçon d'hôpital ;

c) Pas de réveil, hanche sèche. Ankylose complète. Bonne position.

Raccourcissement très léger.

Radiographie : beau greffon solide, à distance de l’articulation.

Conclusion : bon résultat après retouche.

OBSERVATION IX. — Ros. . ALBERT, /2 ans.

Le 5 décembre 1929 : arthrodèse juxta-articulaire (type Mathieu) pour coxalgie en évolution. Ouverture d’un gros abcès à l'intervention. Il est évacué, la poche curettée est refermée.

Le 19 juin 1930 : la hanche est cicatrisée, mais il persiste quelques mouvements. La radiographie montre qu’une destruction partielle de la tête et du cotyle s’est faite depuis l’opération. Cette destruction s’est produite surtout dans les premiers mois et semble arrêtée. ;

Le 19 décembre 1930 : abcès à la partie supérieure de la cicatrice ; fistule.

Le 2 septembre 1931 : extirpation d’un séquestre volumineux constitué

par un morceau de greffon iliaque.

L'ARTHRODÉSE DE LA HANCHE

Le 1/4 décembre 1931 : résection de drainage de la hanche.

Le 6 juillet 1932 : désarticulation de la hanche.

Le 9 septembre 1932 : mort.

Conclusion : observation qui montre la nécessité de passer à grande distance du foyer.

OBSERVATION X. — Lor... Enmon», #7 ans.

En janvier 1929 (28 ans) arthrodèse juxta-articulaire pour coxalgie en évolution (début en 1927 environ, pas d’abcès ni de fistule). Ouverture d'un prolongement de la capsule contenant des fongosités pendant l'intervention.

En août 1930 : pseudarthrose du greffon. Refouche, mise en place d’un greffon tibial.

En octobre 1932 : depuis quelques mois une coxalgie est apparue du côté opposé. La hanche opérée est en bon état, pas de réveil, ankylose complète.

Radiographie : beau greffon, ankylose complète du côté malade. Lésions de coxalgie du côté opposé.

Conclusion : bon résultat opératoire.

b. — 19 arthrodèses para-articulaires pour coxalgie en évolution

OBSERVATION XI. — Born... HENRIETTE, 217 ans.

En juin 1929 ‘(18 ans) arthrodèse para-articulaire pour coxalgie en évolution (greffon tibial souple). Début de la coxalgie en janvier 1929. Signes très nets. Infiltration de la racine de la cuisse. Adénite rétrocrurale. Bon état général. Radio : pincement articulaire et décalcification.

En janvier 1930 : ankylose obtenue. Reprise de la marche en février

En novembre 1932 :

a) Excellent résultat fonctionnel, marche facile, ne souffre pas ;

b) Pas de réveil du foyer, hanche sèche ; ankylose complète en bonne position.

Raccourcissement : 1 cm.

Radiographie : beau greffon solide et très augmenté de volume: hanche très peu détruite, bien recalcifiée. L'interligne persiste en grande partie.

Conclusion : coxalgie opérée pendant la première année de son évolution sans destruction, avec pincement articulaire et décalcification simple. La destruction n'a pas augmenté et l'on peut affirmer que

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COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

l'évolution de la coxalgie a été singulièrement améliorée et raccourcie. La malade a repris la marche sans appareil, 18 mois après le début clinique.

OBSERVATION XII. — Bar... ANDRÉ, 20 ans.

En janvier 1930 (17 ans) arthrodèse para-articulaire type pour coxalgie en évolution (début en 1927, arrivé à Berck en janvier 1928. Abcès de la cuisse 1929. Fistulisé. Fistule tarie en février 1929. Arthrodèse au bout de 3 ans).

En octobre 1931 quitte Berck, a marché 10 mois après l'intervention.

En novembre 1932 :

a) Excellent état général ;

b) Bon résultat fonctionnel, marche bonne sans fatigue ;

c) Pas de réveil, hanche sèche. Ankylose complète en position assez bonne (adduction 15° à 20°, légère flexion, 170°).

Raccourcissement : 3 cm.

