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A l’autopsie, on constata que les deux articulations, celle du. genou et celle de l'épaule, renfermaient du pus rouge lie de vin abondant; la jambe et la cuisse étaient un peu, œædémaciées; à un mot, il s'était développé une véritable arthrite purulente.
On peut l'expliquer en tenant compte de la particularité. suivante : la malade était assez profondément anesthésique des. membres inférieurs et, de plus, elle avait une ataxie des. mouvements très marquée; d’après son dire elle s'était donné un toup très violent sur le genou en marchant.
Troisième observation. — Mossé.
Un cas d’arthropathie tabélique suppurée (1) (Société de Médecine et de Chirurgie pratiques: de Montpellier. Mars 1888.)
Résumée:
M... cordonnier, né en 1830, alcoolique et syphilitique probable est atteint de tabès depuis de nombreuses années. Il souffre depuis l’âge de 40 ans de violentes douleurs dans les membres — douleurs térébrantes et fulgurantes — et de crises laryngées. En 1887 il présente un état cachectique avoué, depuis trois ans il n’a pas quitté son lit. Les réflexes rotuliens sont abolis, l’amyotrophie est généralisée.
Le 12 févriier 1888, M... signale une gêne du coude droit, qui a beaucoup grossi depuis la veille. Cette région contraste en effet par une énorme augmentation de volume avec celle du côté droit, très amaigrie et atrophiée. Distendue par un épanchement abondant, elle a perdu ses contours habituels et présente sur les côtés et en arrière des saillies fluctuantes.
(0 Gazette hebdomadaire des Sciences Médicales de Montpellier, 1858, pages 421 et 517.
— Cr —
Spontanément ou sous l'influence des mouvements, l'articulation n’est que peu douloureuse. Les mouvements de flexion et d'extention permettent de sentir et parfois d'entendre des craquements articulaires.
Si l'on essaie, en ayant une main appuyée sur la tumeur . formée par le coude, d'imprimer des mouvements de pronation ou de Supination à l’avant-bras, on trouve des craquements beaucoup plus marqués au niveau de l'articulation supérieure du radius et du cubitus, et on constate une mobilité anormale des surfaces articulaires, prononcée surtout pour l’articulation radio-cubitale. Les extrémités supérieures des deux os de l’avant-bras peuvent être facilement éloignées l’une de l’autre.
L’exploration fait reconnaître l'existence de corps mobiles intra et périarticulaires.
Les mouvements de pronation et de supination imprimés au radius font aussi percevoir l'existence de craquements et d’un certain degré de mobilité anormale de l'articulation radio-cubitale inférieure, mais ces phénomènes sont beaucoup moins accusés que dans l’articulatfon radio-cubitale supérieure.
L'augmentation considérable de volume du coude droit est
due à un épanchement abondant qui s’est fait très rapide: ment et sans réaction de la cavité articulaire, comme cela: a lieu d'habitude dans les arthropathies des ataxiques. . Le 22. — Depuis deux ou trois jours, le malade a eu une nouvelle crise douloureuse dans le membre inférieur droit et le coude droit. Ce matin nous trouvons le malade en plein accès de fièvre. T. 403. Pouls à 130. Sueurs. Température du soir 41°2, Pouls 128. L'examen des poumons est négatif.
Le 23. — Les douleurs persistent ainsi que la fièvre. T. 40°. Pouls 130. Le soir, T. 40°6. Pouls 136.
Le 24. — T.. 38°4. Pouls 110. Malgré cette rémission, l’état général reste sérieux et l’auscultation permet d'entendre du retentissement vocal dans la fosse sus-épineuse droite. Le Soin 4107 Pouls 126,
RL ne
Le 25. — Agitation et sueurs profuses. T. 39°. Pouls 108. Le soir; /T:,40°1. Pouls' 116.
Le 26. — L'état général et local s’aggravent. Le coude droit est très douloureux et tuméfié. La peau est tendue, rouge, avec des reflets bleuâtres par place. Ces signes d'un travail infiammatoire violent font redouter, malgré la rareté de cette complication des arthropathies tabétiques, que le coude ne soit le siège d’une arthrite suppurée.
L'auscultation du poumon révèle ce matin, au niveau du tiers moyen du poumon gauche, en arrière et dans l’aisselle
corespondante, l'existence de signes d'une pneumonie. T. 3995.
Pouls 118. Le soir, T. 38°9. Pouls 108.
Le 27. — La face est pâle, grippée; le corps recouvert de sueurs, la respiration irrégulière, gémissante.
L'examen physique du thorax n'indique pas de modifications bien sensibles des signes constatés la veille au niveau du pou-. mon gauche.
