Les artistes français a l'étranger
Le titre seul de ce livre indique la pensée de son auteur. 11 a pour but de mettre en lumière pour la première fois les noms et les œuvres des artistes français qui ont travaillé à l’étranger, et de faire connaître l’influence que l’art français a constamment exercée en Europe depuis le xm* siècle.
On a nié quelquefois l’existence d’une école française et d’un goût français; tout ce que la France a produit est, disaiton, sarrasin, allemand, flamand, italien, florentin, bolonais, romain, vénitien, espagnol même, tout excepté français. Quelques-uns admettent l’art et le goût français, mais ils les déclarent si détestables, que leurs jugements équivalent à une négation.
La première partie de ce volume a pour but do prouver l’existence et l’originalité du goût français; les caractères si variés et le développement de notre école ; la mesure de ses emprunts aux écoles étrangères ; la puissance de création , qu’elle a eue seule entre toutes, et qui lui a permis de se transformer maintes fois en conservant toujours ses caractères propres et fondamentaux dans ses créations les plus dix erses. Nous voulons aussi mettre en évidence la permanence et la persistance du goût français depuis le xm* siècle, sa lutte et sa résistance contre les influences étrangères et contre les tentatives faites au xvr siècle et à la fin du xvm' pour l’anéantir. Nous ferons connaître ses créations : l’archi-
Il AVERTISSEMENT.
tecture et l’ornementation gothiques , la peinture sur verre , la peinture en émail, la musique moderne, les jardins à la française, l’architecture de l’école de Robert de Cotte et de Boflrand, l’ornementation du xvm* siècle.
Dans la seconde partie nous montrerons quelle a été l’influence en Europe de ces créations françaises, et on verra par le grand nombre d’artistes qui ont travaillé à l’étranger et par l’immense quantité de leurs travaux combien l’influence de la France a été considérable.
On a traité de l’influence française quant à la politique, h la philosophie, au droit , à la littérature et aux sciences. Pourquoi donc, dans l’histoire de l’influence morale que la France a exercée sur le monde, négligerait-on l’une de ses parties, qui n’est pas la moins brillante? Pourrait -on le faire d’ailleurs, et cette négligence serait-elle excusable, après que l’exposition universelle des Beaux-Arts est venue témoigner de l’action si profonde de notre école moderne sur presque toutes les écoles étrangères?
Que le lecteur veuille bien nous permettre, en terminant cet Avertissement, de remercier tous nos amis qui nous ont si cordialement aidé dans ce travail, soit en nous traduisant de nombreux documents étrangers, soit en nous donnant de précieux renseignements ou des observations pleines de sagacité, soit en nous aidant dans nos longues recherches à la Bibliothèque impériale, soit en mettant à notre disposition les richesses de leurs collections , et surtout en éditant ce volume. Dieu veuille, amis, que le succès couronne nos efforts, que notre livre répande l’idée qui l’a inspiré et attache un nouveau fleuron à la glorieuse couronne de la Patrie.
L’ART FRANÇAIS