ESQUISSES DE MONOGRAPHIES D'ARTISANS
Nous avons montré plus haut quelles étaient les conditions moyennes de la vie des maîtres artisans, en cherchant, pour les dépeindre, à grouper des traits épars chez un grand nombre d'entre eux; nous voulons maintenant montrer quelquesuns de ces individus, dans leur existence distincte. On n'arrive à bien connaître l'espèce, qu'en étudiant de près les individus qui le composent et c'est par les monographies qu'on parvient à constituer les éléments d'un tableau d'ensemble. Aussi, malgré les redites inévitables dans un pareil travail, croyons-nous utile de présenter une série de ces esquisses quelque peu sommaires, mais qui ont le mérite de reproduire des physionomies vraies, dans leur cadre naturel; on saisira mieux ainsi, avec les similitudes qui résultent d'un genre dévie et d'un degré d'aisance analogues, les différences que les qualités ou les défauts, le hasard et le travail peuvent mettre entre des hommes qui vivent dans le même temps et dont la condition sociale est semblable.
Nous présentons par ordre chronologique ces monographies sommaires, tirées des archives judiciaires de l'Aube. Nous en donnons un moins grand nombre pour le dix-huitième siècle que pour le dix-septième, de peur de tomber dans de trop fréquentes répétitions, et parce que la condition des artisans n'a pas subi des modifications assez sérieuses au dix-huitième siè-
cle pour qu'il ait semblé nécessaire d'en citer de fréquents exemples.