Le coude, la région avoisinante de l’avant-bras et la partie inférieure du bras sont rouges, luisants, tendus, œdématiés, douloureux. La région du poignet est aussi devenue douloureuse et légèrement tuméfiée.
Pendant la journée du 27, l’état général s'aggrave encore. T. 3904. Pouls 118. Le soir, T. 40°2. Pouls 138.
Le 28. — La situation ne fait qu'empirer. La respiration est gênée. Sueurs abondantes. T. 40°. Pouls 120.
La ponction de l'articulation est pratiquée et donne issue à quelques gouttes de pus. L'état du malade contre-indique toute intervention chirurgicale et il est reconnu inutile de chercher à évacuer la collection purulente par une opération plus active.
Mort à 4 heures du soir. La température prise quelques instants avant la mort s'élevait à 41°2. Pouls à 144.
Aulopsie. — Cavité thoracique : hépatisation grise du poumon gauche. |
Coude droit : la capsule est distendue par du pus dans lequel nagent des grumeaux et où l’on trouve des COrps étran-
on
gers. Le pus a perforé la capsule et a fusé à travers les intestins musculaires du bras et de l’avant-bras.
Grosses altérations de ligaments latéraux. Le ligament annulaire de l'articulation radio-cubitale est en partie détruit.
Sur l’humérus, le condyle et la partie externe de la trachlée sont dépourvus de cartilage et offrent l'aspect éburné.
Le cartilage articulaire du radius et du cubitus a disparu. Le bec de l’apophyse coronoïde et de l’olécrâne sont, en partie, détruits. Le bord externe de la cupule du radius est, au con- \ traire, épaissi.
Quatrième observation. — Sonnenburg (x).
Résumée in Chipault. Revue de Chirurgie, 1891,
Il s’agit d’un tabétique atteint depuis trois ans d'une arthropathie du genou gauche. Cette articulation suppura sans cause connue. La peau était rouge, tendue, chaude; et, malgré la suppuration, les mouvements étaient encore possibles.
A l’autopsie on trouva les surfaces tibiales et fémorales profondément détruites; autour des capsules créées par l'érosion de ces os, il y avait de nombreux ostécphytes. Les Hgaments avaient presque totalement disparu.
Cinquième observation. — Drucbert.
k Arthropathie tabétique suppurée du coude (2). (Sociélé médicale du département du Nord.
Séance du 6 mars 1905.)
M. Drucbert présente une articulation du coude provenant
(4) SonxEMBuRG. — Die arthropathie tabidorum. Arch. fur Klinische Chirurgie, T. XXXVI, page 131.
(2) Echo Médical du Nord, 1995.
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d'un malade syphilitique, tuberculeux pulmonaire et tabétique. Dès le début de l'affection, le gonfiement rapide de l’articulation faisait plutôt penser à une tumeur blanche. Mais au bout de trois mois, il s'établit une suppuration, avec lésions phlegmoneuses au voisinage, et un état grave de septicémie staphylococcique, consatée par l'examen du sang, qui nécessita l'amputation du bras:
En outre, du côté de l'articulation, on notait des lésions de raréfaction du tissu osseux très marquées au niveau du cubitus dont l'apophyse coronoïde était complètement usée et du côté de l’humérus qui présentait une usure transformant en plateau les poulies articulaires. Consécutivement à l’amputation, l’état général du malade redevint bon, mais la tubercu-
lose pulmonaire continua à évoluer.
Sixième observation. — Oddo.
Tabes avec amyotrophie el arthropathie suppurée (1), (Communiquée par M. P. Marie à la Société de Neurologie.
- Séance du 7 juin 1906.)
Fourcade, âgé de 64 ans, horloger, malade depuis 28 ans.
Antécédents personnels. — Dans son passé pathologique, nous trouvons un chancre induré à l'âge de 28 ans, ayant laissé une cicatrice sur le gland; il n’a jamais eu d'accidents secondaires, mais il a souffert de céphalées très violentes. Jamais d’autres maladies, il ne s'est jamais marié, il n’a jamais commis de grands exc>s vénériens, mais il reconnaît s'être adonné à la boisson (plusieurs apéritifs par jour, le champoreau le matin et plusieurs verres de liqueur dans je courant de la journée). à .
Rien d’intéressant à signaler dans ses antécédents héréuitaires. +
(1) Revue Neurologique, 1906, p. 587.