Radiographie : le greffon a bien pris et paraît bien fusionné à ses deux extrémités. L'interligne est encore visible. Début d’ankylose osseuse articulaire en un point. Diaphyse volumineuse, corticale très épaisse.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION XIII. — Cua... MARCEL, 16 ans.

En janvier 1930 : arthrodèse para-articulaire type pour coxalgie en pleine évolution.

Début clinique en août 1929 : empâtement assez marqué de la racine de la cuisse, mais pas d’abcès collecté.

Radiographie : flou important de la région de la tête et du col avec ascension par destruction osseuse assez prononcée.

En 1931 : suppuration légère. Une scapulalgie est apparue 6 mois après l’opération de la hanche.

En novembre 1932 : vient de rentrer de Berck :

a) Etat général bon, épaule sèche ;

b) Résultat fonctionnel bon, marche bien ;

c) La hanche est actuellement sèche, traces de fistules à la face antérointerne de la jambe descendant jusqu’au canal de Hunter.

Ankylose complète en bonne position (un peu de rotation externe).

Raccourcissement : 1 cm.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION XIV. — Lam... GASTON, 27 ans.

En février 1930 (24 ans) arthrodèse para-arliculaire type pour coxalgie èn pleine évolution (début en janvier 1928. Evolution sans abcès. Radiographie d'octobre 1929 : pincement et flou articulaire).

En mai 1930 : l’ankylose est déja obtenue, marche reprise 7 mois après l’opération.

En octobre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Très bon résultat fonctionnel. Le malade marche sans fatigue, monte bien les escaliers. A repris sa profession de maroquinier ;

c) Pas de réveil, hanche sèche. Ankylose complète en bonne position.

Raccourcissement : 2 cm. compensé par soulier.

Atrophie musculaire assez marquée à la cuisse, genou un peu enraiïdi, la flexion n’atteint pas l'angle droit.

Radiographie : le greffon a pris à ses deux extrémités, hanche recalcifiée, ankylose osseuse intra-articulaire très étendue.

Conclusion : coxalgie opérée après 2 ans d'évolution. Forme sérieuse, grosse décalcification mais pas d’abcès. La destruction n’a pas sensiblement augmenté depuis l’intervention. Bon résultat.

OBSERVATION XV. — Lav..… GERMAINE, 39 ans.

Coxalgie dont le début clinique est assez ancien (1927). Les radios montrent une destruction assez étendue de la tête qui a été en s’accentuant jusqu’à l’intervention. On voulait intervenir en novembre 1929 mais une grosse infiltration de la racine de la cuisse obligea à attendre.

En mars 1930 (36 ans) arthrodèse para-articulaire. Ouverture d’un abcès au cours de l'intervention.

En août 1930, l’ankylose paraît obtenue. Pas de fistule.

En janvier 1931 la malade quitte Berck, elle n’a jamais suppuré.

En 1932 la malade fait une chute qui la tient 15 jours couchée, puis elle reprend la marche.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne ;

c) Hanche sèche, l’ankylose paraît complète (difficile à affirmer à cause de l’adiposité). Bonne position du membre.

Raccourcissement : 1 cm. 5, pas de signe de Trendelenburg.

Radiographie : greffon bien calcifié, mais à 1/2 cm. au-dessus du trochanter aspect de pseudarthrose incomplète du greffon.

Conclusion : résultat assez bon malgré l’ouverture du foyer à l’intervention.

OBSERVATION XVI. — Cus... MaRCELLE, 20 ans.

En mars 1930 (17 ans) arthrodèse para-articulaire pour coxalgie en évolution (début en janvier 1928. Evolution sans abcès ni fistule. Radiographie le 2 janvier 1930 : décalcification fémorale ; destruction minime).

En novembre 1930 : retouche d’arthrodèse pour pseudarthrose de l'extrémité inférieure du greffon.

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COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

En avril 1931 : marche reprise.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne, indolore ;

c) Hanche sèche. Bonne position.

Raccourcissement : 2 cm.

Bonne musculature.

Radiographie : greffon épais et bien pris. Ankylose articulaire partielle. Destruction peu étendue. Bonne recalcification.

