‹ Les artisans et les domestiques d'autrefoisChapitre 18 sur 21 · LE COMPAGNON TISSERAND · texte numérisé non relu

LE COMPAGNON TISSERAND

A côté des descriptions de l'intérieur des maîtres artisans, il peut être utile de décrire le logement d'un compagnon. Viéville habite une chambre haute , qu'il loue moyennant 32 fr. par an. La cheminée est garnie de tous les ustensiles nécessaires : deux chenets, une pelle, une pincette, une crémaillère, un gril, et une broche à rôts, un soufflet de bois. Au-dessus, deux lampes et un chandelier de potain, une lanterne de ferblanc avec sa queue de bois. Ailleurs, un petit bloc, un petit fourneau portatif, deux pots de fer, un seau à puiser eau, deux paniers d'osier, un martinet de fer et une échelle.

Le couvert est mis sur la table de bois blanc : cinq cuillers d'étain, huit fourchettes d'étain, 6 bouteilles de verre, deux plats

et quatre assiettes de faïence. Il y a aussi, dit l'inventaire, « d'autres vieilles ramanances qui ne méritent description. »

La chambre contient deux lits; l'un à quatre colonnes, garni d'une paillasse, d'un petit lit et traversin de plume; de deux draps de grosse toile, d'une couverture de laine blanche, de deux oreillers, et de rideaux de serge verte. Le second, propre à coucher les enfants, est une petite couchette, à bas piliers, sur laquelle se trouvent un petit lit de plume, un traversin, une paillasse et deux petits draps, et une couverture de laine blanche. Le compagnon tisserand a deux filles mineures.

Les vêtements sont contenus dans « un coffre de cuir bouilli monté sur son pied; » c'est un habit fort usé et une veste de ratine rouge ; une vieille culotte rouge ; une autre de coton ; ce sont dix chemises, une paire de bas de coton, un chapeau et une paire de souliers.

Les vêtements de la femme sont renfermés dans une armoire de bois blanc très mauvaise; on y conserve trois jupons, l'un de toile à raies bleues, le second de rase à raies, le troisième de flanelle; 2 serviettes de batiste, cinq mouchoirs, dont un de mousseline, et un de crespe; deux tabliers de toile à carreaux, et quatre chemises, dont deux vieilles. L'armoire renferme aussi quatre paires de draps.

Le mobilier, qui est estimé à 140 1., n'annonce pas la misère; il n'indique pasnon plus l'aisance, lln'y ani bijoux, ni tableaux, ni provision de vins ; mais le grenier contient trente fagots de bois.

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