Histoire de la maladie. — A l’âge de 38 ans, soit dix ans après le chancre, Fourcade a commencé à avoir quelque incertitude dans la marche, incertitude qui se changeaïit en incapacité absolue dans l'obscurité. Dès ce moment, il a ressenti des douleurs fulgurantes très violentes dans les jambes: il a eu une nuit, au début de la maladie, de violentes douleurs abdominales accompagnées de rétention d'urine. De plus, il avait assez souvent des nausées et des vomissements. Depuis cette époque, les douleurs fulgurantes, si violentes au début, ont diminué d'intensité et de durée.
Quant à l'incoordination motrice, elle a suivi une marche extrêmement lente, et n'a jamais empêché le malade de marcher. Il n’a jamais eu d’incoordination dans le merilie supérieur.
I1 y à huit ans et demi, notre malade eut un phlegmon à la main droite, à la suite duquel on amputa le médius. Le phlegmon aboutit à une rétraction tendineuse entraînant la flexion de tous les doigts, sauf celle du pouce. d
Quelques mois après, après une chute, il eut une contusion de l'épaule, qui a sans doute amené une luxation. Après réduction et quelques jours d'hôpital, ie malade put se servir de son membre.
Quelques mois après, l'articulation commença à enfler sans douleurs, puis en quelques jours une fistule se produisit, qui laissa échapper un liquide séro-purulent en très grande abondance. Opération, incision et râclage; la suppuration persista très abondante pendant près d'un an, puis cessa. Huit mois après, nouvelle suppuration qui tarit bientôt. Enfin ces joursci la suppuration s’est reproduite une troisième fois. Remarquons que tous ces phénomènes ne se sont accompagnés que d'une douleur à peu près nulle.
Etat actuel. — Le malade présente de l'incoordination des membres inférieurs; il talonne fortement et lance les pieds.. Mais il marche relativement assez bien, quoi qu'il en soit, en raison de l’atrophie musculaire des membres supérieurs, privé
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de l'appui d'une canne. Il perd cependant assez facilement. l'équilibre, surtout sur les parquets glissants et fait des chutes assez nombreuses. Le signe de Romberg existe nettement. Pas d'incoordination des membres supérieurs. Mais au repos on remarque des mouvements athétosiques des mains.
Troubles sensitifs. — Subjectifs : douleurs fulgurantes survenant de temps en temps, mais beaucoup moins fréquemment qu'autrefois. Engourdissement dans la zone du cubital et du médian. Douleurs fixes fréquentes dans le pied droit. Perte de la notion de position des membres.
Objectifs : dans les membres inférieurs, la sensibilité est émoussée sans être éteinte complètement. Pas de troubles de la sensibilité au froid et au chaud.
Etat des réflexes : réflexes tendineux abolis; plantaires et crémastériens &bolis.
Pupillas : myosis très prononcé. Signe d’'Argyll-Robertson. Pas/de troubles de la vue ni des autres organes des sens.
Troubles viscéreux : assez souvent nausées et vomissements.
Etat de l'épaule gauche. — Mobilité anormale très prononcée; on peut faire faire à l’épaule des mouvements de circumduction et de projection en arrière très prononcés. Laxité très grande de l'articulation. Véritable membre de polichinelle. Crépitation osseuse très prononcée; on sent que la tête de l'humérus est très atrophiée. Il existe sur la région deltoidienne trois orifices fistuleux par lesquels s'écoule en très grande abondance du pus séreux qui souille les pièces de pansement et fait saillie même par moment pendant qu'on examine l'épaule. Aucune douleur ne se produit pendant cet.examen.
AtrGplhie-musculaire,!. 1... mt IR it ANT ESS ARR RARE AT
Il faut aussi relever dans cette observation la suppuration -de l’arthropathie scapulo-humérale, car la purulence de l'épanchement est extrêmement rare dans les arthropathies tabéti-
on
ques (P. Marie). Cette suppuration, qui se tarit de temps à autre pour se reproduire, est extrêmement abondante.
Septième observation. — Chaumier.
Arthropathie suppurée chez un tabétique devenu paralylique général.
(Congrès de Bruxelles-Liège des médecins aliénistes el neurologistes de langue française. Août rgr0o (à).
F.., 48 ans, imprimeur, syphilitique depuis 22 ans, tabétique depuis 10 ans, est devenu paralytique général au cours de l’année 1969. Au mois d’avril de cette année, il a été pris brusquement d’une arthropathie de la hanche gauche, qui, après s'être amendée pendant quelques semaines, a récidivé brusquement, s’est compliquée de suppüration et a emporté le malade en quelques jours.
Le tableau symptomatique a été le même que celui décrit par les auteurs qui ont observé des cas semblabless : phénomènes locaux nuls, pas de douleurs à la pression, début insidieux, puis, après une amélioration apparente, marche foudroyante et mort.