Conclusion : bon résultat après retouche.

OBSERVATION XVII — BLo.., CHARLES, 31 ans.

Coxalgie ayant débuté en novembre 1928.

On note en mai 1930 : coxalgie en pleine évolution avec tuméfaction importante surtout à la partie antérieure. Il ne semble pas exister d'abcès à la partie externe. L’arthrodèse pourrait par suite être faite. Luxation déjà prononcée. La radiographie montre des lésions très nettes et déjà graves.

En juin 1930 (28 ans) arthrodèse para-articulaire.

En janvier 1932 quitte Berck, marche reprise 9 mois après l'opération.

En novembre 1932 :

a) Bon état général. En mars 1932 néphrectomie pour tuberculose rénale ;

b) Marche bonne sans fatigue ;

c) Hanche sèche ; ankylose complète. Bonne position.

Raccourcissement : 4 em. 5.

Bonne musculature.

Radiographie : greffon bien pris à ses deux extrémités; calcification et volume suffisant. Fracture ancienne du greffon à la partie moyenne (probablement opératoire) ; gros cal. Ankylose articulaire partielle.

Conclusion : bon résultat. Le malade a fait avec facilité les frais d’une néphrectomie pour tuberculose rénale.

OBSERVATION XVIII. — Tar... LuGrENNE, 19 ans.

En juin 1930 : arthrodèse para-articulaire pour coxalgie en évolution déjà ancienne, avec faible destruction. On prélève un greffon tibial souple.

Le 23 décembre 1930 : retouche d’arthrodèse sans apport de greffon tibial (pour pseudarthrose de l'extrémité inférieure du greffon).

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne mais fatigue vite ;

c) Hanche sèche ; ankylose incomplète : persistance de petits mouvements. Bonne position.

Raccourcissement : 2 cm.

L'ARTHRODÈSE DE LA HANCHE

Radiographie : greffon bien calcifié mais insertion trochantérienne insuffisante, pseudarthrose.

Conclusion : nouvelle retouche à faire.

OBSERVATION XIX. — Ros... JEANNE, 98 ans.

Coxalgie ayant débuté en décembre 1927. En mai 1929 on note une grosse infiltration de la racine de la cuisse et un abcès en formation au tiers supéro-externe de la cuisse. Radio : importante ascension de la tête. On attend pour faire l’arthrodèse que l'abcès ait disparu.

En juin 1930 : arthrodèse para-articulaire.

Marche reprise 7 mois après l'opération.

a) Bon état général ;

b) Marche bonne, fait environ 2 km. sans fatigue ;

c) Hanche sèche ; ankylose complète.

Bonne position.

Raccourcissement : 4 cm. 5.

Bonne musculature.

Radiographie : greffon bien pris, épais, et ankylose intra-articulaire paraissant totale.

Conclusion . bon résultat.

OBSERVATION XX. — Bar... RENÉ, 19 ans.

Coxalgie ayant débuté en août 1928. Pas d’abcès. Radio, mai 1930 : destruction de la tête surtout dans la moitié inférieure, sans grosse destruction du cotyle, empâtement péri-articulaire stationnaire.

En août 1930 : arthrodèse para-articulaire. A l'intervention on note qu'on à pris un greffon très long et qu'on a fait le volet iliaque près de la crête car dans l'épaisseur même du moyen fessier on trouve une infiltration abondante qui fait craindre la présence d’un abcès et empêche l'incision plus profonde des muscles.

En septembre 1931, le malade quitte Berck. Il a repris la marche 8 mois après l'intervention et a repris son métier de typographe {debout toute la journée) sans fatigue.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche très bonne et sans fatigue ;

c) Hanche sèche, ankylose complète. Assez bonne position : lé flexion, abduction 20°.

Raccourcissement : 3 cm.

Bonne musculature. Pas de signe de Trendelenburg.

Radiographie : greffon bien pris, bonne insertion au niveau du trochanter avec prolifération osseuse. Ankylose articulaire assez étendue. Diaphyse recalcifée.

