X INTRODUCTION
établissement politique que la révolution a insti* tué*.))
En somme, le sort des classes laborieuses ne paraît pas s'être sensiblement modifié depuis cent ans, bien que leurs membres aient pu profiter en partie des grandes découvertes industrielles et scientifiques dont notre siècle s'honore. Ces classes ont acquis de nouveaux droits et de nouvelles jouissances; elles en ont perdu d'autres. L'ancienne France avait ses qualités et ses défauts, comme la nouvelle. Nos pères, à tout prendre, n'étaient ni plus malheureux, ni plus heureux que nous. Si nous jouissons de progrès qu'ils ne connaissaient pas, ils ne souffraient pas de ne pas en jouir, puisqu'on ne peut pas sentir la privation de ce qu'on ne connaît pas. Chaque âge a ses mérites propres, ses plaisirs et ses peines, et l'on ne saurait reprocher à la jeunesse de ne pas avoir les qualités de l'âge mûr. Elle a les siennes qui en valent bien d'autres.
On parle beaucoup, et avec raison, de l'amour de la patrie. Mais ceux-là même qui veulent faire
* G. de Molinari, l'Évolution politique et la Révolution, p. 338. — Nous faisons des réserves sur le qualificatif d'informe^ qui ne saurait s'appliquer à toutes les parties de l'édifice.