A l'autopsie, quantité considérable de pus dans la cavité articulaire, largement distendue, capsuie perforée en plusieurs endroits, rebord cotyloïde et fémurs érodés et éburnés. |
Dans aucune de ces sept observations d’arthropathies -tabétiques suppurées il n’y eut de contrôle bactériologique du liquide articulaire. Il n’en est pas de même pour les
cas suivants, où l’examen du pus fut pratiqué.
(1) Revue Neurologique, 1919, T. IX, p. 236.
ET ORRNN ee Huilième observation. — Brissaud, Bauer el Gy.
Arthropalhie suppurée chez un tabétique (1).
(Société de Neurologie. 1° juillet 1909.)
L..., âgé de 40 ans, entre à l'Hôtel-Dieu en octobre dernier pour une arthrite aiguë du pied droit dont il est atteint depuis trois jours.
Après une journée fatigante, un samedi soir, il a été pris subitement de très violentes douleurs dans les membres inférieurs; douleurs fulgurantes qui persistent encore le lendemain dimanche et qui sont accompagnées d'un grand malaise général, de frissons et de fièvre. Le dimanche soir, L... constate que son pied droit, déjà déformé depuis quelques années, a beaucoup énflé et est devenu très rouge. Le lundi et le mardi, il peut cependant aller à son travail; mais le mercredi, l’inflammation du pied ne disparaissant pas, il entre dans notre service.
Les violentes douleurs des premiers jours ont cessé, mais L... ressent encore un malaise général : la langue est saburrale, la température atteint 392.
Le pied droit, très tuméfié, surtout au niveau des maliéoles et de la face dorsale du tarse et du métatarse, est rouge; la peau est tendue, lisse et chaude; en avant de la malléole interne, on. perçoit de la fluctuation. Malgré l'intensité des phénomènes inflammatoires, l'exploration et la mobilisation du pied n’éveillent aucune douleur. Devant l’indolence absolue de cette arthrite, on songe à rechercher les signes du tabes, et on trouve de l'inégalité pupillaire avec signe d'Argvyll-Robertson, abolition des réfiexes rotuliens, De plus, on apprend qu’à 26 ans L... a été atteint d'un chancre syphilitique, suivi d'une roséole et de plaques muqueuses, et n’a guère été soigné; depuis l’âge de 32 ans, L.. a, de temps à autre, des petites
(1) Revue Neurologique, 1909, T. II, p. 941.
AS 39 Ess
crises de douleurs fulgurantes, des douleurs en ceinture, de légers troubles urinaires. Vers l'âge de 34 ans, son pied droit s’est déformé peu à peu, la voûte plantaire s'est affaissée et un médecin à reconnu un pied tabétique. Le diagnostic de tabes peut donc être affirmé (quelques jours plus tard, la ponction lombaire confirmait le diagnostic en montrant une forte Iymphocytose céphalo-rachidienne) et on consilère la lésion inflammatoire du pied comme une arthropathie suppurée avec lymphangite. Etant donné la gravité de l’état local, l'opportunité d’une intervention chirurgicale est discutée, puis écartée, et on fait appliquer sur le pied des compresses d’eau bouillie chaude; pulvérisations toutes les trois heures.
Dès le lendemain, la fièvre diminue et le surlendemain la température est normale. Mais peu de modifications locales. Une ponction, faite dans la zone de filuctuation, donne issue à 230 centimètres cubes de pus jaunâtre, plus ou moins grumeleux. Au microscope on trouve dans ce pus des débris cellulaires, des polynucléaires altérés, pas de microbes. Les milieux ensemencés restent stériles. Un cobaye inoculé ne présente aucun trouble ni immédiat ni tardif. (Pas de tuberculose.)
À la suite de la ponction, ies phénomènes inflammatoires s'atténuent peu à peu. Mais deux nouvelles ponctions doivent être faites en novembre et, cette fois encore, les milieux ensemencés restent stériles. Peu à peu le pied diminue de volume, la rougeur disparaît et on permet au malade de se lever. Dès les premiers essais de marche, l’inflammation articulaire et périarticulaire reparaît très accusée, mais sans occasionner ni fièvre, ni malaise général. Après une nouvelle, période de repos, le malade peut enfin quitter l'hôpital (janvier 1909) et
; reprendre un peu d'occupation.
Le 12 mars, sans raison apparente, nouvelle crise de violen- ‘tes douleurs fulgurantes, suivie de l'apparition des mêmes phénomènes inflammatoires locaux qu’en octobre dernier, mais sans fièvre ni malaise général. Un chirurgien voit le malade