Conclusion : très bon résultat.

COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

OBSERVATION XXI. — Cor... SUZANNE, 19 ans.

Juillet 1931 : arthrodèse para-articulaire pour coxalgie en évolution. Début peu ancien (première année).

Novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Bon résultat fonctionnel. A souffert un peu il y a un mois, ne souffre plus actuellement ;

c) Hanche sèche. Ankylose parfaite.

Bonne position. Raccourcissement minime.

Radiographie : très beau greffon qui s’est beaucoup développé. Hanche recalcifiée.

Conclusion : très beau résultat bien que relativement récent.

OBSERVATION XXII. — Gér... Marc, 26 ans.

Août 1931 : arthrodèse para-articulaire pour coxalgie en évolution, début récent (première année).

Janvier 1932 : on note que la hanche est ankylosée, sèche et en bon état.

Juillet 1932 : fracture du greffon : retouche, nouveau greffon tibial.

Novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) N'a pas encore repris la marche ;

c) Hanche sèche, ankylosée.

Bonne position.

Radiographie : gros bloc osseux, énorme cal.

Conclusion : le résultat relativement récent paraît devoir être bon malgré la fracture du greffon.

OBSERVATION XXII. — Rim... GeorcGes, 18 ans.

Août 1930 : arthrodèse para-arliculaire pour coxalgie en évolution. Destruction importante. Début ancien.

Novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne ;

c) Hanche sèche, ankylose complète.

Bonne position. Raccourcissement : 2 cm.

Radiographie : beau bloc osseux.

Hanche recalcifiée.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION XXIV. — Ler . Pauz, 30 ans, entré à l'hôpital Lan-

nelongue le 18 janvier 1928.

Coxalgie ayant débuté en juin 1928, secondaire à un abcès iliaque

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L'ARTHRODÈÉSE DE LA HANCHE

venu d’une ostéite sacro-iliagne droite. Abcès de la face externe de la cuisse terminé en décembre 1930.

Radiographie : destruction partielle du bord supérieur de la tête fémorale. Usure du bord supérieur du cotyle.

Arthrodèse para-articulaire le 2 octobre 1930 : greffon tibial souple, multifragmenté au cours de son prélèvement, suites simples.

Le 6 octobre 1931, marche facile, hanche solide.

Radiographie le 15 décembre 1931 : fracture ancienne d'un des greffons à sa partie moyenne. Bonne consolidation spontanée. Début d'ankylose intrafocale.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche défectueuse car pas de flexion du genou et troubles trophiques de la jambe.

c) Hanche sèche ; ankylose complète en bonne position. Raccourcissement : 3 cm.

Radiographie : greffon solide, on voit en effet une cicatrice de fracture sur un des greffons qui est gros et bien calcifié. Ankylose osseuse articulaire.

Conclusion : bon résultat.

OBSERVATION XXV. — Inc... ANnseLME, 22 ans, entré à l'Hôpital Maritime le 22 août 1930.

Coxalgie ayant débuté en avril 1930. Radiographie du 26 juillet 1930: décalcification d'ensemble; gros séquestre sur le bord supérieur du cotyle.

Arthrodèse para-articulaire le 22 octobre 1930 : greffon tibial rigide, suppuration assez abondante au niveau .de la cicatrice, abcès important au niveau de la racine de la cuisse, fistule.

Radiographie du 15 octobre 1931 : fracture du tiers inférieur du greffon,

Radiographie du 15 décembre 1931 : consolidation du cal de fracture, recalcification focale marquée. Hanche solide et bien ankylosée. Persistance d’une fistule suintant légèrement.

En décembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne malgré une résection du genou du côté opposé ;

c) Hanche sèche, ankylose complète.

Bonne position (légère flexion). Raccourcissement impossible à apprécier à cause de la résection du genou. Bonne musculature.

Radiographie : la fracture du greffon est consolidée et le greffon est volumineux à ce niveau. Il semble qu’une nouvelle jetée osseuse se soit faite spontanément entre le bord supérieur du col et l’os iliaque. On voit encore le séquestre du bord supérieur du cotyle.

Conclusion : bon résultat.

COXALGIE EN ÉVOLUTION DE L'ADULTE

OBSERVATION XXVI. — Luc... Anna (observation d’Allaines et R. Ducroquet), 28 ans.

En 1927 entre dans le service du Professeur Lecène pour coxalgie gauche ayant débuté cliniquement un an auparavant. Signes cliniques très nets. Pas d’abcès. |

Radiographie : lésions importantes, ascension de la tête, cotyle ulcéré.

Le 17 juillet 1927 arthrodèse extra-articulaire par le procédé Mathieu-Wilmoth (type 1) avec long greffon übial (ro cm.), en somme arthrodèse para-articulaire Immobilisation 10 mois ; vie normale reprise 18 mois après l'opération.

28 mois après on note : élat général excellent, hanche sèche et parfaitement ankylosée, bonne position (rotation externe légère). La radiographie montre un solide arc-boutant ilio-trochantérien.

C'est à ce moment que Sorrel fait un rapport à la Société de Chirurgie sur cette observation.

Voici l’histoire de la malade depuis ce temps :

En mai 1930 : la malade fait une chute (de sa hauteur), qui amène une fracture du greffon. Un grand plâtre est appliqué pendant 6 mois par Ducroquet. La malade reprend la marche mais avec de temps en temps quelques crises douloureuses.

Depuis un an elle va bien et ne souffre plus.

Actuellement (25 novembre 1932) la marche est bonne, sans boiterie mais avec une canne (la malade craint un accident comme celui de 1930). Hanche sèche ; il n'y a pas eu de réveil de la coxalgie, ankylose complète. Bonne position. Raccourcissement : 3 cm.

Radiographie : excellent bloc osseux à distance de l'articulation.

Conclusion : très bon résultat qui n’a pas été compromis par la fracture traumatique du greffon.

OBSERVATION XX VII. — Far... Lours, 24 ans.

Coxalgie ancienne (1920), poussée nouvelle en 1929.

En février 1930 : arthrodèse para-articulaire type.

En août 1930 : greffon solide malgré une fracture opératoire volontaire. Cette fracture est consolidée.

Hanche ankylosée. Raccourcissement : 2 cm.

En novembre 1932 : n’a pu être revu, habitant loin de Paris, déclare

aller bien et avoir repris une vie normale.

OBSERVATION XX VIII. — Sue .… ALINE, 26 ans.

Juin 1930 : arthrodèse para-articulaire pour coxalgie en évolution

avec subluxation. Début en 1928.

Mai 1931 : la malade quitte Berck.

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Arthrodèses de la hanche. 3

L'ARTHRODÉSE DE LA HANCHE

Juillet 1932 : revue à Trousseau, hanche sèche, marche bonne, ne souffre pas.

En novembre 1932 : donne de ses nouvelles : va bien.

OBSERVATION XXIX. — Fin. SIMONE, 79 ans.

Coxalgie droite, début en octobre 1927. Evolution sans abcès ni fistule. Radiographie du 27 juin 1929 : creusement du cotyle et usure de la tête fémorale.

Arthrodèse para-articulaire le 2 mai 1930 : un long greffon est pris le long de la face externe du trochanter et de la diaphyse et remonté jusqu’à l'aile iliaque perforée.

Radiographie le 31 octobre 1930 : pseudarthrose externe du greffon. Mobilité persistante.

Réintervention le 12 novembre 1930 : avivement de toute la face supérieure de l’ancien greffon, prolongé jusqu'à l’aile iliaque et au trochanter. Avivement de la pseudarthrose. Pose d’un large greffon tibial souple.

Radiographie du 26 mars 1931 : bon aspect radiographique. Beau greffon.

Juillet 1932 : ankylose cliniquement complète. Marche excellente, pas d’adénopathie.

En novembre 1932 :

a) Bon état général ;

b) Marche bonne et indolore ;

c) Hanche sèche, ankylose complète.

Bonne position. Raccourcissement : 2 cm. 5, pas de signe de Trendelenburg.

Conclusion : bon résultat.

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